URL: https://linuxfr.org/users/lorel/journaux/on-ne-contribue-pas-que-du-code Title: On ne contribue pas que du code Authors: roptat Date: 2018年02月15日T21:53:16+01:00 License: CC By-SA Tags: traduction et contribution Score: 33 Comme vous le savez, le logiciel libre vit essentiellement de contributions, grandes ou petites. Et comme le code source est ce qui fabrique le logiciel, on a souvent tendance à penser que la contribution doit forcément passer par le code. Mais vous n'êtes pas dupes, et puis vous avez lu le titre de ce journal... Je suis contributeur dans plusieurs projets : j'aide à créer une carte du monde avec [openstreetmap](https://openstreetmap.org). J'aide à rendre les emballages plus simples à lire avec [openfoodfacts](https://world.openfoodfacts.org). J'aide à créer une liste complète des livres ayant jamais été publiés sur [openlibrary](https://openlibrary.org). J'aide à rendre le logiciel libre plus facile à installer en contribuant des « recettes » de paquets et de services pour ma [distribution favorite](https://gnu.org/software/guix). Enfin, j'aide à rendre le logiciel plus simple à comprendre en le traduisant. Vous avez remarqué ? Pas de code, ou en tout cas très peu. Le sujet qui m'intéresse aujourd'hui, c'est la traduction. En effet, J'aimerais que le logiciel libre soit utilisé partout et par tout le monde. Mais pour certains ce n'est simplement pas une option : si on ne parle pas un mot d'anglais, comment utiliser un logiciel dans cette langue ? Comment utiliser un logiciel en français si son manuel est en anglais ? Si tous les tutoriaux sont en anglais ? Si tout le support n'est qu'en anglais ? Bref, on a compris : c'est important d'avoir des logiciels dans la langue de ses utilisateurs. Et si on parle anglais, ça reste agréable d'avoir des interfaces dans sa langue maternelle. Je constate aussi que la régionalisation est une [priorité de la FSF](https://www.fsf.org/campaigns/priority-projects/internationalization). C'est génial ! Mais en parle-t-on ? Je n'en ai pas l'impression. J'aimerais que la traduction soit un sujet plus visible, que les traducteurs se regroupent et communiquent entre eux, qu'une dynamique se crée. Actuellement, on constate qu'il est possible de traduire beaucoup de logiciels, surtout les plus gros. Mais certains projets continuent d'être créés sans que leurs auteurs ne pensent à la régionalisation. C'est terrible, car cela donne plus de travail aux contributeurs (de code) ensuite. Si vous êtes créateur de logiciels libres, par pitié pensez à rendre vos chaînes traduisibles par exemple avec gettext. Lorsque le code de l'application peut être traduit, c'est son manuel ou sa documentation qui ne peut pas l'être. Vous me diriez, si ce n'est que ça, vas-y toi, traduit-le, le manuel. Sauf que voilà : une fois que vous avez traduit une version du manuel, une nouvelle version du logiciel sort, qui change une partie des fonctionnalités et on se retrouve avec des utilisateurs qui ne comprennent pas pourquoi ça marche pas. La traduction d'un logiciel comme d'un document ne se fait pas sans les développeurs. Il faut un moyen de savoir quand une partie de la traduction est devenue obsolète et pouvoir la corriger de manière ciblée. C'est d'autant plus simple quand cela est intégré au dépôt en amont. Si vous êtes vous-même traducteur de logiciels libres, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous traduisez exactement (logiciel, documentation, tutoriaux, autre) et sur quels projets. Pour ma part, je travaille sur [Linux from scratch](http://fr.linuxfromscratch.org), le [projet de traduction de GNU](https://translationproject.org), et certaines applications android : [dns66](https://f-droid.org/en/packages/org.jak_linux.dns66/) et [stringlate](https://f-droid.org/packages/io.github.lonamiwebs.stringlate/). Je voudrais aussi savoir quelles plates-formes sont utilisées pour vos traductions. En effet, chaque projet a tendance à choisir une plate-forme différente : certains n'en choisissent même pas, ce qui oblige le traducteur à connaître git, savoir ce qu'est une _pull request_ et le faire. D'autres utilisent des plates-formes auto-hébergées ([pootle](http://pootle.translatehouse.org/) ou [weblate](https://hosted.weblate.org), essentiellement). D'autres encore utilisent des solutions non-libres toutes prêtes (transifex est l'exemple le plus connu). Certains utilisent des plates-formes _ad hoc_: le projet de traduction de gnu ou le site de traduction de _weekly OSM_ par exemple. Cela coupe la communauté francophone en autant de petits groupes indépendants qui ne se connaissent pas. Et ce n'est pas évident pour un nouveau contributeur de savoir où trouver des projets qui ont besoin d'aide. Enfin, je m'intéresse à la manière dont vous travaillez. Moi, je travaille avec un dictionnaire bilingue (et parfois uniquement en français), j'essaye de me servir des lexiques des projets (quand ils existent) et de la mémoire de traduction (quand ça veut bien marcher). Et vous ? Est-ce que cela correspond à vos besoins en tant que traducteur ?

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