URL: https://linuxfr.org/news/ou-il-est-question-de-conservation Title: OĂč il est question de conservation Authors: Ysabeau đ§¶ L'intendant zonard, Arkem et Pierre Jarillon Date: 2023ćčŽ08æ24æ„T23:29:04+02:00 License: CC By-SA Tags: archivage, Ă©criture et transimpressux Score: 56 Ă lâheure oĂč les jardins regorgent de fruits et lĂ©gumes (enfin, ceux qui ne subissent pas la sĂ©cheresse) et oĂč lâon mitonne Ă tout-va conserves, confitures et terrines, le chemin de fer Transimpressux reprend les voyages dans le temps et lâespace commencĂ©s lâannĂ©e derniĂšre. Pour cette excursion, nous partirons de Babylone, vers 1750 avant notre Ăšre, nous nous baladerons dans le fort romain de Vindolanda, au nord de lâAngleterre. Nous irons dire bonjour Ă Nicolas Flamel, nous passerons par le Portugal et la Belgique, par SablĂ© dans la Sarthe aussi. Sans oublier de faire un tour Ă Alexandrie et sur la Lune, eh oui, pour terminer Ă Nancy oĂč nous ferons la connaissance de Fust et Shoeffer, quoique, ça aurait pu ĂȘtre Mayence. Il sâagira, bien sĂ»r, mais le lecteur ou la lectrice avisĂ©e aura dĂ©jĂ compris, de la conservation de lâĂ©criture, de ses problĂšmes et de ses enjeux.  ---- [Software Heritage](https://www.softwareheritage.org/?lang=fr) [Ysabeau, un chouette caractĂšre](https://linuxfr.org/news/ysabeau-un-chouette-caractere) [Des histoires de caractĂšres](https://linuxfr.org/news/des-histoires-de-caracteres) ---- # PrĂ©ambule Dans cette dĂ©pĂȘche, il ne sera pas question de sauvegarde parce que ce nâest pas lâangle, mais aussi parce que ce sujet a Ă©tĂ© traitĂ© Ă fond dans [la sĂ©rie de journaux de Funix](https://linuxfr.org/users/funix/journaux/sauvegarde-et-archivage-encore) sur le sujet et quâil serait incongru de traiter en un paragraphe un sujet aussi essentiel. La question des formats ne sera pas vraiment abordĂ©e non plus, elle fera lâobjet dâune autre dĂ©pĂȘche. Et, comme les prĂ©cĂ©dentes, elle sâattache Ă remettre lâinformatique dans le contexte historique de lâhistoire de lâĂ©criture. On trouvera dans la partie « Dans la fabrique de la dĂ©pĂȘche » les sources citĂ©s (et certaines autres), afin dâĂ©viter les va-et-vient entre le texte et les notes. # De la nĂ©cessitĂ© et de lâintĂ©rĂȘt LâĂ©criture est un facteur de transmission et de conservation des informations. Ce nâest pas une dĂ©couverte, mais il convient de rappeler que lâinvention de lâĂ©criture est due Ă plusieurs facteurs, dans le dĂ©sordre : - la transmission de la parole divine, et pas uniquement, avec lâhistoire des tables de la loi dans lesquelles un dieu transmet Ă un prophĂšte - MoĂŻse - sa parole par le biais de tables de pierre gravĂ©es ; - lâadministration des Ătats ou des organismes : lâĂ©criture chinoise aurait Ă©tĂ© inventĂ©e, selon une lĂ©gende, par un fonctionnaire du nom de Canjie vers 4 500 av. notre Ăšre, et l'on verra plus bas lâexemple « concret » des tablettes de Vindolanda ; - la communication et la conservation du corpus lĂ©gislatif et rĂšglementaire : en France par exemple, lâordonnance de Villers-CotterĂȘts dâaoĂ»t 1539, faisant du français la langue officielle du droit, est le texte de loi le plus ancien du droit français toujours en vigueur, et elle [a Ă©tĂ© imprimĂ©e trĂšs tĂŽt](https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8609556f.r=ordonnance%20Villers-Cotter%C3%Aats?rk=85837;2) ; - des fins divinatoires : les plus anciennes traces dâĂ©criture chinoise que lâon ait retrouvĂ© remontent Ă la dynastie Shang (entre 1570 et 1405 av. notre Ăšre), et servaient de [registre des divinations royales](https://chine365.fr/culture/ecriture-origine/) ; - la nĂ©cessitĂ© de garder des traces notamment des transactions commerciales, des Ă©changes entre individus (contrats de mariage et autres) ; - la communication entre personnes Ă©loignĂ©es, ou avec des personnes sourdes et mal-entendantes : ainsi les carnets qui permettaient de converser avec un Beethoven devenu sourd sont des documents fondamentaux sur la vie du compositeur ; - etc. Il sâensuit donc que, pour toutes ces raisons, la conservation de lâĂ©crit est une question primordiale et que la destruction des traces Ă©crites peut ĂȘtre source de gros problĂšmes. Quoique, leur conservation peut aussi ĂȘtre source de dĂ©sagrĂ©ments, notamment les Ă©changes de courrier. Il nâest pas forcĂ©ment agrĂ©able de retrouver dans les archives les Ă©changes Ă©pistolaires sordides concernant les hĂ©ritages par