URL: https://linuxfr.org/users/marahi/journaux/counter-troll-ubuntu-une-fois-nest-pas-coutume Title: Counter-troll Ubuntu, une fois n'est pas coutume Authors: marahi Date: 2010年10月19日T10:12:18+02:00 Tags: debian, ubuntu et fedora Score: 11 La vie est étrange, n'est-ce pas ? Tantôt belle, tantôt moche ; prenant parfois l'allure d'une campagne douce et agréable et parfois enfilant la vielle peau d'une Xanthippe acariâtre dont l'âge avancé a courbé, plié, presque brisé chaque membre mis à part la langue de vipère, ce muscle le plus puissant – dit-on – de tous les muscles de l'être humain et probablement le plus malfaisant. Pourtant, malgré les colères chroniques, disputes quotidiennes, les épisodes de désarroi qui ensuivent et la mort qui se fait tant attendre pour vous emporter ou, mieux, emporter l'autre, oui malgré toutes cette succession de tourments, vous ne pouvez vous empêcher d'éprouver pour cet être si vil, si vilain un drôle de sentiment, un sentiment, curieusement, bienveillant et protecteur, ce sentiment qui est pour certains la source de tous les maux de l'univers et pour bien d'autres la raison pour laquelle la vie vaut la peine d'être vécue, j'ai nommé : l'amour. Il arrive, rarement, mais il arrive quand même que cet amour que l'on porte pour cet être plus ou moins cher, selon son humeur et la nôtre, nous fasse prendre conscience du fait que souvent la contrariété trouble les sens et tord le bon sens. C'est là que le héros de la formidable aventure qu'est votre vie se laisse tomber sur ses genoux devant sa bien aimée bien mal aimée, les bras tendus vers elle implorant son pardon et : - "mea culpa " murmura-t-il, avant de brusquement se retourner et de prendre son visage entre ses mains, tel un loup-garou réalisant toute l'étendue de son irrémédiable monstruosité : - " Je suis un connard ! " s'écria-t-il, " un connaaaaaaaaaaaaaaaard ! " Vous allez me dire : « mais c'est quoi le rapport avec le libre ? » c'est une très bonne question anéfé. Tout cela ce n'est pas pour dire à quel point j'aime ma femme et que je regrette tout ce que j'ai pu lui dire ou lui faire et pour cause, en bon nerd no-life qui se respecte, je n'ai pour seule compagne que ma main gauche, pourquoi la gauche ? La réponse est on ne peut plus simple, enfin bref ... En fait, j'ai écrit ce journal pour m'absoudre de ma dernière diatribe trollesque [1] sur un sujet ma foi lui-même trollogène : le comportement de ma (votre) distribution Ubuntu 10.04 LTS. Hier, vers 18 heures, j'ai voulu copier sur mon disque les fichiers téléchargés au matin à la fac sur ma clé USB. Problème : ma clé n'apparaît pas sur le bureau et ce n'est pas la première fois qu'elle me fait le coup, même le montage manuel à l'ancienne n'y a rien fait. Je me dit alors que j'ai peut-être tripoter VirtualBox il y a longtemps pour faire des « essais » (pour information, mes essais ont souvent des conséquences pires que les essais nucléaires français dans le film Gozilla. Si on choisi d'être bidouilleur, on ne choisi pas d'être maladroit). Finalement non, il n'y avait qu'une seule machine virtuelle Windows XP, que j'utilise essentiellement pour accéder au VPN, inaccessible depuis Linux en dépit de ce que prétend la documentation électronique de mon école. Je ne touche jamais à la machine virtuelle Windows car ce dernier, c'est bien connu, n'aime pas les bidouilles. Sur ladite machine RAS. Je la lance quand même pour voir ... oups, VirtualBox râle fort pour un problème de driver kernel toussa et m'invite gentiment à faire un sudo /etc/init.d/vboxdrv setup. Je m'exécute illico, bah non, veut pas ! Selon le log, le problème réside dans la version de mes kernel-headers, la mise à jour ayant allégrement omis de l'inclure en faisant le ménage. Ce n'est pas automatique donc je n'en veut pas à la mise à jour, sauf que je suis un peu embêté car je n'ai pas internet chez