URL: https://linuxfr.org/users/grid/journaux/je-fais-un-tabac Title: Je fais un tabac Authors: grid Date: 2009年11月27日T11:38:15+01:00 Tags: Score: 53 Cela fait maintenant 48 heures que j'ai écrasé ma dernière cigarette. L'histoire qui suit détaille comment se déroule mon existence depuis cet arrêt du tabac. Il n'y a rien de médical, et je me garderais bien de donner des leçons ou des conseils. Il s'agit de mon expérience, représentative de moi-même. J'écris ce texte avant tout pour m'aider, mais s'il peut permettre à d'autres compagnons d'infortunes d'arrêter la cigarette, c'est tant mieux. L'arrêt du tabac est assez simple, et assez compliqué en même temps. L'arrêt du tabac signifie juste qu'un individu arrête l'inhalation volontaire de nicotine et autres produits chimiques. La définition est simple, claire et limpide. Ce qui est plus compliqué à gérer, c'est l'après tabac. La dépendance physique et psychologique. Il n'est pas conseillé d'arrêter d'un coup, de passer d'un paquet à rien. Mais bon, il n'est pas conseillé de commencer. Donc, je n'ai demandé l'avis de personne pour commencer, j'ai décidé donc d'arrêter. Ca n'a pas l'air évident, mais ce n'est pas non plus si difficile. La préparation: _______________________________________________________________ Je voulais arrêter, enfin, pas tout à fait. Je savais que fumer était nocif pour moi. Chaque matin ou mon haleine sentait le tabac froid, mes poumons étaient rempli de glaires et autres joyeusetés, mon nez était le rendez-vous des sinusites et autres rhino. Je savais qu'il valait que j'arrête. Chaque fois que je sortais dehors malgré l'humidité ou le froid ambiant, je savais qu'il valait que j'arrête. Je veux voir grandir mes enfants donc, je voulais arrêter depuis un certain temps déjà. Je dirais que l'idée d'arrêter le tabac date de 6 mois. J'ai acheté un livre pour arrêter de fumer. Ce livre m'a fait prendre conscience que j'étais prisonnier, mais je fumais toujours. Il y a tellement de fausses excuses dans ces moments là. Ce n'est jamais le bon moment, il faut toujours attendre la fin de la cartouche que l'on vient d'acheter. Il y a toujours une fête en prévision. Bref, ce n’est jamais le moment. Donc, le travail préparatoire est avant tout un travail psychologique ou le but du jeu est de rechercher un maximum de d'argument pour un arrêt du tabac. Ce travail dure plusieurs mois, mais c'est fait. L'événement déclencheur _______________________________________________________________ Je n'étais ni plus motivé par l'arrêt qu'il y a quelques mois. Mais par un fait du hasard, j'allais arriver à court de cigarette. Il m'en restait environ une quinzaine. Je commençais à élaborer des stratégies pour trouver le temps d'aller en acheter. Je savais qu'il existait plusieurs marchands de tabac entre mon bureau et mon domicile. Je n'avais donc aucune inquiétude sur mon réapprovisionnement. Dix cigarettes. Je continuais ma journée comme si de rien était. Dix cigarettes, c'est plus qu'il n'en faut pour terminer ma journée. Et si j'arrêtais à la fin de ce paquet ? Cette idée m'est apparue à ce moment là. Furtivement, naïvement, elle est apparue pour s'évanouir en un nuage de fumée. Ce soir là, je suis rentré chez moi en passant devant environ cinq marchands de tabacs, il était tard. Les magasins étaient fermés. Je ne suis donc pas ravitaillé. A la fermeture de la porte de mon garage, il ne me restait que 3 cigarettes. Une avant le repas, une après le repas pendant que ma femme couchait le petit. Il ne me reste qu'une cigarette. Elle sera fumée rapidement, sans trop y penser à la fin du film. En rentrant de dehors, j'ai pensé: "Ca y est. Je suis redevenu un non-fumeur". Puis aussi, une autre pensée: "Non, ca ne peux pas être si simple". Puis, je suis allé me coucher. Le premier écart _______________________________________________________________ J'ai fauté. Très rapidement d'ailleurs. J'ai fumé une cigarette une heure après mon réveil le lendemain suivant mon arrêt. J'ai retrouvé un paquet avec une cloppe dans mon blouson. En terminant cette clope, la honte et la frustration m'ont assailli. J'ai réalisé clairement, limpidement, sans aucune ambigüité possible: "Je suis esclave du tabac". Incapable d'arrêter de fumer pendant plus de 2 heures d'éveils. J'ai donc fini cette cigarette. Et j'ai ré-arrêté de fumer. Jour 1 et 2: Je suis un non fumeur ________________________________________________________________ La première journée est assez étrange, j'avoue que j'ai pas mal tourné dans la maison comme un lion en cage. Mais j'ai cependant eu dans la journée de longs moments sans penser au tabac. Les moments critiques sont, et je ne vais sûrement pas vous étonner, la fin