URL: https://linuxfr.org/users/julo4lfr/journaux/eloge-du-vol Title: Eloge du vol Authors: julo4lfr Date: 2010年10月22日T17:49:46+02:00 Tags: Score: 1 Pour mon premier journal, je ne vais pas valoriser ce chef d’oeuvre qu’est Top Gun, mais plutôt Robin des bois : le vendredi, c’est permis. Alors voilà : : - Le volsaimal. - Pourquoi ? - Parce que ça prive celui qu’on vole. - Ça le prive de quoi ? - De la jouissance du bien que tu as volé. - Et si je pirate un film, je vole quoi ? - ... la possibilité à l’industrie qui a produit ce bien d’en tirer une rétribution Donc l’argument c’est bien : « Pirater c’est empêcher le producteur de bénéficier d’une rétribution de son travail. » Ou alors, « Il faudrait (moralement) laisser au producteur la possibilité de bénéficier d’une rétribution de son travail. » Honnêtement (npi), je ne vois pas pourquoi. Historiquement, ça ne fait pas longtemps que « l’industrie » culturelle a la possibilité de se financer par la vente de « produits » culturels. Un Platon n'a pas dû toucher énorme avec la vente de ses bouquins écrits/copiés à la main. Donc il a fallu attendre la disponibilité de moyens de production à grande échelle (imprimerie...) Et encore, un Voltaire ça m’étonnerait qu’il se soit financé avec ces livres. Donc pour que l’industrie se développe, il a fallu que les coûts de productions des « produits culturels » baissent (pléonasme inside). Or, on arrive à un moment charnière où la (re)production est banalisée au point de pouvoir se faire « à la maison ». D’où la mort de cette industrie. - Et alors ? - Elle fournit un travail (édition...), il doit être rétribué. - Oui, et on parle d’une économie de marché ou pas ? Si oui, ben la rétribution n’est que très faiblement lié au travail fournit. Le prix c’est ce qu’on arrive à capter du consommateur, point. Pour en prendre plus, on peut faire en sorte d’être seul sur le (segment) de marché (innovation, barrières à l’entrée, consommateurs captifs ...) Là, la technologie fait sauter une barrière à l’entrée, rien d’immoral. Si des acteurs veulent se lancer ou se maintenir dans une activité, à eux de faire en sorte de la rendre rentable. Un moyen c’est de faire voter des lois pour maintenir des barrières à l’entrée. C’est compréhensible, mais qu’on ne me parle pas de moralité. Sinon (i.e. pas une économie de marché, faut suivre), on peut aussi dire que la Culture n’est pas un bien comme les autres, il faut inciter à sa production. Why not ? Mais qu’on me fournisse l’étude qui prouve que la Culture a besoin de l’industrie culturelle pour être produite. Alors oui, financer Avatar sans vendre de DVDs, des blue-rays, des sonneries ... ça ne va pas être simple. Mais bon, c’est une exigence morale de vivre dans un monde où on peut produire des « Avatar »s ? Qu’il y ait besoin de trouver d’autres modes de financement c’est sûr. Historiquement, on ne s’est pas trop mal débrouillé (les mécènes toussa). On peut aussi arguer que cette industrie fournit des emplois ... A une autre époque, il y a eu les maréchaux-ferrants (y’en a encore un peu [http://www.ufm.asso.fr/](http://www.ufm.asso.fr/) ). Ne pas défendre une industrie obsolète, rien d’immoral. Enfin, il y a les arguments sur la protection de l’innovation : il faut bien financer la R&D nécessaire pour fabriquer les logiciels, médocs... Là encore, y’a de quoi débattre. Je ne connais pas le sujet à fond, mais la part de fond public me semble assez importante, elle est financée par les impôts. Pour la part privée, ben je ne sais pas. A l’époque où j’étais étudiant, j’avais fait un mémoire sur les durées optimales de brevets. Mais le financement par la restriction de l’accès à l’innovation (les brevets) a un côté qui ne me semble pas optimal à la base. J’ai une autre solution ? Pas trop non. Je crois pas mal à des modèles libres où on ne rétribue pas une innovation passée mais où on financerait la capacité à innover (qui a dit bisounours ?) Donc en gros la technologie peut mettre fin à une rente de situation qui a été relativement courte. J’y vois le début d’une révolution. Et je comprends aussi la volonté de la briser dès maintenant. Parce que bon, si on remet en cause l’interdiction de la copie, après c’est quoi ? Les brevets ? Les vrais privilèges (pas celui du petit fonctionnaire à 1500 € qui a droit à sa retraite à 55 berges, mais celui des héritiers par exemple) ? Au fait : 1- Je fais suffisamment parti des privilégiés (j’ai pas hérité de biens mais d’un cadre de vie, d’éducation privilégié) pour ne pas avoir besoin de mettre en pratique le piratage/vol dont je parle, donc ce journal n’est pas une justification a posteriori d’un comportement illicite. 2- C’est tellement une tarte à la crème que j’aurais plutôt dû poster sur PCInpact ?