URL: https://linuxfr.org/users/_p4_/journaux/le-blues-du-webmaster Title: Le blues du webmaster Authors: _p4_ Date: 2004年09月28日T08:07:18+02:00 Tags: Score: 0 "C'est plus comme dans le temps, ma bonne dame! Avant on avait des webmasteurs élevés au lien, à l'ancienne. Mais maintenant sasfépu avec leur cms, blogs et tous leurs machins automatisés, là!". En quelques années, le métier de webmasteur a vivement évolué. D'architecte global d'un site, le rôle de webmestre tends plus vers une responsabilité éditoriale et organisationelle aujourd'hui. Toujours au confluent de la technique et de l'éditorial, le webmaster a vu son rôle se modifier considérablement avec l'émergence - et l'évidente utilité - des systèmes de publication automatisés (quelle que soit leur approche d'ailleurs: cms, blogs, wikis). En schématisant: en 1997 quand on voulait un site, ben on demandait à un webmasteur, point. Si y avait besoin de trucs plus spécifiques ou complexes, on faisait appel à un développeur, qui nous faisait un beau cgi en perl, et tout était clair. Le webmasteur intégrait tranquillement le design du graphiste et les scripts du développeur, tout en concevant une arborescence adaptée au projet. Les choses étaient simples et bien définies. Aujourd'hui avec les systèmes de publication automatisés, l'intégration (=mise en ligne du contenu+design) est plus ou moins triviale, mais en tout cas n'est plus du tout réservée a des spécialistes. Le webmestre se justifie plus aujourd'hui par une expérience organisationelle+compétence éditoriale que par une stricte connaissance technique. Une ambiguïté, plutôt une erreur, serait de percevoir que ledit webmestre actuel ne sert uniquement qu'à l'intégration et à la maintenance courante. Son rôle est plus d'optimiser les accès à l'information, tant sur la forme (standards, code) que sur le fond (ligne éditoriale, "design de l'information"). Enfin tout cela se redéfinit rapidement et constament, parce que l'évolution rapide des système de publication automatisés renouvelle sans cesse la question du rôle du webmaster dans le web moderne. Une question qu'il est obligé de se poser, de toute façon, souvent. Autre point: pour le webmaster de base, le prestige de l'uniforme en a pris un sérieux coup depuis l'époque glorieuse (avant 2000, avec le html à l'ancienne et Netscape, nostalgie;). En France tout au moins, le métier subit encore les conséquences négatives de la "ruée vers l'or" des années folles fin 99/2000. A cette époque tout le monde investissait sur le web, tous voulaient des sites pour un oui ou pour un non, parce qu'il le fallait. Cà a été un moment prospère sur court terme pour les webmestres, mais négatif sur long-terme. On avait besoin de sites, de préfèrences avec du Flash, bien chers et totalement improductifs sur un plan autre que "en jetter plein la vue aux investisseurs", donc de webmasters. Le couple php/mysql, à l'époque seulement émergent, n'était pas du tout démocratisé comme aujourd'hui. Bref, on faisait essentiellement des sites à l'ancienne, en html pur pour l'essentiel, la production étant bien rodée sous ces technologies, qui semblent aujourd'hui bien préhistoriques. Là ou cà a été moins drôle c'est quand les investisseurs se sont finalement aperçu qu'ils avaient un peu trop forcé la dose sur les paillettes jettées dans le vent, et quand la "ruée vers l'or" s'est écroulée sur elle même. La fête était finie: les cours de bourses mirifiques de multiples start-ups prometeuses s'effondrant à la chaine, les fortunes (+ ou - virtuelles) se défaisant aussi vite qu'elles étaient apparues. A partir de ce moment ca a été l'expiation: la demande en site internet a brusquement chuté, pour ne remonter ensuite avec le temps que très progressivement à un niveau de marché réaliste. La "follie internet" a été un traumatisme pour beaucoup. Ca a fait beaucoup de mal au métier de webmaster, étant donné aussi qu'on a vu fleurir toutes sortes d'énergumènes et d'arnaques possibles durant cette période incroyable. De cette époque le "prestige de l'uniforme" a été bien terni: on ose plus trop dire webmaster encore aujourd'hui on préfère souvent se présenter comme programeur, ou graphiste, rédacteur en chef, concepteur ou n'importe quoi mais pas webmaster (j'exagère à peine). Le point le plus délicat, celui qui nous mobilise tous en tant que webmestres responsables, indépendament des variantes régionales, c'est celui du balisage et des normes. Au début tout était beau, simple et limpide. De mémoire le html 3.2 passait bien dans Netscape 2, Netscape 3. Il n'y avait pas grand chose comme brouteur compétent à l'époque (hors Mosaïc le primate et Opéra, qui a commencé relativement tôt je crois), c'était clairement le meilleur. Ie3 tenait pas du tout la route à coté, aucun doute, et le marché était a fond dominé par Netscape. On le savait pas encore, mais on avait connu le bonheur. C'est avec la sortie d'Ie4 qu'à commencé la "Guerre des Brouteurs 1", et les vrais ennuis pour nous pauvres webmestres. On a alors vu arriver des différences de comportements par défaut, des propriétés spécifiques à un navigateur (jusqu'au fameux marginwidth/marginheight et topmargin/leftmargin dans les propriétés du tag body, que des générations de webmasters chérissent dans leur coeur chaque jour). En 2 ans Ie5 avait raflé le marché des navigateurs et coulé Netscape. Ca changeait la donne pour nous autres pôvres webmestres victimes innocentes sur le champs de bataille des titans. On a été obligé de s'adapter, d'apprendre tous les hacks qui vont bien pour faire du html cross-browser. Ca donne en gros un html 4.01 plus ou moins mixé à de l'ancien 3.2, mais qui marche partout. Seulement la guerre n'est pas finie: c'est le deuxième épisode aujourd'hui: Mozilla ou la revanche de Netscape. Avec de nouveau un gros dilemme pour les webmestres: faire du W3C friendly bien propre (xhtml strict+css), ou du Ie6 compliant bien crade mais bien accepté communément (html old style hackpatché* empiriquement et laborieusement)? Mais la guerre, ca fatigue, et c'est reconnu comme étant mauvais pour la longévité. Pour éviter ce genre de désagrément, je recommande à tous les webmasters d'écouter leur instinct, pas leur client sur ce coup: faites donc l'évolution vers une incompatibilité Ie6: ca simplifie beaucoup de choses, et c'est nettement plus pratique de faire du xhtml/css que du html hybride patché de partout. J'ajouterais qu'une utilisation judicieuse du css peut aussi s'avérer client-friendly et graphiste-compliant, dans la mesure ou c'est beau. C'est une évolution à faire, mais ya quand même de quoi embrouiller son webmestre bienveillant avec tous ces dilemmes cruciaux et tout ce qui pends au nez et dépends de leur conclusions. * tiens, un nouveau verbe se serait-il insidieusement glissé dans mon journal? PS: si j'ai un peu forcé le trait dans le genre "pépé raconte le web comme c'était mieux dans le temps" c'est volontairement pour donner plus de poids au subversif message caché dans de ce journal: favorisons les formats/protocoles/outils/standards/gens ouverts, documentés et accessibles pour le bien de tous.

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