URL: https://linuxfr.org/users/dafp/journaux/bagnole-pouvoir-autorite Title: Bagnole, pouvoir, autorité Authors: dafp Date: 2016年04月18日T22:55:53+02:00 License: CC By-SA Tags: humeur Score: -46 -- _Coup de gueule qui fait suite à des articles lu ici et là et dans des sharlii d'"informaticien-es" ou autres récemment. Je voulais que ça soit court (pour avoir plus de chances d'être lu, mais la concision n'est pas toujours bonne enseignatrice)._ Ha! La bagnole (je parlerai de bagnoles ici pour tout types de véhicules motorisé)! Les joies de la route, la possibilité de se déplacer, toujours plus vite, toujours plus loin. La liberté en somme - si, c'est ce qu'on nous dit à la télé. Bon elle a un coût cette liberté, c'est sûr que c'est pas la classe ouvrière et les prolétaires qui pourront jouir de celle-ci (pas vraiment faites pour ell-eux non plus, va!). Mais bon au final, tué des lapins sur la route, fracasser les vélos en ville, casser le pare choc pour pouvoir se garer à tout prix, payer une assurance et les malus qui en suivent, les amendes d'excès de vitesses parce que c'est aussi facile que d'ouvrir la bouche et insulter le voisin, et j'en passe... La route, c'est tout ça, vécu par des milliers de personnes en même temps, en communion. Des autorutions tout les jours en ville, pour fêter les bonheurs du progrès et de la sacro sainte vie capitaliste! Haaaa! Rouler, accélérer, vivre, - tuer - c'est aussi simple que ça. La bagnole répond à des besoins que cette société tentent de créer, et chacun-es s'est convaincu de sa nécessité (je ne reviens pas là dessus - j'écourte, mais l'idée que la vie est une perte de temps, la voiture en est une réponse : plus vite, plus loin). Le soucis, c'est que la bagnole, c'est bien une force, un pouvoir contre - que l'on peut aisément utilisé. Les automobilistes l'ont bien compris. Je suis cycliste tout les jours (comprenez que je suis cycliste que sur mon vélo, et qu'un automobiliste en est de même dans sa voiture), et combien de fois a-t-on voulu me bloquer sur le côté droit pour m'empêcher de passer, me klaxonner/crier dans la gueule car je me mets devant, ou faire semblant de me foncer dessus/accélerer/froler pour me faire peur puisque je leur avait fait une remarque sur leur comportement, ... Oui bien sûr, y a des con-nes partout me dit-on (même chez les cyclistes)! Mais ce que vous ne comprenez pas les automobilistes, c'est que vous êtes toujours - et à **tout** moment - sur la route en position de force. La route c'est pas un long fleuve tranquille- même pour un automobiliste c'est sûr. Alors qu'en est-t-il de cell-eux qui n'ont pas la puissance de moteur que ces véhicules? Quand sur la route tu te trouves à +de 90% autour de toi avec des véhicules capables de faire du 0 à 100km/h en quelques secondes, que veux-tu faire toi, humble cycliste face à ça? Oui si on était 'civilisé' - blablablablabla. Arrêtez vos conneries! C'est pas le cas, et sera jamais le cas. Pourquoi? Car on est pas au même niveau face à la route. La bagnole est indéniablement un outil de pouvoir. Le pouvoir est ce qui conserve cette hiérarchie dans nos relations, et qui empêche tout dialogue à égalité. C'est la bagnole qui mène la danse, et c'est une saloperie que demander aux autres (non motorisé), d'appliquer le code. La route est une jungle, une loi du plus fort, et ce n'est pas un pseudo code de la route (fait pour la bagnole) respecté qui fera changer le paradigme actuel. Partir avec un vélo, ou se trouver à pied près de la route (c'est à dire en ville globalement - quasi tout le monde) nous rend automatiquement vulnérable et plus faible face aux bagnoles. Et je ne demande pas aux automobilistes de faire attention à l'autre non motorisé (et de ralentir par exemple), mais qu'olle descende de celle-ci et qu'olle résigne à son outil de dominance (n'y a rien de 'raisonnable' face à toute cette violence - repensons le moyen