URL: https://linuxfr.org/users/enzo_bricolo/journaux/c-est-quoi-le-cloud-computing-1-2 Title: C'est quoi le "cloud computing" ? 1/2 Authors: Enzo Bricolo 🛠⚙🛠 Date: 2017年01月02日T20:42:47+01:00 License: CC By-SA Tags: cloud_computing, iso, cloud, définition et nist Score: 42 Introduction =========== Comme tous les professionnels de l'IT, je suis confronté à cette question fondamentale à peu près tous les jours. Si vous suivez les différents journaux, vous aurez noté quelques commentaires un poil énervé de temps en temps, mais essayons donc de commencer l'année sur de bonnes bases, d'être constructif et de poser quelques repères ... - "Dites-moi Monsieur Preskovic, ce n'est pas le même kloud que tout à l'heure ?" - "Ah c'est parce qu'il a changé, je l'ai colmaté avec les schpozis" Une histoire de mots =========== Tout d'abord, savez vous que les différents termes rigolos qui surgissent tous les 2 3 ans comme "Cloud Computing", "Service Oriented Architecture", "Big Data", "Internet of things" ne sont pas forcément issus des mêmes boites ou des mêmes officines et dans le cas du "Cloud Computing", la paternité n'est pas [évidente](https://www.technologyreview.com/s/425970/who-coined-cloud-computing/). Néanmoins, après quelques mois ou quelques années, le mot clé commence à se répandre et quelques vaillants barbus entreprennent de décrire l'ontologie nécessaire à ce nouveau paradigme. Dans le cas du "Cloud Computing", les universitaires sur la planète, des pionniers chez Amazon, Salesforce, Google, Microsoft (le cloud romulien !) ont commencé à rédiger dans leur périmètre, à échanger sur leurs définitions, avec les experts des grands du conseil. Les références =========== Après quelques années, ça commence à se tasser et les différents organismes de normalisation accouchent de définitions publiques. Dans notre cas, on citera le National Institute of Standards and Technology (NIST) qui publie [ce petit fascicule](http://nvlpubs.nist.gov/nistpubs/Legacy/SP/nistspecialpublication800-145.pdf) en 2011. En 2014, c'est l'ISO qui se fend d'un petit bréviaire "Technologies de l'information -- Informatique en nuage -- Vue d'ensemble et vocabulaire" aussi connu sous le petit nom de [ISO/IEC 17788:2014](http://standards.iso.org/ittf/PubliclyAvailableStandards/c060544_ISO_IEC_17788_2014.zip). Plus récemment, l'état français s’intéresse à définir un cadre pour les services de l'état étant éligibles à traiter leurs données dans le cloud et on trouvera des recommandations dans ce [guide](http://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/secteurs-professionnels/numerique/guide-cloud-computing-et-datacenters-2015.pdf). Les grands principes =========== Pour la suite, je me baserai sur les définitions du NIST qui ont le mérite d'être publiques, concises, éprouvées et souples (le NIST précisant que le paradigme est en constante évolution). "Le Cloud Computing (ou Infonuagique en français mais personne n'utilise ce terme) est un **modèle** pour permettre l'accès à la demande (critère important) à l'aide d'un réseau (comme Internet) à un groupe de ressources (e.g. réseaux, serveurs, stockage, applications ou services) qui peut être rapidement provisionné et libéré avec un effort de gestion minimal ou une interaction minimale avec le fournisseur. Ce modèle présentent 5 **caractéristiques essentielles**, 3 modèles de services et 4 modèles de déploiements". J'insiste sur les 5 caractéristiques essentielles : 1. "On demand self service" : Un "consommateur" du service ("client muni d'une carte bleue","usager", sociétaire", "abonné", "quidam") doit pouvoir provisionner le service selon ses besoins sans interaction obligatoire avec un humain. 2. "Broad network access" : Les ressources doivent être accessibles à travers le réseau à l'aide de méchanismes "standards" (quel que soit le client lourd ou léger). 3. "Ressource pooling" : Les ressources doivent être agrégées pour servir différents clients suivant un modèle "multi-tenant". 4. "Rapid elasticity" : Les ressources doivent être allouées et désallouées rapidement sur un modèle élastique. 5. "Mesured service" : La consommation des ressources doit être mesurée et contrôlée à l'aide d'un mécanisme donnant de la transparence aux consommateurs et aux fournisseurs du service. Les 3 modèles de services décrit par le NIST sont le IaaS, le PaaS et le SaaS. On y reviendra. Les 4 modèles de déploiements sont souvent mal interprétés. On distingue : 1. "Private Cloud" - Le cloud privé. Dans ce modèle, l'infrastructure est provisionnée pour l'usage exclusif d'une unique organisation qui peut partager cette infrastructure entre ses différentes filiales. L'infrastructure peut être possédée par l'organisation elle même, un tiers ou une combinaison des deux, et être opérée localement ou être hébergée chez un tiers. 2. "Community Cloud" - Le cloud communautaire. Dans ce modèle, l'infrastructure est provisionnée pour l'usage exclusif d'une communauté de clients qui s'est organisée, par exemple au niveau d'une filière comme [l'aéronautique européenne](https://www.boostaerospace.com/). 3. "Public Cloud" - Le cloud public. Dans ce modèle, l'approvisionnement des infrastructures est ouverte à tous les "publics". 4. "Hybrid Cloud" - Le cloud hybrid. Dans ce modèle, on a une combinaison des offres précédentes qui restent indépendantes mais qui partagent des standards permettant l'interopérabilité, le cas d'usage souvent présenté est le débordement d'un cloud privé vers le cloud public en cas de pic de charge. En attendant la deuxième partie, ou l'on parlera aussi de cloud souverain, de cloud gaulois, de cloud personnel, de clown computing, et d'autres modèles rigolos, vous pouvez envoyer vos commentaires.