URL: https://linuxfr.org/users/patrick_g/journaux/le-tatouage-num%C3%A9rique-des-dictionnaires Title: Le tatouage numérique des dictionnaires Authors: patrick_g Date: 2005年08月26日T10:06:57+02:00 Tags: Score: 0 Le tatouage numérique des dictionnaires Dans la radieuse époque ou nous vivons la gestion des droits numériques est le sujet brûlant par excellence. Comme la copie et la circulation de l'information se fait maintenant à un coût quasi-nul il faut absolument que les gentilles entreprises qui vivaient de cette rareté de l'information protègent leur valeur ajoutée des méchants pirates. Presque tous les moyens sont bons pour lutter contre cette appropriation éhontée car l'alternative, qui fait froid dans le dos, serait un monde ou l'information circulerait librement entre les gens ! Une de ces méthodes est le watermarking (apposition d'un filigrane numérique), technique permettant de "tatouer" invisiblement un fichier électronique pour y introduire des informations utiles à la gestion du copyright. Ainsi un producteur de contenu peut tatouer invisiblement une image, une vidéo ou une musique lors de leur création afin de prouver devant la justice que des fichiers circulant librement sur le net relèvent en fait du droit d'auteur et ont été lâchement piratés. En réalité si l'on en croit l'excellent hebdomadaire étasunien The New Yorker cette pratique est assez ancienne dans le monde des encyclopédies et des dictionnaires. Savez-vous par exemple qui est Lillian Mountweazel ? Si vous consultez la page 1850 de la New Columbia Encyclopedia vous apprendrez que cette personne, née en 1942, est une conceptrice de fontaines qui est devenue une photographe célèbre (notamment pour sa série sur les boites aux lettre américaines de campagnes) et qu'elle est morte dans une explosion en 1973. En réalité cette personne n'a jamais existé ! Il s'agit juste d'un piège pour repérer les malotrus qui s'aviseraient de copier sans vergogne le contenu de cette encyclopédie dans leurs propres produits. Comme l'explique un des éditeurs "_It was an old tradition in encyclopedias to put in a fake entry to protect your copyright_". En réalité il s'agit bel et bien de watermarking avant l'heure ! Immédiatement une pensée germe dans votre esprit : Nom d'un chien mais alors si je cherche bien dans mon Petit Robert je vais trouver un mot qui n'existe pas ou le nom d'une personne imaginaire ? C'est exactement ce que s'est demandé le journaliste Henry Alford du New Yorker et c'est ce qui l'a conduit à une enquête sherlockhomesque pour découvrir l'intrus vicieux parasitant son New Oxford American Dictionary. L'article en question (en anglais of course) avec la dénonciation du mot coupable : [http://www.newyorker.com/printables/talk/050829ta_talk_alford(...)](http://www.newyorker.com/printables/talk/050829ta_talk_alford)