exemple. # Des difficultĂ©s de conservation du papier Le papier est un support fragile Ă tel point que, malgrĂ© lâutilisation du papier, Ă lâĂ©poque mĂ©diĂ©vale les tablettes de bois resteront encore utilisĂ©es :> surtout dans des abbayes allemandes ainsi que dans des lieux oĂč le papier Ă©tait considĂ©rĂ© comme trop fragile pour ĂȘtre utilisĂ©. Les tablettes de cire conservĂšrent alors leur atout de support dâĂ©criture solide et dâutilisation facile en toutes circonstances. _([Elisabeth Lalou, IRHT](https://irht.hypotheses.org/423))_ Le papier (et le papyrus dâailleurs), plus que les autres supports matĂ©riels peut ĂȘtre la proie de bien des avanies qui nuisent Ă sa conservation. En 1996 la palĂ©ographe mĂ©diĂ©viste Maria JosĂ© de Azevedo Santos exposait dans un article sur [les conditions de conservation des actes et des livres au Portugal des XII^e au XV^e siĂšcles](https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1996_num_50_2_1781) toutes les calamitĂ©s qui peuvent affecter les livres et actes de cette pĂ©riode :>Les agents de destruction Ă©taient innombrables : dâabord lâhomme lui-mĂȘme, qui â ainsi quâen tĂ©moigne notre documentation â dĂ©chirait, griffonnait, « lavait » les documents Ă la noix de galle, fragmentait les livres pour les relier [...] et pour dâautres fins trĂšs variĂ©es la guerre, la Nature (avec ses incontrĂŽlables : feux, inondations, sĂ©ismes), la pollution de diverses origines, les bactĂ©ries, les insectes, les rats [...] et tant dâautres flĂ©aux. Ă cela on ajoutera le fait que des tentatives de restauration ou de conservation des documents qui, Ă une Ă©poque semblaient prometteuses et sans risque, se rĂ©vĂšlent calamiteuses dans le temps. Les feuillets et rouleaux du [fonds Pelliot](https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc50534) (1878â1945) datant du premier millĂ©naire que lâexplorateur, philologue et linguiste français avait trouvĂ© dans le bassin du Tarim en Chine en sont une illustration. Certains des documents Ă©tant Ă lâĂ©tat de fragments, ils ont Ă©tĂ© doublĂ©s : collĂ©s sur un support qui pouvait ĂȘtre de la soie ou du papier, voire, les deux, ce qui pose la qualitĂ© de ces supports. La mousseline de soie a Ă©tĂ© abandonnĂ©e dans les annĂ©es 1970 car elle se dĂ©gradait plus vite que le papier quâelle Ă©tait censĂ©e renforcer. Le papier, quant Ă lui, pouvant ĂȘtre de qualitĂ©s diverses. Les encollages pouvant ĂȘtre mal rĂ©alisĂ©s, entraĂźnant la dĂ©gradation des documents quâils renforçaient, etc. Il y a eu aussi des pĂ©riodes oĂč lâon ensachait les documents entre deux feuilles de diacĂ©tate de cellulose (du plastique), mais la durĂ©e de vie du matĂ©riau sâest rĂ©vĂ©lĂ©e assez courte. En bref : le remĂšde sâavĂ©rait pire que le mal. Avec lâĂšre de lâimprimerie on arrive Ă une autre Ă©tape de lâhistoire du papier. Les techniques dâimpression Ă©voluant, imprimer devient de plus en plus facile et de plus en plus abordable. Les processus de fabrication du papier Ă©voluent aussi, qui vont rendre le papier moins rĂ©sistant dans le temps. Le dĂ©but du XIX^e siĂšcle voit lâabandon du chiffon au profit de la cellulose des conifĂšres, dont la fibre, dĂ©fibrĂ©e par un rĂąpage Ă la meule, est moins longue que celle du papier chiffon, et moins rĂ©sistante. Ceci conjuguĂ© avec lâutilisation dâautres substances, la lignine, pour la cohĂ©sion des fibres de bois et lâalun-collophane pour lâencollage, rend le papier plus fragile. Et cela se constate assez vite :>en 1898 [...] un bibliothĂ©caire de la Library of Congress, John Russell Young, constate une dĂ©tĂ©rioration du papier et demande aux Ă©diteurs de fournir pour les bibliothĂšques quelques exemplaires sur bon papier, en vain. [_Pierre Cockshaw et Wim De Vos, Bulletin de lâAcadĂ©mie royale de Belgique, 1994_](https://www.persee.fr/doc/barb_0001-4133_1994_num_5_7_38481). Le problĂšme prend de lâampleur et est constatĂ© au niveau mondial. Si vous avez fait des recherches dans des services dâarchives par exemple, vous lâaurez peut-ĂȘtre constatĂ©. En 1978, la BibliothĂšque nationale (qui ne sâappelait pas encore de France), procĂšde Ă des [sondages dans ses collections](https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1982ćčŽ12æ06æ„89-002), le rĂ©sultat est consternant.