URL: https://linuxfr.org/users/anonyme/journaux/leffet-boomerang-de-la-gpl Title: L'effet boomerang de la GPL Authors: Anonyme Date: 2006年06月22日T22:40:06+02:00 Tags: Score: 0 La GPL c'est bien. La GPL c'est l'avenir. Oui, c'est l'avenir, mais pas forcément l'avenir de tout le monde. Notamment, la GPL, ça peut ne pas être l'avenir des développeurs. C'est la réflexion que je me suis faite ce matin, et j'espère avoir tord, étant développeur moi-même. Voici mon raisonnement, que j'aimerais vous voire démonter allègrement ; ça me ferait plaisir, vraiment. 1. La GPL impose la gratuité des logiciels. La GPL autorise la libre diffusion du logiciel, et notamment sont code source. Chacun est donc libre de dupliquer et diffuser, de la manière qui lui plaît, n'importe quel logiciel publié sous cette licence. La « manière qui lui plaît » concerne également le prix cette diffusion. N'importe qui peut définir n'importe quel prix. Le consommateur n'étant pas un idiot fini (contrairement à ce que certains pourraient penser), pour un même produit, il va forcément s'orienter vers le plus bas prix. Ce qui m'amène donc à dire que le prix des logiciels publiés sous la GPL tend vers 0. Autrement dit, bien que la GPL autorise la vente du logiciel, la libre diffusion qu'elle impose rend le logiciel gratuit, de fait. 2. La GPL favorise les gros éditeurs et leur monopole La GPL tendant à rendre gratuits les logiciels publiés sous cette licence, il est difficile d'imaginer comment une entreprise, gagnant sa croûte en vendant les logiciels qu'elle édite, se risquerait à choisir la GPL. Elle peut évidemment changer de stratégie et vendre du service AUTOURS du logiciel, mais plus vendre le logiciel en lui même. Dans ce cas, elle doit adapter son activité. Cette entreprise n'est donc plus (ou à moindre mesure) un éditeur de logiciel. Seuls les très gros éditeurs, disposant de services marketing et juridiques suffisamment puissants, peuvent se permettre de conserver leur activité, en transférant la valeur du logiciel vers la marque. La GPL favorise donc les gros éditeurs de logiciels au détriment des petits. 3. La GPL tue le marché des développeurs. Les logiciels en GPL devenant à terme gratuits, le retour sur investissement est incertain. Quand un retour sur investissement est trop incertain, cela résulte en pas d'investissement du tout. Surtout lorsque le marché du logiciel GPL se trouve finalement n'être favorable qu'aux gros éditeurs. La partie semble perdue d'avance pour les petits, pourtant si nombreux. Ces petits éditeurs, s'orientant alors vers le service, ils ont moins besoin de développeurs. Les gros éditeurs, quant à eux, dispose d'une infrastructure administrative leur permettant d'externaliser le développement vers une main d'1⁄2uvre moins cher. Dès lors, on ne peux pas franchement dire que la GPL soit un allier hors-pair pour les développeurs qui voudrait vivre de leur passion. 3bis. Les développeurs au chômage sont des masochistes. Le pire dans tout ça, c'est que certains développeurs au chômage profitent du temps qu'ils ne consacrent pas à la recherche d'un boulot pour participer à des projets diffusés sous GPL, alors même que cette GPL pourrait, si elle était plus largement utilisée, être une des causes de leur chômage. C'est ce que j'appelle l'effet boomerang de la GPL ... Corollaire : La GPL est une licence communautaire uniquement. La GPL n'est visiblement pas adaptée, ni même souhaitable, dans le monde des affaires. Elle constitue en revanche une excellente licence pour les projets communautaires (ou de milliardaires). Communauté de passionnées, d'étudiants, de chercheurs, etc. Après, qu'un projet communautaire, diffusé selon la GPL, puisse aboutir à un produit suffisamment fini pour faire de l'ombre à ses homologues propriétaires, c'est un tout autre débat.