de repas. Les symptômes du manque physique ne sont pas insupportables. Quelques picotements dans l'estomac, des vertiges et un assèchement du palais sont les symptômes qui m'ont le plus dérangé. Mais ce n'est rien par rapport à une bonne grippe. Bref, rien d'insurmontable donc. Quand ca arrive, j'ai une méthode simple. Je vais boire un verre d'eau, et je me force à trouver une activité. La seconde journée s'est déroulée comme la première, tout en étant plus simple. Bref, je n'ai pas craqué. Je suis très fier de moi. Jour 3: Comme d'habitude _______________________________________________________________ J'attaque donc la troisième journée. C'est une journée de travail, la première. Donc, mes habitudes sont rythmées par les pauses cigarettes. Je travaille depuis ce matin, et je n'ai pas encore pris de pause. Que faire lors des crises de manques? Trouver absolument quelques choses à faire. Personnellement, je me répète 5 fois que je suis formidable de tenir. Le risque, c'est de trouver un autre substitut au bonheur que le tabac. Qu'est-ce qu'on peut être faible. La fin du repas du midi a particulièrement été difficile. Bouffée de chaleur, vertiges, ces symptômes sont particulièrement gênants et apparaissent au paroxysme de la crise. C'est dans la tête ? Peut-être. Il faut alors appliquer la méthode anticrise: "Respiration, valorisation mentale, respiration et changement d'idée". Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'une crise passe. Alors, il ne faut pas hésiter à attendre. Une crise passe, et elles seront de moins en moins nombreuses. Je n'arrive pas à me concentrer sur le travail. Ce texte m'obsède. La cigarette m'obsède même si en ce moment, je n'ai physiquement aucun symptôme du manque. Jour 4 : L'ennui m'enfume _______________________________________________________________ Le quatrième jour est a été le théâtre de scène dramatique-comique. D'abord, je tiens à préciser que je n'ai pas fauté, mais je pense que j'aurais pu si j'avais eu un clope à porter de main. Pourtant, la journée s'était bien déroulée. Je n'ai pas eu d'envie pressante toute la journée. Mon travail mobilisait l'ensemble de mes facultés et toute ma concentration. Déjà, lorsque je quittais le site vers 19h30, j'en aurais bien fumé une petite. Mais bon, j'avais de la route à faire. Ensuite, c'était une soirée pendant laquelle ma femme était partie travaillé. J'ai donc passé la soirée à glandouiller sur le canapé, le PC sur les genoux. Puis, instinctivement, je me suis levé. La semaine dernière, j'aurais été fumé. Cette semaine, j'ai tourné en rond. Je le confesse, j'ai jeté un coup d'œil dans les endroits où je rangeais mes cigarettes. S'il en avait resté une, l'aurais-je fumée ? Oui. Jour 5 : Le mensonge _______________________________________________________________ La fin du cinquième jour n'a pas été un moment simple dans la relation entre moi et le tabac. Honnêtement, je pourrais essayer de trouver des excuses. Et pour cette journée, il y a de bonnes raisons. J'ai donc refumé une cigarette. Dans la maison, il restait un paquet avec 2 cigarettes. Il n'en reste qu'une. J'ai fumé cette cigarette en 2 minutes, l'odeur n'était pas celle auxquelles j'étais habitué. Ca m'a fait l'effet d'un shoot. La nicotine m'a donné des vertiges. Ca a quand même un goût dégelasse, et pourtant, j'ai pris un certain plaisir coupable au démarrage. Faute avouée, à moitié pardonnée. Continuons le sevrage. Jour 22 : La soirée _______________________________________________________________ Faire la fête est toujours un moment délicat. D'abord parce que les amis toujours fumeur, se lâchent et consomment cigarette sur cigarette. En général, l'alcool coule à flot et il est difficile de ne pas craquer. Cette soirée n'y a pas fait exception, et voir les autres s'enfiler clopes sur clopes m'a fait envie. Enfin, pas vraiment envie. Mais c'était plus un besoin coupable qu'autre chose. J'ai donc cédé à la tentation. 1 fois. Une seule cigarette. A la fin de celle-ci, je me suis dit: "ok, tu as cédé. Ce n'est pas un drame, retourne boire un verre et n'y revient plus". Je n'y suis pas retourné. Jour 28 : La routine ________________________________________________________________ Pas d'autres craquages depuis la soirée. Je viens de m'apercevoir que de nouvelles habitudes font leur apparition. Il va falloir surveiller ça de plus près. Il ne faudrait pas que la cigarette soit remplacée par d'autres addictions toutes aussi nazes. Jour 210 : Chute ________________________________________________________________ Je retombe au hasard sur le fichier. Je n'ai pas refumé une bouffée, le sujet est clos. Définitivement ?

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