URL: https://linuxfr.org/users/lejocelyn/journaux/les-vierges-effarouch%C3%A9es-du-langage Title: Les vierges effarouchées du langage Authors: lejocelyn Date: 2009年02月27日T15:28:05+01:00 Tags: académie_française Score: 3 J'entends souvent : «Ce mot n'existe pas dans le dictionnaire.» Et c'est normal, je viens de l'inventer. La personne en face comprend pourtant bien le mot mais comme il ne l'a jamais entendu auparavant, il s'offusque. C'est pourtant une des capacités intéressante du [[langage]] (petite information, en linguistique, [[langage]] = capacité à communiquer) est sa [[double_articulation]], c'est-à-dire la possibilité de réutilisé des motifs pour créer de nouveaux mots et surtout d'être encore compris. Cette capacité est beaucoup aidée par la situation et le contexte. Si je prends un mot : mot et que je crée "motiser", avec le contexte, les gens vont très bien comprendre, les sens de "motiser" pourraient varier d'ailleurs, parler trop, créer une nouveau mot... ça n'a pas d'importance, la situation désambigüisera le sens, par son apport de contraintes en possibilités sémantiques. Il faudrait aussi revenir sur toutes les manières de créer un mot, les emprunts seraient à détailler car très utilisés par les informaticiens. Ils posent notamment problème car les emprunts ne permettent généralement pas de reconnaître le mot par le biais de "motifs" (morphèmes, racines), conséquence étant qu'une néologie par emprunt ne permet pas à quelqu'un de non-familier avec la langue d'emprunt de comprendre le mot alors que la réutilisation des motifs fournis par la langue facilitent la compréhension d'un nouveau mot. Comment se fait-il que les gens, alors qu'ils comprennent, soient gênés par ces nouveaux mots ? La norme ? l'habitude ? la remise en question de leur connaissance ? le français est-il mort ou le Français tue-t-il sa langue et son langage ? Ce phénomène est-il franco-français ? Je n'ai pas de réponses précises pour le moment, ceci dit, il existe des pistes à éclaircir. Ceci dit, je ne crois pas du tout le phénomène franco-français au vu des quelques langues que je connais, ce phénomène me paraît davantage lié aux normes. La langue française possède quelques particularités, sa culture écrite énorme influence grandement la manière de parler. Le fait que la langue soit normée depuis cinq siècles, des grammairiens aussi têtus qu'incompétents depuis cinq siècles («Allez, écrivez le son "gn" : "ign" comme dans "oignon", "moignon", "poigne", "montaigne".», finalement, la prononciation s'en est changée, sauf pour montagne pour lequel l'orthographe a été révisé [sauf le nom de l'auteur connu], et des exemples comme celui-ci, il y en a beaucoup). Il ne faut pas oublier que le français tel qu'il a été normé il y a cinq siècles été parlé, enfin par une minorité, tel qu'il s'écrivait. Cette longue normalisation, car le processus est toujours fort présent, imprégne notre culture et aussi notre langage, pas forcément notre capacité mais au moins notre envie de réaliser cette capacité. On pourrait débattre sur l'intérêt de la normalisation de la langue, je pense qu'on peut déjà critiquer cette normalisation par ces outils restrictifs que sont les dictionnaires et l'[[Académie française]]. La normalisation est pratique, elle pourrait être faite intelligemment et permettre beaucoup plus la néologismation qui, dans beaucoup de cas, suit des règles intelligentes. Bon, le comportement des gens seraient aussi à remettre en question... Prenons maintenant une nouvelle façon de communiquer : le essémesse :) Comme un certain nombre, j'ai beaucoup de mal à lire cette langue. Essayons de comprendre pourquoi. Les personnes qui écrivent régulièrement en essémesse le comprennent bien, quelques soient les variétés orthographiques utilisées. Une question qu'on doit se poser est : comment écrire en essèmesse ? y a-t-il des règles ? des tendances ? Malheureusement, je ne suis pas du tout un spécialiste de ce champ d'étude, cependant j'ai remarqué que souvent, les voyelles (a-e-i-o-u-an-on-un-in-etc.) disparaissaient. La répétition des consonnes aussi. On peut remarquer que de nombreuses langues écrites (notamment des langues sémitiques) à travers le monde ne notent pas les voyelles. Ces phénomènes pourraient-ils être rapprochés ? Ben, chais pas, je ne suis pas expert en la question :) Je voulais simplement apporter l'idée que le essémesse n'était pas forcément aussi simple qu'on pouvait le croire, qu'il n'était pas simplement une dégénérescence (il l'est peut-être ceci dit ;). Une problématique intéressante serait de se questionner sur l'apparition du essémesse. Est-ce vraiment lié aux téléphones portables ? Ces derniers, par leurs contraintes, ont-ils favorisés l'émergence d'une nouvelle langue ? Comment ces contraintes favorisent-elles ou gênent-elles la communication ? l'émetteur doit-il faire moins d'effort que le récepteur ? Le essèmesse problèmatise aussi l'enjeu de la recherche d'informations. J'aimerais bien aussi écrire un journal sur les enjeux autour des normes, comment les normes peuvent détruire certaines capacités du langage et s'il est possible de faire des normes adaptées aux langues et aux langages, à ses évolutions. Je me souviens notamment d'un professeur de chinois qui m'avait dit qu'il avait beaucoup apprécié une fonction de Windows 3.1 qui permettait de créer ses propres sinogrammes. Je n'ai pas vérifié mais cela pose un problème : comment créer de nouveaux caractères en informatique et les communiquer. Le chinois, à une période, créait beaucoup de nouveaux caractères, ce n'est plus aussi simple aujourd'hui, avec l'informatique. Malheureusement, je ne pense pas être suffisamment compétent en la matière non plus, pour le moment, mais il y a des pistes de réflexions intéressantes. Je pose davantage de questions que de réponses. C'est vendredi, vous aurez peut-être des réponses intéressantes à proposer en commentaire :) PS : Si vous ne comprenez pas la différence entre langage et langue, pensez ceci : un compilateur pourrait être rapprocher du langage et la langue d'une langue de programmation. C'est le compilateur qui définit les possibilités d'une langue de programmation, un compilateur peut supporter plusieurs langues de programmations (une lange de programmation peut avoir aussi différent compilateurs). Langage = capacité; langue = représentation de cette capacité. PS bis : J'adore mon titre accrocheur, et vous ? PS bis bis : C'est mon premier journal, il est un peu en vrac, j'essayerai de faire mieux la prochaine fois. PS bis bis bis : j'ai écrit essémesse et essèmesse, c'est normal, sa prononciation varie selon le contexte, harmonie vocalique. Un petit livre à conseiller pour la fin : Le grand livre de la langue française, un peu technique mais abordable.

AltStyle によって変換されたページ (->オリジナル) /