URL: https://linuxfr.org/users/naga-2/journaux/donnees-libres-analyse-critique-de-l-open-data Title: Données Libres : Analyse critique de l’open data Authors: Naga Date: 2019年02月25日T15:22:34+01:00 License: CC By-SA Tags: éthique, open_data et richard_stallman Score: 22 Open data et données libres =========== L'ouverture des données (open data) est la mise à disposition de données, ainsi rendues accessibles et exploitables. Vers 2010, nous avons commencé à voir fleurir en France, des sites internet d’open data de villes, communautés de communes, départements, régions, gouvernement... De la même manière que l’on peut différencier l’open source et le logiciel libre, on peut distinguer l’open data et la notion de données libres. Si dans les deux cas, les données sont libres d’utilisation, il y a une grande différence dans la philosophie, ce qui implique une grande différence dans la pratique. Richard Stallman, initiateur du mouvement du logiciel libre, écrivait dans son article « En quoi l'open source perd de vue l'éthique du logiciel libre » : « Le mouvement open source est une méthodologie de développement ; le mouvement du logiciel libre, un mouvement social ». Pouvons-nous faire le même constat entre l’open data et les données libres ? Une notion qui revient souvent dans la communication liée à l’open data et dans la bouche des acteurs de terrain est le « partage ». C’est d’ailleurs un des principes fondateurs du logiciel libre, qui a inspiré l’open data. Sur le site du gouvernement (note de bas de page 1), en ce qui concerne l'ouverture des données publiques, on va encore plus loin et on parle de la France comme ayant une tradition de transparence démocratique. Seulement, le partage est un terme que l’on peut utiliser à sens unique ou dans les deux sens. À sens unique, les institutions mettent à disposition des données qu’elles sélectionnent. Ceci qualifie l’open data. À double sens, les citoyens ou les acteurs de terrain participent également à l’ajout de données, à la remontée des erreurs potentielles, ils peuvent ajouter des jeux de données qui leur semblent pertinentes et ceci en toute transparence démocratique. Ceci qualifierait les données libres. Actuellement, l’open data domine très largement et ceci est dommageable pour les citoyens et acteurs de terrain. En effet, ces données sont, entre autre, utilisées par des acteurs de terrain, des associations, des maisons de quartiers, des scientifiques,..., et ne sont produites ou commanditées quasiment que par des institutions, pas toujours au fait des attentes de terrain ou n’appréhendant pas toutes les subtilités, ce qui est bien normal. Les citoyens et les acteurs de terrains ont pourtant une connaissance à partager et cela n’est pas rendu possible... Dans les coulisses de réunions, des peurs ont déjà été exprimées concernant le fait de laisser participer les citoyens. « Et si ils écrivaient n’importe quoi ? » est une des premières peurs. Pourtant, les exemples sont nombreux de projets comme Wikipedia (note de bas de page 2), Open Street Map, pour ne citer que les plus connus du grand public. Il existe des possibilités de modérations, voire de bannissements et ceci depuis fort longtemps sur la toile. Bienvenu dans le web 2.0 ! Là où l’interactivité et le co-développement sont la base ! Cela fait plus de 20 ans, que l’on sait utiliser des outils de modération à priori ou à posteriori, des contributions sur inscriptions, des outils collaboratifs... Et ces outils se peaufinent de plus en plus et sont de plus en plus simples à utiliser... Permettre une remontée citoyenne et des acteurs de terrains, c’est permettre la transparence démocratique. Une démarche vers les données libres pourrait donner ce genre pratique : Modifications et ajouts =========== Un accès sur le site de données libres permettrait à tous et toutes de proposer des modifications, ajouts ou suppressions de données d’un jeu de données existant. Cela autoriserait également la proposition de création de nouveaux jeux de données correspondant aux attentes et préoccupations des citoyens et acteurs de terrains. Le téléchargement =========== Lorsque l’on téléchargerait un jeu de données, on pourrait alors filtrer et avoir le choix entre : - les données institutionnelles, - les dernières modifications, - les modifications confirmées par les ayants droits, - les modifications confirmées par d’autres contributrices et contributeurs... Ceci permettrait d’avoir des données plus à jour. Certains jeux de données peuvent être très anciens et cela pourrait également être un apport concret de données pour les institutions. Open data et données libres =========== Il serait possible d’avoir un jeu de données comprenant des données qui ne peuvent pas être modifiées et certaines qui le peuvent. Dans un cas où l’auteur ne peut ou ne veut libérer une donnée, il est possible d’empêcher sa modification, tout en permettant de modifier les autres données du jeu. Mise à disposition d’outils informatiques =========== Les données qui peuvent être exploitées sous forme cartographiées, sous forme de graphiques, sous forme de simples listes ou de fiches sont légions. Pour que les citoyens et les acteurs de terrains se réapproprient les données, il est impératif d’avoir des outils qui faciliteraient la visualisation des données suite à un traitement de ces dernières. Pour cela, il est nécessaire de mettre en évidence des téléchargements d’outils et de tutoriels sur leurs utilisations. Un maximum d’outils « simples » d’utilisations et en licences libres permettrait de garder la logique de l’ouverture. Discussion =========== Un espace de discussion type forum, n’est généralement pas proposé sur un site institutionnel. Cela est très utile en cas de remontée d’existence d’outils, de partage de connaissances techniques, de discussion sur des données conflictuelles... Éviter les doublons =========== Il est dommage et potentiellement dommageable d’avoir des données mises à disposition sur des sites institutionnels qui ne sont pas à jours. Dans certains cas, comme un listing de lieux, pourquoi les institutions n’utilisent pas les données libres déjà fournies par Open Street Map ? Les associations peuvent mettre à jour leurs données sur Open Street Map et cela est ainsi mis à jour sur tous les outils utilisant ces données (éventuellement sur validation de l’administrateur en cas de changement dans la base de référence). Actuellement, il est demandé aux structures d’aller mettre à jour leurs données partout sur des outils où elles n’ont pas forcément demandées à figurer, même lorsqu’elles ont déjà renseignées des données libres sur Open Street Map . De même, pour éviter les doublons, les institutions « mères » pourraient utiliser des données « filles ». Ainsi, les données d’une ville seraient réutilisées par sa communauté de communes, elles-même exploitées par son département, qui alimenteraient les données de la région... De plus, quelqu’un qui proposerait à n’importe quel maillon une modification, cela devrait logiquement se faire automatiquement à la source des données. **Note de bas de page** 1- https://www.gouvernement.fr/action/l-ouverture-des-donnees-publiques La France porte une tradition de transparence démocratique et de partage des informations détenues par la puissance publique. Dans le droit fil de cette tradition, une politique ambitieuse a été engagée depuis deux ans, notamment en matière d'ouverture des données publiques. En octobre 2016, la France prendra la présidence du "Partenariat pour le gouvernement ouvert" (Open Government Partnership). 2- Décriée à ces débuts, Wikipedia est considérée comme une des encyclopédies les plus complètes et fiables. De plus, elle est sourcée !

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