de transport autrement - mais d'abord stoppons tout). C'est sûr ça que je réponds aujourd'hui et que je vais conclure. Vous, en tant que automobilistes, vous vous plaignez toujours qu'olle n'y a pas que vous qui joue à ce jeu - griller feu, clignotant, vitesse, ... Et que même soit disant des insupportables cyclistes se mettent en danger inconsciemment par mauvaise conduite, et que c'est de leurs fautes s'olle y a un accident au final. Olle y en a même qui répondent, vous font la morale et vous gueule dessus quand vous les doubler, qui vont même à vous péter le rétro, vous cracher sur la vitre, voir même vous crève les pneus, ou vous crame totalement la bagnole. C'est insupportable, n'est-ce pas? Vous vous étonnez que cell-ui qui subit l'oppression, le pouvoir de la bagnole (synonyme parfois de pouvoir tout court) ne se taise et se manifeste face à cette violence? Rouler/marcher sur le trottoir et baisser la tête, c'est la vision de la chose? Vous vous étonnez encore que des imbéciles à deux roues (et pas seulement) puissent répondre à votre attitude meurtrière et polluante? Vous pensez sincèrement que vous êtes les seul-es, et que les autres (cell-eux n'ayant pas le pouvoir de la vitesse et de la puissance) devraient simplement vous suivre gentiment derrière votre cul pour respirer vos cochonneries, et entendre vos bourdonnements de moteurs!? Vous avez créer et construit ce qu'est devenu ce monde, ces villes, et on devrait subir vos caprices car vous avez juste les moyens de faire chier le monde!? Et vous pensez que je vais partager quoi que ce soit avec vous (en l’occurrence la route -ici)? Vous pensez sincèrement que je vais résigner comme beaucoup à simplement avoir le droit de prendre le bus, ou pire le métro?! - je m'arrête là pour ne pas dire de vulgarité. L'oppresseur-e se défendra toujours, olle est en position de pouvoir, en est bien conscient-e, et c'est bien ça qui lo dérange : la remise en question sur son statut hiérarchique et d'autorité contre le confort et la commodité. -- et j'ai relu encore pour la n'ième fois des hommes (cis et blanc sans doute), qui s'étonnent que des luttes de femmes osent se regrouper seulement entre "femmes" (ou plutôt cell-eux qui subissent l'oppression patriarcale, homophobe, transphobe, ... et/ou vivant dans l'intersectionnalité) - non mixte. Holalà! "C'est pas égalitaire"! Mais, nom d'un Gnu, l'oppression est factuelle, la violence est quotidienne. Certes 'tu' te sens concerné, mais contrairement à la bagnole (ou tu peux faire le choix de la brûler), tu seras encore aujourd'hui la représentation et l'image de l'oppresseur, et donc indirectement tu profites de ce privilège (et tu en profites même souvent inconsciemment, voir consciencieusement - comme en bagnole) - vis à vis des autres et de l'image genré que tu peux représenter. On ne dit pas que tout les Hommes sont des oppresseurs, mais qu'ils bénéficient des facilitées et des avantages qu'offrent cette société inégalitaire, et c'est ce tremplin qui est intolérable dans une société qui se voudrait égalitaire. Laisser cette masse, cette réalité, victime de l'oppression; de s'organiser, parler, gueuler, se défendre, s'autonomiser, lutter, reprendre de l'espace, de la force face à l'oppression/l'oppresseur-e, c'est juste ... évident. Je ne suis pas à même de parler à la place de ce que peuvent vivre [certaines] femmes, tout simplement car je ne vis pas cette réalité -par l'image que je représente. C'est permettre un rapport de force plus fort (face à cette violence, à cette oppression), puisque c'est une lutte mené par les premièr-es concerné-es. Ça ne m'empêche pas d'écouter, de combattre les idées et les attitudes, et de me dire qu'au final en y réfléchissant j'ai des attitudes qui perpétue cette position dominante et que je ne m'en étais pas forcément aperçu. Le travail/l'action n'est pas le même selon sa propre position imposé/choisi.