URL: https://linuxfr.org/users/jiehong/journaux/chinoiseries-dactylographiques Title: Chinoiseries dactylographiques Authors: Jiehong Date: 2012年12月23日T16:11:06+01:00 License: CC By-SA Tags: chinois et ibus Score: 33 Lors d'une mise à jour d'Ibus, j'ai dû chercher une alternative temporaire pour écrire en chinois. Dans la suite, je présente la manière dont j'écris en chinois sur ordinateur. Puis je poursuis en expliquant le problème auquel j'ai dû faire face. Enfin, je termine en expliquant que la solution temporaire que j'ai trouvée à des chances d'être permanente. # Comment je m'y prends pour écrire en chinois # ## Clavier ## Je suis de ceux qui utilisent un clavier bépo orthogonal — dont je ne citerai pas la marque. Celui-ci m'offre l'ensemble des caractères d'un clavier qwerty et même plus, ce qui est parfait. ## Besoins et style ## Le chinois mandarin utilise principalement un système d'entrée phonétique décliné en deux principales variantes : le [Hanyu Pinyin](http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanyu Pinyin "Définition Wikipédia") et le [Zhuyin Fuhao](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bopomofo "Définition Wikipédia"). Ce dernier précède le premier et il n'est utilisé qu'à Taïwan, alors que le premier est utilisé en Chine continentale. De manière simpliste, on peut considérer que ce n'est qu'une simple habitude à prendre entre ces deux méthodes et qu'elles sont équivalentes (le Pinyin utilisant des caractères latins, il a ainsi l'air plus simple pour un occidental, quoiqu'il soit parfois difficile de faire changer le son d'une lettre qui nous est familière). Le chinois est une [langue tonale](http://fr.wikipedia.org/wiki/langue tonale "Définition Wikipédia") ; il en comporte 5. Certains mots sont homophones au ton près. Ainsi, à une syllabe donnée, correspond un nombre élevé de caractères dont il faut faire le tri. À côté de ces méthodes-ci, il existe des méthodes basées sur la décomposition en parties des caractères chinois. Ces méthodes-là, telle que [wubizixing](http://fr.wikipedia.org/wiki/wubizixing "Définition Wikipédia"), permettent d'écrire le caractère que l'on souhaite sans avoir à choisir parmi une liste. C'est de cette manière que nous écrivons le français par exemple (à une nuance près). L'avantage premier de ce genre de méthodes est la possibilité d'écrire un caractère dont on ignore la prononciation, mais l'opposé, c'est-à-dire la possibilité d'écrire un caractère dont on connaît la prononciation mais dont on ne se rappelle pas bien la forme, est l'apanage des méthodes phonétiques. Je pratique, et j'étudie, le chinois traditionnel. Pour l'écrire j'utilise principalement le pinyin et les tons. Ceux-ci jouent un rôle double : les utiliser permet de s'en rappeler facilement, et cela permet également de diminuer la fréquence à laquelle on doit choisir un caractères dans une liste. Néanmoins, je tends à utiliser une autre méthode, [array30](https://zh.wikipedia.org/wiki/%E8%A1%8C%E5%88%97%E8%BC%B8%E5%85%A5%E6%B3%95) (lien en chinois), qui est bien mieux adaptée au chinois traditionnel que ne l'est wubizixing. Cette méthode utilise 30 touches, soit 3 lignes de 10 touches. C'est simple et pratique puisque les touches portent simplement un numéro et une flèche vers le haut pour la ligne haute, un « - » pour la ligne de repos et une flèche vers le bas pour la ligne basse. Cerise sur le gâteau, la méthode de décomposition est basée sur l'ordre d'écriture des traits des caractères. C'est une bonne chose pour la mémoire. ## Moteur choisit ## J'utilise [Ibus](http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibus "Définition Wikipédia") comme gestionnaire et moteur de méthodes d'entrées. En outre, le Pinyin « tonal » n'est pas facilement utilisable, si ce n'est en dehors de Rime. [Rime](https://code.google.com/p/rimeime/) est un moteur pensé pour l'écriture du chinois. Il peut être intégré à Ibus ou au vénérable SCIM par exemple. Il propose différentes variantes de Pinyin, mais également de Zhuyin et de méthodes basées sur des tables de décompositions. De plus, tout a été fait pour que la ponctuation chinoise soit naturellement simple à taper. Par exemple, en tapant sur « [ » on obtient une liste des caractères liés, soit : 「【〔[ C'est vraiment agréable. # Problème # Jusqu'à récemment, Ibus permettait d'utiliser soit le clavier système, soit le clavier par défaut (comprendre qwerty). C'était très bien, même s'il me fallait changer de disposition (soit décocher une case dans le panneau des préférences d'Ibus) pour utiliser Array 30 de manière agréable. Mais depuis la version 1.5, tout a changé. Cette case à décocher ne fonctionne plus, et Ibus est prioritaire par rapport à la disposition d'Xorg. Il suffit donc d'ajouter une disposition pour taper du français, et roulez jeunesse ! Sauf que... il n'y a pas de bépo ! Le pire c'est qu'une fois Ibus tué, ma disposition ne revenait pas au bépo... Les dispositions sont codées en dur dans un fichier xml, ce qui explique tout. J'ai donc ouvert un [rapport de bogue](https://code.google.com/p/ibus/issues/detail?id=1558), mais ça va prendre du temps avant d'être résolu. # Fcitx # ## Petit inconnu ## Alors que le rapport n'avançait pas vraiment, j'ai décidé de chercher autre chose temporairement. J'ai pensé revenir au bon vieux SCIM, mais c'est alors que je suis tombé sur [Fcitx](https://code.google.com/p/fcitx/). Son nom un peu mystérieux est « 小企鵝輸入法 » en chinois, soit « la méthode d'entrée du petit manchot ». J'ai d'abords pensé que c'était sûrement un projet très jeune, car je n'en avais pas entendu parlé, mais il a déjà plus de 2 ans et est déjà en version 4.2.6. Je l'ai donc installé, et, à mon grand bonheur, Rime fonctionne également parfaitement avec Fcitx. ## Intégration ## Fcitx s'intègre parfaitement avec Gtk2 ou 3, ainsi qu'avec Qt puisqu'il est directement basé sur Xlib, Cairo et Pango. Il est également possible de faire un thème avec transparence pour ceux que ça intéresse. ## Fonctionnement ## Contrairement à Ibus (du moins pour l'instant, mais c'est prévu pour un futur plus ou moins proche), Fcitx permet de spécifier une disposition de clavier particulière pour chaque méthode d'entrée. De plus, le bépo est très bien pris en charge. # Conclusion # D'abords solution temporaire, Fcitx s'est révélé agréable à utiliser, léger et simple. Même si Ibus corrigera ce petit défaut, je ne peux cacher que j'ai été conquis par Fcitx. À tous ceux qui ont eu des soucis avec Ibus, ou qui veulent essayer autre chose, je vous conseille Fcitx; vous ne le regretterez pas.

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