moi, c'est con hein ? Et de ce fait je ne peux pas lancer la machine virtuelle Windows XP. « Et la clé alors ? » me direz-vous. Ben, comme à chaque fois, je redémarre en la laissant branchée. « Bon, le rapport avec le libre maintenant ... » mais calmez-vous messieurs-dames ! J'y arrive, j'y arrive. Le rapport avec le libre est sexuel, car je me suis encore un fois fait sauvagement égodé par Ubuntu sans préliminaires et sans lubrifiant. Oui, l'amour parfois c'est assez violent. Blague (de mauvais goût) à part, cette énième histoire avec Ubuntu m'a fait réfléchir sur mon propre rapport avec le libre en tant qu'utilisateur iota-kappa, c'est à dire un noob de base plus ou moins hacker. Depuis 1999, entre Linux et moi, c'est l'amour avec un grand V ... comme Vache. J'ai connu Mandrake (Manragora, requiescat in pacem. Amen) j'ai connu Red Hat, J'ai connu Knoppix, j'ai connu Fedora – j'ai aussi connu d'autres distributions plus ou moins exotiques, mais enfin ce n'étaient que des aventures d'un (install) soir – et enfin j'ai j'ai connu Ubuntu. Là, je me suis dit, c'est la distribution de ma vie – Bon, je l'ai trompé un peu avec Debian mais c'étaient des rapports protégés i.e dans une machine virtuelle – on a vécu ensemble depuis 2004, nous avons célébré nos noces d'argent, d'or, de diamant de fullurène, de naquada, etc. et puis un jour elle m'a trahi, elle a commencé à pinailler. Je croyais qu'on gagnait en maturité avec l'âge, eh bien non, d'ailleurs, si on dit petit con, on dit aussi vieux con, comme quoi ... Bref, après la mise à jour vers de la 9.04 à la 10.04 LTS elle a commencé à faillir à ses devoirs conjugaux, à chaque fois ce mal de tête et ce plantage intempestif qui revient pile quand je veut un petit câlin, à croire qu'elle le faisait exprès. J'ai bien pensé au divorce mais après six ans de vie commune ; soit un éternité si on transpose l'âge d'une distribution à une vie humaine ; j'ai hésité et j'ai fermé le capot de mon portable le temps d'un week-end pour méditer sur la question et penser à notre avenir à tous les deux. Ce soir, j'ai essayé de renouer les liens mais elle m'a opposé un visage boudeur et a dédaigné le bouquet de fichiers joliment emballé dans un périphérique amovible de stockage de masse que je lui ai offert. Là, tel Homer Simpson quand Marge l'envoie balader, je suis reparti triste, la tête baissée. Assis sur ma chaise j'ai repensé à tout ce qu'on a vécu ensemble et là ... oui, là j'ai réalisé combien de services (avec ou sans démons) ma jolie sud-africaine m'a rendus, avec quelle diligence elle accourait quand je l'appelais, sans traîner les processus de démarrage comme cette salope de Redmond, avec quelle promptitude (je veut pas faire ma Ségo, mais « promptitude » n'est-ce pas ?) elle réagissait sans épuiser ni mes ressources ni mon porte-feuille, pas comme cette croqueuse de diamants, haut perchée sur son balcon tout en plexiglas, qui voulait faire de moi à la fois un esclave et un pigeon. Oui, la fille du milliardaire ne m'a jamais demandé un sou. Elle savait que j'étais fauché et pourtant elle m'a aimé pour ce que je suis. Finalement, est-ce que je ne pouvais pas pardonner de temps en temps ses écarts de caractères et ses petits bugs, certes, gênant mais nullement handicapant ? Je dois reconnaître qu'elle fait des efforts version après version, mais personne n'est parfait, et puis elle est tellement sexy, ah e bella distribuzione ! J'ai bien réfléchi, je préfère construire que détruire. Je vais essayer de faire des efforts pour préserver mon mariage, car moi aussi j'ai mon lot de défauts. Pardon Ubuntu, pardon ma chérie, je t'aime. Aller, just the two of us, we can make it if we try, just the two of us [chorus] oh the two of us ! [1] [http://www.linuxfr.org/~marahi/30292.html](http://www.linuxfr.org/~marahi/30292.html)

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