URL: https://linuxfr.org/users/gbetous/journaux/esprit-du-libre-capitalisme Title: Esprit du libre = Capitalisme Authors: gUI Date: 2011年03月06日T09:58:06+01:00 License: CC By-SA Tags: débat, capitalisme, troll, libéralisme, philosophie, libre et ubuntu Score: 5 Alors qu'on parle plus souvent d'anti-capitalisme, voire même de communisme, je pense au contraire que le logiciel libre est un philosophie très capitaliste. Comme disait le poète : _nous l'allons montrer tout à l'heure_. ### Les libertés fondamentale du libre Rappelons-nous des 4 liberté fondamentales d'un logiciel libre : - Liberté d'exécuter le logiciel - Liberté d'étudier son fonctionnement - Liberté de le modifier - Liberté de le redistribuer Ces libertés sont considérées comme fondamentales par les libristes, car elles apportent à l'utilisateur un libre choix, un accès sans limite etc. Je n'y reviens pas, nous sommes sur DLFP en présence de connaisseurs ! ### Capitalisme : les conditions Maintenant penchons-nous un peu sur le capitalisme. Pour qu'un marché soit réellement capitaliste, c'est à dire basé sur une économie de marché avec une vraie concurrence, il doit lui aussi répondre à certains critères : - Information illimitée du consommateur : si on veut faire jouer la concurrence, il faut bien évidemment pouvoir connaitre le produit et ainsi choisir selon ses propres critères. - Équivalence des produits : pour qu'il y ait concurrence, il faut qu'il y ait des produits équivalents, afin qu'on puisse choisir. En effet, comment choisir entre 2 produits différents au prix différent ? Si la règle de l'information est respectée, je considère toutefois qu'on peut limiter ce besoin, car une information complète permet d'évaluer la plus-value ou la moins-value d'un produit concurrent. - Contestabilité du marché : le marché doit être contestable, c'est à dire qu'un agent doit pouvoir entrer dans ce marché, proposer une nouvelle concurrence facilement (idéalement gratuitement). C'est une sorte d'anti-monopole. ### Le non-capitalisme actuel Et actuellement, même si on nous bassine que nous sommes dans une économie capitaliste, j'ai du mal à voir comment on nous garantit les 3 critères ci-dessus. Et le marketing le premier tente systématiquement de nous en éloigner : celui qui roule en BMW n'est pas dans la même catégorie que celui qui roule en Renault. Pourtant ils ont chacun une paire de fesse et veulent aussi faire leurs 10km quotidiens, mais non, ce n'est pas comparable. Les pubs nous ont bien expliqué que le cadre BCBG fantasme sur la BMW depuis qu'il est gamin, et que le bon père de famille rêve de son Scénic depuis qu'il a un gamin. Pour la contestabilité du marché, c'est quasiment inexistant. Sauf dans les marchés boursier ou pour quelque sous de frais n'importe qui peut acheter des actions et les revendre, il est très difficile d'avoir de nouveaux acteurs indépendants des principaux marchés. Allez monter une chaîne de supermarchés pour concurrencer Leclerc ou Carrefour... bon courage ! Enfin, l'information du consommateur... c'est surement ce qui est le plus bafoué. Boîte fermée dans le rayon, comment voir le produit ? Une étiquette de 5cm2 avec 3 caractéristiques (souvent inutiles, comme les Mpixels des appareils photo par exemple), et un vendeur qui se contentera de vous la lire. Comment savoir quels matériaux sont utilisés ? Où le produit est-il fabriqué et dans quelles conditions ? Comment savoir si il a été conçu dans un soucis de durabilité ou de "jetabilité" ? Et même si c'est dans ce dernier but, est-il au moins correctement recyclable ? Bref, le capitalisme, on est loin de sa belle théorie, celle qui nous garantit au final un prix au plus juste. ### Et le libre ? Avec les différentes libertés garanties par le libre, on peut considérer que le "marché" des logiciels libres est un marché capitaliste, ou en tous cas ce qui se rapproche le plus de cette théorie. Le "consommateur" (on préfèrera dire "utilisateur") peut étudier, ou faire étudier l'intégralité du logiciel avant de le choisir. Il peut de toutes façons l'utiliser pour le tester à volonté. L'information est quasi illimitée (il restera toujours au moins une zone d'ombre : les bugs qui, par définition, sont introuvables !). Ajoutons aussi que l'utilisation de formats ouverts permet à l'utilisateur de passer d'un logiciel à un autre sans contrainte. De même (et pour tout dire, c'est le dernier [journal sur la politique de RedHat](http://linuxfr.org/users/darkhad/journaux/lengagement-de-red-hat-envers-lopen-source) qui m'a fait réfléchir à tout ça), les libertés 3 et 4 permettent à n'importe qui d'entrer sur le marché facilement, de proposer un produit équivalent, ou un produit amélioré, mais toujours en parfaite transparence. ### Un changement de mentalités en cours ? Pas sûr... Alors là par contre, j'ai un peu peur. Force est de constater que au lieu de tirer les autres marchés vers un meilleur capitalisme, je me demande si ce n'est pas l'inverse qui se produit : les gros acteurs du libre tenteraient de revenir vers cette espèce de marché bâtard, ou personne ne veut laisser sa chance à l'autre. On a déjà critiqué Ubuntu et son site qui ne parle jamais de Linux, mais de Ubuntu. Style "quand vous êtes sous Ubuntu, vous n'êtes pas sous Linux". Ou "vous n'aviez jamais utilisé de Linux" (oui, ça sonne mieux avec les camemberts). Le journal auquel je fais référence, nous apprend que RedHat en a un peu marre qu'on lui pique son boulot, et va tenter de limiter le repompage pur et simple. Peut-être sommes-nous dans une période charnière pour les grandes entreprises du libre ? Peut-on, dans notre marché actuel, monter une entreprise privée avec de vrais idéaux capitalistes comme ceux apportés par le libre ? Est-ce vivable à long terme ? Seul l'avenir nous le dira, mais je n'ai malheureusement pas trop tendance à y croire. Amis capitalistes de tous pays, unissez-vous !

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