URL: https://linuxfr.org/users/cg/journaux/de-la-nostalgie-du-486 Title: De la nostalgie du 486 Authors: cg Date: 2025年05月09日T22:37:42+02:00 License: CC By-SA Tags: Score: 32 [L'annonce de la fin du support du 486 dans le noyau Linux](https://www.zdnet.com/article/linux-drops-support-for-486-and-early-pentium-processors-20-years-after-microsoft/) m'a rappelé que c'est sur un tel processeur que j'ai eu mon premier contact avec Linux. À cette époque, on pouvait acheter des revues avec des CDs, et là, il y avait Slackware 1.2, qu'on pouvait essayer _sans supprimer_ Windows. C'était bien sûr encore plus lent que si Slackware avait été installé sur une partition ext2 (ou ext?). Bref, ça m'a donné envie de lister les ordis que j'ai eu. Amstrad 464 (1984) À ce moment-là, j'ai 7 ans. On achetait des jeux en cassette, c'était coloré, ça faisait du bruit ! J'ai commencé à faire un peu de BASIC, des trucs simples, et je suis totalement passé à côté de l'assembleur, ce que je regrette aujourd'hui. L'ajout de mémoire vive (64Ko) et d'une lecteur de disquette en faisait _presque_ une super machine. Déjà j'adorais passer du temps dans les éditeurs de secteur de disquette (avec Discology), pour patcher les binaires (par exemple pour s'ajouter des vies dans les jeux). J'ai aussi beaucoup progressé en Anglais, car ma prof d'Anglais du collège avait aussi un Amstrad et avait tous les jeu piratés ! Belle carotte. Cette prof me photocopiait aussi les fanzines genre Runstrad ou Croco-Passion, que je lisais avec dévotion et passion. Merci à elle ! J'ai gardé cet ordi super longtemps. Et un jour, je reviens de vacances, l'Amstrad n'est plus là, et il y a un PS/1 à place, acheté par mon grand-père qui est ingénieur chez Ingenico (lui avait toujours son 8086 CGA). IBM PS/1 386sx16 (1990-1992?) - MS-DOS. C'est assez pourri au début, et c'est en noir et blanc. Je boude un peu la machine, mais rapidement, à l'école, on se rend compte qu'on peut s'échanger nos jeux et nos logiciels. C'est le C de PC. C comme Compatible ! S'ensuit une frénésie sans but de collectionneur, il faut TOUT avoir. Je casse ma tirelire et achète un disque dur de 250Mo pour 2500FF (soit 10FF le Mo !), pour le remplir de conneries, installer DoubleSpace, qui permet de compresser le disque à la volée. Et bien sûr un jour dans PC-Tools, je supprime cet _énorme_ fichier qui prend toute la place... Qui est l'image du stockage compressé :-/. Retour à la case départ. Ces deux machines sont les seuls que j'ai eu neuves. Les suivantes sont soit des assemblages de composants d'occasion ou récupéré chez les potes. Parfois, une barrette de RAM neuve, mais tout est cher, et j'ai pas trop d'argent de poche. Assemblage 486DX-50 MS-DOS, Windows 3, Slackware 1.2 pendant quelques jours, puis retour à Windows. Le voilà donc, le 486 avec lequel j'ai découvert Linux. Assemblé avec mes petits doigts à partir de sources de composants diverses. Brave machine, avec une carte graphique non reconnue par XFree86. Je tente plusieurs fois Slackware sans l'installer, puis en virant Windows et installant Slackware, en me disant que ça sera mieux. La ligne de commande m'intrigue, et je suis bluffé par vi et le fait de pouvoir enchaîner des commandes avec des pipes. Mais honnêtement, à ce moment-là, on peut pas faire grand chose à part `cc helloworld.c` si on est pas dans le bon circuit (il semble qu'au CNAM, il y a des furieux d'Unix et des terminaux X, des vrais ! Mais je suis trop jeune). Un peu plus tard, un assemblage type Pentium 66MHz (ou Pentium 2?) d'abord sur Windows 3, puis 95, puis Debian 1.3. Un jour je visite le labo où bosse de la famille à l'institut Pasteur, il y a des Sun et des Silicon Graphics. On me montre `xeyes`, une simulation d'un germe dans des particules d'eau, avec rendu en 3D en temps réel (c'est à dire une image toutes les 10 secondes) ! Mais surtout les commandes `ps` et `kill`, qui permettent de lister les processus, et les tuer via leur identifiant. La ligne de commande, les PIDs, les scripts shell, les pipes... Ça commence à se mettre en place dans ma cervelle de moineau, je trouve ça incroyablement sexy et fascinant. Debian 1.3, ça commence à être du sérieux, on peut faire plein de truc, par exemple passer 2 jours à dessiner des icônes en vecteurs pour FVWM2. Compiler Postgres, écrire des applis Perl CGI... Plus besoin de Windows, j'achète le livre Programmation en Perl, les études passent, boulot, dev Perl puis sysadmin Linux assez vite. Et là, il se passe un drôle de truc, c'est devenu le monde du laptop, et l'ADSL est partout. D'abord un Toshiba Portégé avec un Pentium 3, sous Debian. Machine hyper légère (moins de 1Kg) mais avec son disque dur 1.8 pouces à 1300rpm (je crois), c'est lent ! Ensuite un laptop 17 pouces, peut-être un Acer, je ne sais plus, pas terrible mais sous Debian. À ce moment-là, je commence à bricoler sur Arduino, et je me dis que l'USB c'est pas si mal :). Puis deux Thinkpads à la suite, un x61s (sous Debian puis Doudoulinux pour les enfants qui sont nés), suivu d'un x201s, qui fonctionne encore, et a eu Debian, puis Archlinux, puis Primtux (pour les enfants qui grandissent). Ce dernier fonctionne encore et je suis un peu nostalgique de son format d'écran presque carré ! Enfin, actuellement, j'ai un Dell XPS13 qui doit avoir 9-10 ans, sous Archlinux, qui a pour avantage de n'avoir aucun intérêt, et qui devrait rester encore un an ou deux. Au final, en environ 40 ans, ça fait 9 ordis. Pas si mal niveau frugalité, je pense. Est-ce que je dois compter mon premier smartphone que j'ai eu il y a un an ? Voilà, donc le 486 et Linux, ça a remué des souvenirs, désolé de les avoir publiés !