URL: https://linuxfr.org/users/micka/journaux/hex-coda Title: Hex Coda Authors: mickabouille Date: 2005年09月20日T12:37:51+02:00 Tags: Score: 0 (message de prévention : ce journal parle d'un logiciel qui n'est pas libre) Pour ceux qui connaissent Neverwinter Nights, il est évident que l'on peut facilement jouer à des "modules", développés par tout le monde (et parfois n'importe qui). Pour ceux qui suivaient encore l'actualité l'année qui vient de s'écouler, ils savent que Bioware (propriétaire du jeu) a distribué (contre rénumération) quelques modules de leur cru (dans un programme nommé 'digital distribution', DD). D'ailleurs, Bioware a aussi embauché ponctuellement certains des auteurs de modules communautaires (et donc strictement gratuits) pour développer ces modules (ou autres contenus), L'un d'entre eux, Stéfan Gagné, était déjà connu pour ses modules pas ordinaires, mais carrément géniaux (par exemple, la série - non terminée - eternum). Il a eu pour mission de créer un de ces modules, et l'a fait, avec, je dois dire, un certain brio. Problème, Bioware est lié avec Wizards of the Coast, qui est propriétaire de donjons et dragons. Celui-ci a conclu que l'histoire ne collait pas avec le monde de NWN, et n'avait dons pas sa place dans DD. Le module a donc dû être distribué comme un module normal. Venons en au fait : quand on regarde l'histoire du module, nommé Hex Coda (rien que le titre est hors cadre avec le contenu habituel), voici ce que l'on voit : la magie, dans ce monde (nommé Asile), la magie existe. Mais elle est strictement controlée par une seule entité, The Cathedral Corporation (je vous assure que Cathedral n'est pas ici par hasard - lisez la suite). Celle-ci a le monopole de l'usage, de la production et de la commercialisation de la magie. Tout autre utilisateur est hors la loi. D'autre part, cette corporation, qui emploie beaucoup de monde, est bureaucratique, lourde, et peu efficace. Ses produits n'évoluent pas, et elle pollue énormément. Et la plupart de ses dirigeants son des incapables, plus occupés à faire du lobbying auprès des gouvernements qu'autre chose. Et voilà qu'il existe des rebelles. Parmi eux, un groupe spécifique, celui de l'histoire, les Hex Coders (noter l'emploi du mot coders). Eux sont des utilisateurs illégaux de magie. Pire, ils ont une doctrine : l'usage libre de la magie. Ils opposent la magie "closed-source" et la magie "open-source" (non, ce n'est pas mon interprétation, ce sont des citations!). De nombreuses références de la "culture libriste" sont présentes, et franchement, ce ne sont pas des clins d'oeils, ou alors insistants, hein! Sérieusement, le fond des dialogues est carrément imprégné de ces références, y compris le fameux dilemne (se compromettre dans le propriétaire) v.s. (vivre). Et vivre, pas gagner sa vie. Comme la magie est présentée sous forme de produit final, on la voit sous forme d'objets technologiques (tous avec un numéro de version, parfois inférieur à 1, voire affublé d'un "beta"), d'automates (dont un, défendant les locaux de la Cathédrale, nommé DRM), la corporation oppose des EULA aux dégâts physiques causés aux usagers, soigner les gens est interdit si on ne passe pas par la Cathédrale (trithérapie?). Bref, pour les initiés, je pense que c'est un bon moment de rigolade à passer (avec quand même une histoire qui tient la route, je dirais même au dessus du lot). pour les autres, je ne sais pas trop. Un module ordinaire? Je suis carrément étonné que Bioware ait même envisagé de laisser le champ libre à Stefan Gagné. Mais peut être se sont-ils fait noyauter en embauchant tant de gens venant du libre (il y avait déjà une petite référence dans Hordes of Underdark). Une remarque supplémentaire : la direction de la Cathedral Corp. se trouve à ... Wizard Coast. Vengeance?