>Documents nĂ©cessitant un traitement plus ou moins approfondi : Cartes et plans : 36 430 feuilles Estampes et photographies : 2 575 990 feuilles Livres imprimĂ©s : 670 000 volumes Manuscrits : 13 000 volumes Musique : 334 000 volumes, 3 770 feuilles Publications officielles : 22 200 volumes Arts du spectacle : 23 000 volumes, 3 141 000 feuilles. Un budget de dix millions de francs (environ 1,5 millions dâeuros) par an sur une pĂ©riode de dix Ă quinze ans est rĂ©servĂ© Ă ce poste. Les documents seront traitĂ©s dans le tout nouveau centre de conservation et de communication des documents imprimĂ©s et manuscrits de la BibliothĂšque nationale Ă SablĂ© dans la Sarthe. Les solutions prĂ©conisĂ©es Ă lâĂ©poque sâorientaient vers le micro-filmage des documents et leur restauration. Mais pas forcĂ©ment pour tout, compte-tenu de lâimportance de la masse Ă traiter et des coĂ»ts dâune opĂ©ration chronophage et rĂ©clamant, quâil sâagisse du micro-filmage ou de la restauration, des soins particuliers. En 1994 Pierre Cockshaw et Wim De Vos estimaient que les micro-films, dont la longĂ©vitĂ© estimĂ©e va de cent Ă cinq-cent ans, Ă©tait :> une Ă©tape prĂ©alable Ă tout procĂ©dĂ© de lecture optique qui se rĂ©alise plus facilement Ă partir dâun micro-film lisse quâĂ partir de la surface rude dâun papier. Ă lâĂ©poque, en effet, la technologique informatique ne permettait pas dâenvisager :>dâabsorber la grande masse de documents qui repose dans les bibliothĂšques _(Pierre Cockshaw et Wim De Vos)_. En outre, le coĂ»t, prohibitif, et la durĂ©e des matĂ©riels, limitĂ©e, Ă©taient un Ă©norme frein. Cette politique de micro-filmage a Ă©tĂ© lancĂ©e en 1990. Un consortium de bibliothĂšques se rĂ©unit pour crĂ©er ce qui deviendra une fondation, [lâEROMM (European Register of Microform and Digital Masters)](https://www.eromm.org/) en 1994. Elle aura pour objectif de tenir un registre des micro-formes maĂźtres afin dâĂ©viter des doublons. Le site est toujours en ligne, mais plus mis Ă jour depuis 2022. # Histoires dâĂ©crits, histoires de vies Il a Ă©tĂ© difficile de rĂ©sister Ă donner ces quelques exemples qui mettent en scĂšne une vie « quotidienne » et qui montrent tout ce que nos traces peuvent dire de nous sur des supports matĂ©riels diffĂ©rents (mais tous numĂ©risĂ©s actuellement). On notera que les fax des annĂ©es 1980-1990, ou mĂȘme certaines facturettes de maintenant, vieillissent nettement moins bien, et sont devenus assez vite illisibles. ## RĂ©clamation dâun client mĂ©sopotamien mĂ©content, vers 1750 avant notre Ăšre Cette petite tablette dâargile, 11,6 centimĂštres de haut sur 5 de large et 2,6 dâĂ©paisseur, qui, semble-t-il, est devenu un mĂšme sur internet (je lâai dĂ©couverte grĂące Ă un rĂ©seau social). ConservĂ©e au British Museum, câest la premiĂšre plainte dâun client Ă un fournisseur qui nous soit parvenue. En lâespĂšce, lâauteur, Nanni, reproche Ă son fournisseur de cuivre, Ea-nÄáčŁir, aprĂšs son refus de prendre le cuivre eu Ă©gard la faible qualitĂ© des lingots, dâavoir gardĂ© lâargent avec lequel Nanni les avait payĂ©s et de lâavoir traitĂ© par-dessus la jambe. Il va sans dire que ces Ă©changes avaient Ă©tĂ© consignĂ©s :> [sur une tablette scellĂ©e gardĂ©e dans le temple de Ć amaĆĄ.](https://fr.wikipedia.org/wiki/Tablette_de_plainte_%C3%A0_Ea-nasir) Desquelles tablettes on nâa pas de trace pour autant que je sache.  _La tablette de rĂ©clamation de Nanni envers son vendeur de cuivre indĂ©licat vers 1750 av. notre Ăšre, conservĂ©e au British Museum, photo Zunkir._ ## Les tablettes de Vindolanda, vers 87 Vindolanda, dans le nord de lâAngleterre, est le site dâun ancien fort romain. La premiĂšre tablette y a Ă©tĂ© dĂ©couverte en 1973. CâĂ©tait une petite planche de bois de la taille dâune carte postale actuelle. AprĂšs cette tablette, plus de 1 800 autres ont Ă©tĂ© trouvĂ©es sur le site, ainsi que de nombreux artefacts. On Ă©crivait sur ces tablettes soit directement Ă lâencre, soit, sur une couche de cire dâabeille. Il semblerait que les versions (environ 400) avec la cire aient Ă©tĂ© plutĂŽt rĂ©servĂ©es aux Ă©crits plus officiels. Quoiquâil en soit, câest une mine dâinformation sur la gestion dâun camp romain, mais aussi sur la vie quotidienne dans le camp. Câest ainsi que lâon sait que Claudia Severa avait invitĂ© la femme du commandant du fort, Sulpicia Lepidina, Ă une fĂȘte dâanniversaire (par contre je ne sais pas si câest le sien ou celui de quelquâun dâautre).  _Claudia Severa invite Sulpicia Lepidina Ă une fĂȘte dâanniversaire vers 87 av. notre Ăšre. Tablette de Vindolanda Ă©crite Ă lâencre, photo de Michel Wal._ ## Nicolas Flamel (entre 1330 et 1340 â 1418) Nicolas Flamel et sa femme sont, notamment, des personnages clĂ©s, quoique totalement absents, du premier tome des aventures de Harry Potter : _Harry Potter Ă lâĂ©cole des sorciers_. Nicolas Flamel a acquis, assez tardivement et bien aprĂšs sa mort Ă Paris, oĂč il a vĂ©cu toute sa vie, la rĂ©putation dâalchimiste. Ătienne-François Villain, dans son _Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme_ (page 2), un texte basĂ© sur les divers actes et Ă©crits laissĂ©s par Nicolas Flamel, signale que ce dernier :> prend dans les actes faits en son nom la qualitĂ© de bourgeois de cette capitale : il y ajoute toujours celle dâEcrivain, & enfin, mais fort tard, on le trouve qualifiĂ© Libraire JurĂ© en lâUniversitĂ© de Paris. Et ajoute :>Quant Ă Pernelle sa femme, nous ignorons le lieu de sa naissance & quels Ă©taient ses parens : elle pouvoit ĂȘtre nĂ©e Ă Paris, ayant une sĆur Ă©tablie dans cette Ville, & sây Ă©tant elle-mĂȘme mariĂ©e deux fois avant que dâĂ©pouser Flamel. La rĂ©surgence de Nicolas Flamel dans les mĂ©moires au XVIII^e est due, selon toute probabilitĂ©, au fait quâil existe une documentation plutĂŽt abondante dans les archives de notaires et de tribunaux sur sa personne. Abondance qui pourrait paraĂźtre curieuse pour un « simple » bourgeois, Ă©crivain, qui Ă©tait peut-ĂȘtre chicanier, la famille de sa femme lâa Ă©tĂ© sans nul doute, et qui Ă©tait trĂšs pieux. Entre lâhĂ©ritage de son Ă©pouse, doublement veuve, et le fruit de son travail, il avait acquis une certaine aisance. Aisance grossie par les tenants de lâhypothĂšse dâun Flamel alchimiste qui nâont pas Ă©tudiĂ© rĂ©ellement le testament de Nicolas Flamel dont un double figure Ă la BnF. Et, puisque lâon parle de conservation, il sâagit dâun document (en parchemin) de plusieurs pages avec une reliure en demi-parchemin, tachĂ© par endroits mais en plutĂŽt bon Ă©tat.  _Signature de sans doute pas Nicolas Flamel. Ă droite, le tampon BibliothĂšque impĂ©riale, lâactuelle BnF, hĂ©ritiĂšre de celle de Charles V a changĂ© plus dâune fois de nom au cours de son histoire. Le dĂ©pĂŽt lĂ©gal qui constitue une bonne part son fond a Ă©tĂ© instaurĂ© par François 1^er en 1537._ Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les archives, de notaire notamment, mais pas que, les actes divers : Ă©tat-civil, brevets et patentes professionnels, dĂ©clarations de crĂ©ation dâentreprises, jugements divers, etc. sont des sources dâinformations qui permettent dâen savoir assez long sur une personne. Des sources de plus en plus numĂ©risĂ©es. # LâĂšre informatique La « dĂ©matĂ©rialisation » ne signifie pas lâabsence de toute matĂ©rialitĂ©. Et câest bien le problĂšme. LâaccĂšs aux documents informatisĂ©s repose sur quatre facteurs : - le support de conservation, - les matĂ©riels, ordinateurs, Ă©crans, etc., - les logiciels qui permettent dây accĂ©der, - les formats des fichiers. Ce qui fait quatre sources de problĂšmes pour accĂ©der aux donnĂ©es ainsi conservĂ©es. ## Au commencement Ă©tait le papier MĂȘme avec les ordinateurs ! On laissera de cĂŽtĂ© lâIBM 604 qui faisait saigner les doigts de [Marion CrĂ©hange](https://linuxfr.org/news/marion-crehange-l-informatique-au-service-des-sciences-humaines#toc-et-un-parcours). Mais, aux dĂ©buts de lâinformatique, on dialoguait avec les ordinateurs avec du papier : cartes et bandes perforĂ©es pour les programmes et sorties imprimantes pour les rĂ©sultats. Les premiĂšres ont Ă©tĂ© utilisĂ©es jusquâĂ la fin du millĂ©naire prĂ©cĂ©dent. Inutile de dire que les ordinateurs aux premiers temps de lâinformatique nâĂ©taient pas vraiment un outil de conservation idĂ©al de lâĂ©criture. Les premiers ordinateurs avec clavier et Ă©cran apparaĂźtront Ă la fin de la dĂ©cennie 1970, de mĂȘme que le concept dâordinateur personnel. ## Les supports magnĂ©tiques et autres supports souples La souplesse ici, est celle du support lui-mĂȘme, pas de son contenant. Le support magnĂ©tique, inventĂ© en 1888, a Ă©tĂ© le premier et est toujours un support utilisĂ© pour stocker les donnĂ©es. Sous forme de bande au dĂ©but. Ce qui faisait un dĂ©cor tout trouvĂ© pour les films de science-fiction des annĂ©es 1970-1990 qui pouvaient montrer des murs de boitiers avec des fenĂȘtres laissant voir les bandes magnĂ©tiques en train de tourner.  _Bande magnĂ©tique Bull conservĂ©e au musĂ©e du CNAM, Paris._ Ensuite, avec lâarrivĂ©e des ordinateurs personnels ce sont les cassettes audio qui faisaient travailler lâordinateur et stockaient les donnĂ©es. Parfois au format standard, [Dick Francis](https://fr.wikipedia.org/wiki/Dick_Francis_(%C3%A9crivain)) dans le polard _Le Professeur_ (1981) met en valeur comme Ă©lĂ©ment clĂ© de lâintrigue une cassette audio qui comporte en fait un programme pour gagner au tiercĂ©, parfois pas. De toute façon, Ă cette Ă©poque chaque marque dâordinateur avait son systĂšme dâexploitation spĂ©cifique, inter-opĂ©rable avec rien. Les bandes magnĂ©tiques ne sont pas un outil idĂ©al pour travailler : on ne peut aller directement dâun endroit Ă un autre, ce qui rend le processus lent. En revanche, les bandes magnĂ©tiques encore maintenant sont un support de sauvegarde trĂšs adaptĂ© aux grandes quantitĂ©s de donnĂ©es. Par exemple, la technologie Fujifilm/IBM permet de stocker jusquâĂ 500To de donnĂ©es. Mais, Ă©videmment, elles ne sont pas exemptes dâinconvĂ©nients. TrĂšs vite, les supports matĂ©riels se sont diversifiĂ©s, avec lâapparition des disquettes dont la taille diminuera en mĂȘme temps que croissaient leurs capacitĂ©s de stockage. MĂȘme si, assez vite, elles nâont pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des supports de stockages suffisants. Pour cela et pour un niveau plus individuel, il y a eu des supports Ă mi-chemin de la disquette et du disque dur, par exemple les [ZIP](https://fr.wikipedia.org/wiki/Disque_ZIP).  _Vue Ă©clatĂ©e dâune disquette 3 pouces 1/2 conservĂ©e au musĂ©e du CNAM, Paris._ ## Les autres supports Les bandes magnĂ©tiques ne supportaient pas bien les vibrations ce qui, pour aller sur la Lune, posait problĂšme. Autant dire quâembarquer un systĂšme informatique fonctionnant Ă base de ce type de support Ă©tait inenvisageable. On est en 1969, les disques optiques numĂ©riques nâexistent pas encore, pas plus, Ă©videmment, que les mĂ©moires SSD. Solution : la mĂ©moire en tore de ferrite. C'est un assemblage de fils qui passaient dans des rondelles mĂ©talliques, tissĂ©es Ă la main par des femmes, [les _LOL_, _Little Old Ladies_](https://www.amusingplanet.com/2020/02/that-time-when-computer-memory-was.html).  _MĂ©moire en tore de ferrite conservĂ©e au musĂ©e du CNAM, Paris._ ApparaĂźtront ensuite, dans les annĂ©es 1980 les disques optiques numĂ©riques (DON) avec leurs variantes : CD, DVD, Blue-Ray etc. Puis les cartes SD, MicroSD et Ă©quivalents. Ce sont des supports dâarchivages formidables rĂ©putĂ©s quasiment inusables pour certains. Il reste un lĂ©ger petit problĂšme : celui des lecteurs et de leur persistance dans les ordinateurs. ## Les logiciels et les systĂšmes dâexploitation On a un support dâarchivage super, du matĂ©riel pour le lire. Ăa ne suffit pas pour y accĂ©der ! Encore faut-il que lâon dispose des logiciels susceptibles dâouvrir les formats de documents. Les dĂ©buts de lâinformatique sont un cimetiĂšre de formats et de systĂšmes dâexploitation (SE). De systĂšmes dâexploitation pour commencer : chaque fabricant dĂ©veloppait le sien, et rien nâĂ©tait inter-opĂ©rable. Les disquettes de donnĂ©es ne passaient pas dâun SE Ă un autre. Le bulldozer Microsoft a rĂ©ussi au moins, en laissant, certes, un champ de ruines derriĂšre lui, Ă ce que cette situation change. Câest en 1992 par exemple que Microsoft, qui nâavait plus guĂšre de concurrents, sâest rapprochĂ© dâApple, lâidĂ©e Ă©tait que les deux SE puissent se parler. Il y avait eu aussi un fourmillement de logiciels, chacun avec ses propres formats de fichiers. Toujours est-il quâil y a une immense masse donnĂ©es inexploitable du fait de logiciels « perdus ». Câest lĂ quâintervient le projet [Software Heritage](https://www.softwareheritage.org/?lang=fr), lancĂ© en 2015 sous forme dâassociation Ă but non lucratif et dont lâambition > est de collecter, prĂ©server et partager tous les logiciels disponibles publiquement sous forme de code source. Sur cette base, de nombreuses applications pourront en effet ĂȘtre créées, dans des domaines aussi variĂ©s que le patrimoine culturel, lâindustrie et la recherche. Le fondateur ? Roberto Di Cosmo, auteur dâun [brĂ»lot sur Microsoft] (https://www.dicosmo.org/HoldUp) et forcĂ©ment sensibilisĂ© au problĂšme des logiciels privateurs. Aujourdâhui, Software Heritage recense 251 millions de projets et plus de 16 milliards de fichiers de code source uniques. Une tĂąche pas facile quand on sait quâen 2018, il y avait 8 500 langages