URL: https://linuxfr.org/users/mercaptan/journaux/devoiler-la-libre-politique Title: Dévoiler la «libre» politique, Authors: mercaptan Date: 2015年10月22日T18:27:09+02:00 Tags: richard_stallman Score: -3 Cet article se veut agressif et j’espère qu’il sera perçu comme tel. En revanche, j’espère que toute la critique élaborée ici ne sera pas prise de travers, je ne nie pas ce que la communauté du libre peut avoir d’humain, d’enrichissant, et de recherche de choses bénéfiques. Mais j’aimerais parler de ses torts. Je parlerai de ceux qui ont adhéré au principe du logiciel libre, et par là à une maniére de vivre, et donc à une politique s’étendant bien au-delà des simples questions de l’informatique.(je confondrais volontairement l’open source et le libre n’y voyant pas dans ce contexte une différence significative.) Pour moi la première faute est la croyance en l’associatif, la croyance que l’on peut changer les choses de l’intérieur, qu’il n’y a au fond pas d’ennemi, mais seulement des systèmes ennemis qu’il faudrait améliorer pour les faire gentils. On voit bien aujourd’hui qu’une grande part du monde associatif ne fait qu’adoucir une violence d’état, et alimenter une inconscience qui ne fait que grandir. Cette première faute on la trouve dès le début dans la philosophie de Stalman dans ses 4 libertés fétiches : le partage avec tous comme obligation sous des abords bienveillants est une ignore ce qu’il peut y avoir de conflictuel dans les relations des uns et des autres. «Je» n'ai pas forcément envie de partager mon travail avec tout le monde. Quand je vois la communauté mettre en avant l’utilisation et la participation de Microsoft, la NSA, Elf et tant d’autres, je suis en désaccord total. Je ne veux pas contribuer à ce genre d’entreprise ou de régime politique, même si cela sauve des bébés phoques, ou sous prétexte que cela consomme moins d’énergie ou que cela bug moins. Selon moi, cela mène à une deuxième faute : celle de croire que les technologies sont neutres. Comprenons-nous bien, pour moi il n’y pas de bonne bombe atomique, ni de bonne centrale atomique, ni de bon drone, etc. Ce serait détacher les choses les unes des autres de croire que quand on améliore un programme cela ne fait pas bénéfice sur tout le système. On sait pourtant bien que tout est connecté non ? Ne pas voir que les différents dispositifs informatiques sont en train de grignoter le monde (bourse, surveillance, armement, optimisation de la vie) est pour moi faire preuve d’une grande stupidité. Là encore on va me trouver dur, mais qui tire une réelle puissance de toute l’énérgie qui a pu être générée par les différentes communautés du libre ? Qui a pu bénéficier du vernis d’humanité en parrainant divers structures libres...? Faut-il rappeler que la NSA est sous red hat (sytème linux) ? Donc en étant un activiste du libre je contribue aussi au pire, à ce que l’on pourrait tout de même qualifier d’ennemi de la liberté. (Surtout que si GNU/Linux permet certaines choses, les infrastructures sont loin de nous appartenir...) Bien sûr l’informatique est là, et vraisemblablement pour un moment. Peut-être même nous survivra-t-elle. Mais aujourd’hui toute l’informatique est bâtie sur des structures mortifères, qu’elles soient des infrastructures industrielles fabriquées dans les conditions que l’on sait, ou dans les réseaux de consommation à outrance de nos pays, ou encore dans les infrastructures bâties pour mieux relier les machines entre elles (et non les individus, comme on nous l’assène). Quant aux conséquences des déchets de tout cela... Certains me diront «oui, mais il y a des ordinateurs «équitables»!». Certes, il y a quelques exceptions pour confirmer la règle... Mais quand bien même l’ordinateur serait vert et écolo l’idéologie que trimballe la cybernétique est nourrie par l’économie et n’échappe pas à un monde géré, calculé optimisé, qui à mon sens ne fait que desservir l’humain quant aux vraies questions que l’existence lui pose. Donc ma posture n’est pas celle de déserter le monde, ni celui de l’informatique ni aucun autre, car il n’y en un qu’un seul. Il suffit déjà de reconnaitre que ce monde est un champ de bataille et qu’il faut y prendre parti. Ce que le «libre» n’a finalement jamais fait en optant bien trop souvent pour un entre-deux, un consensus. Un petit «fuck Nvidia» de certains, un «windaube» d’autres. Mais prendre parti contre tout cela peut vouloir dire apprendre à détruire et perturber tous les systèmes de sécurité confondus, apprendre à fabriquer des faux papiers avec des RFID, attaquer systématiquement tout ce qui ressemble de près ou de loin à des bases de données sur des individus, détruire même parfois des dispositifs hyper centrés comme des data-center. Mais cela pourrait aussi vouloir dire créer de « l’inumérique » (quelque chose qui serait non-numérisable), travailler à des formes de communication incompréhensibles pour une machine, travailler nos manières de vivre sans ces machines sans pour autant tomber dans le mythe du beau sauvage. Dans tous les cas pour moi cela veut surtout dire ne plus participer à un quelconque ouvrage qui finirait entre les mains d’un GAFAM - qui aujourd’hui a parfaitement compris ce qu’il y avait de bon à ne pas nous attaquer. Et ainsi on peut voir que le libre n’est en guerre contre personne, mis-à-part quelques troubles de chapelle personne n’est contre le libre, car au fond il s’inscrit parfaitement dans l’ordre actuel. Le problème est que finalement la «philosophie» du «libre» n’est pas habitée. Elle n’évolue pas et n’a jamais pris en compte ce dans quoi elle évoluait si ce n’est pour survivre. La philosophie du libre est une idée creuse qui s’est donné une apparence de rebelle, mais n’a finalement jamais fait vaciller quoi que ce soit. On me rétorquera que ce n’est peut-étre pas son but, mais alors prendre le mot libre et y associer, en le brandissant à tout va, le mot politique me semble très trompeur. A croire que finalement certaines personnes aiment décorer leurs chaines plutôt que de tenter de les briser.

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