URL: https://linuxfr.org/users/denisdordoigne/journaux/testons-la-concurrence-a-la-sncf Title: Testons la concurrence à la SNCF Authors: Denis Dordoigne Date: 2022年07月01日T08:27:55+02:00 License: CC By-SA Tags: blog et sncf Score: 29 Devant me rendre à Lyon depuis Paris, et ne trouvant pas de place libre dans un TGV SNCF, j'ai testé le trajet avec le concurrent trenitalia. Les différences ne sont pas énormes, mais je propose quand même d'en faire le tour (note : je n'ai pas pensé à prendre de photos, je compte sur votre imagination !). ## En gare Ce qu'on remarque immédiatement en entrant en gare est que le logo du service est totalement illisible sur le panneau d'affichage. Plutôt que d'avoir des logos SNCF comme INOUI ou OUIGO, on a un texte écrit en caractères d'une taille illisible, je suppose que c'est « trenitalia » mais n'ayant pas pris mes jumelles je ne peux pas l'affirmer. Le panneau n'affiche pas non-plus les étapes du voyage. Contrairement aux TGV dans lesquels on peut monter 20 minutes avant le départ, l'embarquement n'est lancé que 10 minutes avant celui-ci, avec seulement 3 portiques d'accès, ce qui provoque une forme de cohue à l'entrée du quai. Le personnel vérifie visuellement que les billets correspondent bien au trajet, mais il n' a pas de scan du QR code, si bien que frauder semble très simple (il suffit de modifier le PDF d'un billet valide...). Cependant je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée, on a eu un vrai contrôle à bord et j'ai croisé un fraudeur... Contrairement à la SNCF il n'y a pas de distribution d'étiquettes pour les bagages, bien que celles-ci restent obligatoires. ## Confort et équipement En montant à bord, on est déçu de ne pas trouver de porte-bagages à l'extrémité des voitures, ceux-ci doivent nécessairement être hissés au-dessus des sièges, ce qui est compliqué pour les personnes trop petites ou frêles avec de grosses valises (cela provoquant d'inévitables bouchons pour accéder aux sièges). Il existe 2 types de voitures, « Silenzio » et « Allegro », comme cela existait dans les IDTGV ; bien entendu comme dans les IDTGV le silence n'est pas respecté, et cette différence n'a aucun intérêt (pire, les voitures « silenzio » sont pleines et les « allegro » presque vides, ces dernières sont donc bien plus silencieuses). La numérotation des sièges est faite par rangée, on ne perd donc pas de temps à chercher le sien. Le confort des sièges est correct, et ceux-ci sont adaptés aux personnes de plus d'1m75 (c'est agréable de ne pas avoir l'appui-tête dans les omoplates). Pour éviter les guerres d'accoudoirs, il y a 2 micro accoudoirs entre les sièges, mais ceux-ci sont bien trop étroits pour pouvoir accueillir un coude, le problème n'est donc pas résolu et le gagnant de l’accoudoir se retrouve à devoir supporter un désagréable écart au milieu. Il y a une poubelle devant chaque paire de siège, mais celle-ci gêne lorsque qu'on veut déplier ses jambes, on doit les mettre légèrement de travers. ## Annonces et signalisation Les annonces sont faites en plusieurs langues, les annonces en Français sont très lentes et articulées, comme si elles émanaient d'une étrangère (un léger accent appuie cette hypothèse). Il n'y a pas de message conseillant le port du masque (malgré les dernières recommandations), ni de rappel du silence demandé dans les voitures « silenzio ». L'annonce de l'ouverture du bar n'est faite que 30 minutes après le départ, j'ai même douté de sa présence au début du voyage. La signalisation au bout de chaque voiture n'indique ni la disponibilité des toilettes, ni le côté qui mène au bar, cela est assez déroutant lorsqu'on est habitué aux trains SNCF. ## Bar et restauration Il y a un service à la place qui est proposé, mais le chariot passe tellement vite que je n'ai pas eu le temps de signaler mon intérêt. La voiture bar est déroutante, il n'y a pas de place assise ni de file d'attente, j'ai craint de ne pas être au bon endroit. Les produits proposés sont Italiens, alors je me suis laissé tenter pas un cappuccino et un paquets de gâteaux fourrés. Les prix n'étant pas affichés, et étant habitué aux tarifs de la compagnie des wagons-lit, je m'attendais à devoir payer une dizaine d'euros, et j'ai eu la plus belle surprise du voyage : le café est à 2€ et le paquet de biscuits à 3€ (moins cher qu'à Monoprix). Il est donc plus économique de prendre son petit-déjeuner à bord que dans la gare. Le café servi n'est pas trop chaud et c'est heureux lorsqu'on ne peut pas le boire sur place, on a moins peur de l'accident lors du retour jusqu'à sa place. Le cappuccino servi est végan (contient du « lait de riz sans gluten »), bien que je ne l'aie pas demandé (faute d'affichage des cafés j'ai fait ma commande au pif). ## Conclusion Je ne sais pas si je reprendrai ce train un jour, mais considérant le nombre de places libres alors que ceux de la SNCF roulent pleins, il se pourrait que j'y sois contraint (si comme d'habitude j'achète mes billets au dernier moment). Les différences sont minimes, le prix du billet est du même ordre de grandeur que pour un INOUI si on a une carte SNCF (mais si on a faim ou soif on peut se rattraper en termes de coût total du voyage au bar). Les sillons sont vendus à perte par SNCF réseau afin de stimuler la concurrence, et j'ai l'impression que je train roule moins sur l'erre que les TGV pour le même trajet (je suppose que c'est aussi la SNCF qui paye l'électricité) : sur le principe je ne cautionne pas cela.

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