rĂ©pertoriĂ©s. Qui alimente la base de donnĂ©es ? Tout un chacun ! Le site propose une interface permettant de tĂ©lĂ©charger les sources. ## Alexandrie une bibliothĂšque numĂ©rique construite en -323 Plus prĂ©cisĂ©ment, cette bibliothĂšque Ă©gyptienne fĂ»t créée sous la dynastie PtolĂ©maĂŻque, donc entre 330 et 323 avant notre Ăšre. On connaĂźt les grandes lignes de son histoire : elle prospĂšre jusquâau rĂšgne de PtolĂ©mĂ©e VIII (182 â 116 av. notre Ăšre) pour ensuite dĂ©cliner vers -145 et disparaĂźtre on ne sait pas exactement quand et probablement pas dans un incendie. Elle aurait pĂ» contenir jusquâĂ 500 000 livres. Tout ça ne nous fait pas une bibliothĂšque numĂ©rique, seulement, Ă©ventuellement, un tas de ruines pour les archĂ©ologues. En revanche [celle construite avec le soutien de lâUnesco](https://www.progres.net.eg/la-bibliotheque-dalexandrie-un-pont-culturel-entre-les-rives-de-la-mediterranee/) et inaugurĂ©e en 2002, oui. Elle a Ă©tĂ© classĂ©e premiĂšre bibliothĂšque numĂ©rique du 21^e siĂšcle et contient plus 800 000 livres ainsi que 700 papyrus. Elle propose aussi 600 postes de consultation en ligne. Son fond est Ă la fois matĂ©riel et immatĂ©riel. Elle est proposĂ©e Ă lâinscription au patrimoine mondial de lâUnesco. Et ça permet dâajouter Ă cette partie une note plus positive. ## Lâinformatique, la solution ? Oui mais Câest une solution en effet parce que, on lâa vu plus haut, cela permet dâouvrir un large accĂšs Ă des documents Ă©crits, sur quelque support que ce soit, qui peuvent ĂȘtre consultĂ©s partout et sauvegardĂ©s en x exemplaires. Câest une solution efficace aussi pour les archives personnelles ou dâentreprises. Cela ne fait aucun doute. Mais ! Outre que les supports informatiques sont sujets Ă subir quelques-uns des problĂšmes du papier, incendies, inondations, insectes, ils ont eux-mĂȘmes leurs propres faiblesses. Les supports rĂ©putĂ©s « inusables » ou « inaltĂ©rables » se rĂ©vĂšlent plus fragiles que prĂ©vu et moins durables. Ils se dĂ©modent et finissent par ne plus ĂȘtre utilisables, faute de matĂ©riel adĂ©quat pour y accĂ©der. Et, enfin, tout ce qui est en ligne, notamment, est susceptible Ă un moment dâavoir affaire Ă diverses attaques informatiques. Dans une sociĂ©tĂ© totalement numĂ©risĂ©e, la vigilance doit, sur le plan des archives et documents, ĂȘtre constante. Mais, et lĂ se pose aussi pour les livres, notamment, la question des droits dâauteur. Tant quâun livre est couvert par le droit dâauteur et sâil nâexiste pas en version Ă©lectronique, il nâest pas possible lĂ©galement de le numĂ©riser pour le diffuser. Il y a encore des maisons dâĂ©ditions qui ne publient pas leurs livres, ou pas tous, dans des formats numĂ©riques, PDF ou EPUB. Il ne sâagit pas forcĂ©ment de « beaux livres » ce qui peut ĂȘtre une bonne raison de ne les avoir que sous forme matĂ©rielle. Bien Ă©videmment, les maisons dâĂ©ditions nâont pas forcĂ©ment numĂ©risĂ© tout leur fond ancien, qui peut avoir Ă©tĂ© imprimĂ© sur du mauvais papier. # Fust et Schöffer : une police mĂ©diĂ©vale Comme les autres dĂ©pĂȘches vous ont prĂ©sentĂ© une police de caractĂšres, il fallait, Ă©videmment quâil y en ait une dans celle-ci. La [police Fust & Schoeffer (le lien ouvre directement sur le tĂ©lĂ©chargement de la police)](https://anrt-nancy.fr/media/pages/fonts/gotico-antiqua/0d198ed659-1678381500/gotico-antiqua_durandus-118g.zip) a, en outre, le grand mĂ©rite de parler de lâhistoire de lâimprimerie et de la typographie. Fust, câest le financeur, de Gutenberg notamment. Schoeffer, câest le copiste et calligraphe qui commença comme apprenti dudit Gutenberg. Il lâaidera Ă mettre sa presse typographique au point. Schoeffer quittera son maĂźtre aprĂšs le procĂšs intentĂ© par Fust Ă Gutenberg. Il rejoindra Fust qui avait rĂ©cupĂ©rĂ© le matĂ©riel de Gutenberg. Il Ă©pousera aussi la fille de Fust. Cette police a Ă©tĂ© créée par lâAtelier National de Recherches Typographiques de Nancy (ANRT) dans le cadre de son travail de « re-crĂ©ation » des polices mĂ©diĂ©vales et câest, Ă©videmment, une police de type gothique. Le romain que nous utilisons actuellement, ne sera créé, par Nicolas Jenson, que vers 1470. Le premier ouvrage de lâimprimerie de Fust et Schoeffer est sorti en 1459. Câest une police Ă©lĂ©gante qui ne comporte que les vingt-six lettres de lâalphabet. Ă utiliser donc surtout pour lâornement : des titres par exemple.  # Dans la fabrique de la dĂ©pĂȘche Pour cette dĂ©pĂȘche, qui bien que longue est trop succincte, jâai donc consultĂ©, lu, utilisĂ© et souvent apprĂ©ciĂ© les sources suivantes citĂ©es dans leur ordre dâapparition, ou Ă peu prĂšs, dans le corps de lâarticle. ## Sur lâĂ©criture elle-mĂȘme - [LâĂ©criture chinoise : plongĂ©e dans lâorigine et lâhistoire des caractĂšres](https://chine365.fr/culture/ecriture-origine/), chine365.fr. ## Sur la difficultĂ© de conservation du papier - Elisabeth Lalou : [Les tablettes de cire mĂ©diĂ©vales : support, surface](https://irht.hypotheses.org/423), Institut de Recherche et dâHistoire des textes (IRTH), 7 mars 2002. - Maria JosĂ© de Azevedo Santos : [Remarque sur les conditions de conservation des actes et des livres au Portugal (XII^e-XV^e siĂšcles)](https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1996_num_50_2_1781), Scriptorium Tome 50, N° 2, 1996. On peut le lire en ligne, tĂ©lĂ©charger un PDF ou rĂ©cupĂ©rer le texte brut. - ARAAFU : CRBC (Conservation-restauration des biens culturels) N°38, 2022 â [PDF Ă tĂ©lĂ©charger](http://araafu.com/crbc-n-38). Notamment pour lâarticle sur _Les papyrus mĂ©diĂ©vaux des Archives Nationales : faux et usage de faux_ de SolĂšne Girard et _Le fonds Pelliot (BnF) : histoire de la restauration dâune collection, vers une meilleure comprĂ©hension de son Ă©tat de conservation et lâĂ©laboration dâun protocole de restauration_ dâĂmilie Arnaud. Chaque article peut ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ© sĂ©parĂ©ment. - Jean-Marie Arnoult : [Le centre de conservation et de communication des documents imprimĂ©s et manuscrits de la BibliothĂšque nationale (SablĂ©, Centre JoĂ«l Le Theule)](https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1982ćčŽ12æ06æ„89-002), BBF (Bulletin des bibliothĂšques de France), t. 27, N°12, 1982. Article en ligne, on peut tĂ©lĂ©charger ce qui semble ĂȘtre une version originale. - Pierre Cockshaw, Wim De Vos : [Le livre imprimĂ© depuis 1830 et ses problĂšmes de conservation](https://www.persee.fr/doc/barb_0001-4133_1994_num_5_7_38481), N° 7-12, 1994. On peut le lire en ligne, tĂ©lĂ©charger un PDF ou rĂ©cupĂ©rer le texte brut. ## Les trois exemples - [Tablette de plainte Ă Ea-nasir](https://fr.wikipedia.org/wiki/Tablette_de_plainte_%C3%A0_Ea-nasir), WikipĂ©dia. - Tom Metcalfe : [Ces tablettes antiques donnent un aperçu de la vie au sein de lâarmĂ©e romaine](https://www.nationalgeographic.fr/histoire/rome-antique-ces-anciennes-tablettes-nous-devoilent-la-vie-au-sein-de-larmee-romaine), National Geographic, 24 mai 2023. - Le [site officiel des tablettes de Vindolanda (lien en anglais)](http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/). - Ătienne-François Villain (17?â1784) : [Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme ; recueillie dâactes anciens qui justifient lâorigine & la mĂ©diocritĂ© de leur fortune, contre les imputations des alchimistes. On y a joint le testament de Pernelle & plusieurs autres piĂšces...](https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31579381n), G. Desprez (Paris, 1761. - Nicolas Flamel : [testament](https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52507081h/f8.item#) tĂ©lĂ©chargeable aux formats PDF et JPG. - Une rapide mais prĂ©cise [histoire de la BibliothĂšque nationale de France](https://www.bnf.fr/fr/histoire-de-la-bibliotheque-nationale-de-france), BnF. ## Lâinformatique - Quentin Gesp : [Qui a inventĂ© lâordinateur ?](https://www.caminteresse.fr/societe/qui-a-invente-lordinateur-11118605/), Ăa mâintĂ©resse, 13 juin 2019. - [Bande magnĂ©tique](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_magn%C3%A9tique), WikipĂ©dia. - [Stockage d'information](https://fr.wikipedia.org/wiki/Stockage_d%27information), WikipĂ©dia. - [Quâest-ce quâune bande magnĂ©tique ?](https://digitalrecovery.com/fr/qu-est-ce-qu-une-bande-magnetique/), Digital Recovery (câest un site dâentreprise, mais câest lâarticle le plus complet prĂ©cis en français que jâai vu sur le sujet, je nâai aucun avis sur lâentreprise dont jâignore tout). - Chris Mellor : [50TB IBM tape drive more than doubles LTO-9 capacity](https://blocksandfiles.com/2023/08/23/50tb-ibm-tape/), Blockd and files, 23 aoĂ»t 2023. - Joshua J. Mark, trad. Babeth ĂtiĂšve-Cartwright : [BibliothĂšque d'Alexandrie] (https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10883/bibliotheque-dalexandrie/), 23 juillet 2023. - Dick Francis (1920 â 2010) : *Le Professeur*, 1981 â trad. Olivier Costa de Beauregard, Jean DieudonnĂ©, Maurice Loi â 10-18 (1994) â EAN : 9782264001023. - Kaushik Patowary : [That Time When Computer Memory Was Handwoven by Women](https://www.amusingplanet.com/2020/02/that-time-when-computer-memory-was.html), 20 fĂ©vrier 2020. - GuĂ©naĂ«l PĂ©pin [Software Heritage, le dĂ©fi d'une archive mondiale du code source](https://www.nextinpact.com/article/28497/106719-software-heritage-defi-dune-archive-mondiale-code-source), 14 juin 2018. - [La bibliothĂšque dâAlexandrie, un pont culturel entre les rives de la MĂ©diterranĂ©e](https://www.progres.net.eg/la-bibliotheque-dalexandrie-un-pont-culturel-entre-les-rives-de-la-mediterranee/ ), 21 octobre 2022. ## Pour complĂ©ter Cette dĂ©pĂȘche prenant des allures de fleuve, il me paraĂźt plus simple et plus efficace de fournir des liens sur ces sujets vitaux que sont la conservation de nos propres documents numĂ©riques : fiches de paie, factures, contrats etc. Informations valables pour la France seulement, dĂ©solĂ©e. - Service-Public.fr : [Comment conserver ses papiers : support papier ou Ă©lectronique ?](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31215), 13 octobre 2022. - Code du travail numĂ©rique : [Quels sont les dĂ©lais de conservation des documents pour les entreprises ?](https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/quels-sont-les-delais-de-conservation-des-documents-pour-les-entreprises), 1^er janvier 2023. - Francenum.gouv.fr : [Comment sĂ©curiser le stockage de vos documents grĂące au coffre-fort numĂ©rique ?](https://www.francenum.gouv.fr/guides-et-conseils/pilotage-de-lentreprise/dematerialisation-des-documents/comment-securiser-le), 28 mars 2022. Si vous voulez accĂ©der Ă toutes les [polices de lâANRT](https://anrt-nancy.fr/fr/fonts/). Ce sont essentiellement des polices mĂ©diĂ©vales. Outre Fust et Shoeffer (aussi Ă©crit Fust et Shöffer), on trouvera notamment une police « manuscrite », Chaumont script, une Baskerville Italic ou une police dâinitiales enluminĂ©es, Zainer Initials 45MM. Il y a Ă©galement plusieurs polices « proto-roman », câest-Ă -dire de caractĂšres plus vraiment gothiques (rien Ă voir lâanglais « gothic », qui, pour une fonte, signifie que les caractĂšres nâont pas dâempattement) et pas encore comme les types de caractĂšres « romains » que nous utilisons actuellement. En 2018, jâavais Ă©crit un opuscule [Formats ouverts et mĂ©trologie](https://numericoach.net/Formats-ouverts-et-metrologie) qui est une des bases de ma rĂ©flexion sur le sujet mais qui mĂ©rite dâĂȘtre un peu revu (pas tant que ça). Il est tĂ©lĂ©chargeable au format PDF. Les photos ont Ă©tĂ© prises au [musĂ©e du Conservatoire National des Arts et MĂ©tiers (CNAM)](https://www.arts-et-metiers.net/), Ă Paris, un lieu fabuleux que je vous recommande trĂšs trĂšs chaudement. Prenez du temps parce que le musĂ©e est grand mais aussi parce quâon termine par lâancienne Ă©glise de Saint-Martin-des-Champs oĂč se trouve [le pendule de Foucault](https://www.arts-et-metiers.net/musee/demonstration-du-pendule-de-foucault) et que vous ne voudriez pas manquer lâoccasion de voir le pendule faire tomber une des petites chevilles de cuivre qui le parsĂšment. # Postambule Jâavais prĂ©vu de faire une sĂ©rie de dĂ©pĂȘches estivales, et bref, celle-ci, qui devrait ĂȘtre suivie par deux autres de la mĂȘme sĂ©rie, je pense, ne paraĂźt quâĂ peu prĂšs au moment de la « rentrĂ©e ». Il va, en effet, falloir s'attaquer Ă la question des formats. Par ailleurs, et câest une question que je vous pose. La sĂ©rie de journaux de Funix est bien intĂ©ressante et bien faite, jâen ai fait un EPUB pour mon usage personnel, donc sans re-travail ni autre. Mais est-ce que cela vous intĂ©resserait que je retravaille cela pour en faire un livre numĂ©rique comme je lâavais fait avec [Python](https://linuxfr.org/news/python-pour-la-fin-de-l-annee-2021) mais avec une sĂ©lection plus importante des commentaires pour ne garder que ceux apportant rĂ©ellement un complĂ©ment aux journaux ? Jâai fait des progrĂšs en EPUB et en maĂźtrise de Sigil depuis. Ăgalement, jâai passĂ© en EPUB un certain nombre de rĂ©fĂ©rences pour les lire plus confortablement, notamment les documents du [site PersĂ©e](https://www.persee.fr). Si cela vous intĂ©resse, je peux vous les envoyer en privĂ©. Oh, et jâespĂšre que ces histoires de tout ce qui ne va pas ne vous ont pas dĂ©primĂ©.