URL: https://linuxfr.org/news/le-client-de-courriel-eudora-est-devenu-libre Title: Le client de courriel Eudora est devenu libre Authors: pulkomandy Benoît Sibaud, BAud, Davy Defaud, Nils Ratusznik, Nairwolf et palm123 Date: 2018年07月22日T16:38:02+02:00 License: CC By-SA Tags: eudora, computer_history_museum et courriel Score: 50 Pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, Eudora est un client de courriel pour Windows et macOS. Il est apparu en 1988 et a donc été l’un des premiers clients modernes et graphiques, contribuant à populariser le courrier électronique dans sa forme actuelle. _Note : cette dépêche est largement inspirée de [l’annonce du Computer History Museum](http://www.computerhistory.org/atchm/the-eudora-email-client-source-code/) du 22 mai 2018, sans en être une traduction fidèle (oui, il aurait été possible de juste poster un lien, mais cela serait dommage)._ ---- [Annonce du Computer History Museum](http://www.computerhistory.org/atchm/the-eudora-email-client-source-code/) [Téléchargement du code source](http://www.computerhistory.org/atchm/the-eudora-email-client-source-code-license-agreement/) [Le site d’Eudora (sur WebArchive)](http://web.archive.org/web/20061108122959/http://eudora.com:80/) [Le site d'Eudora (sur WebArchive)](http://web.archive.org/web/20061108122959/http://www.soft-net.org/fr/eudora/index.htm) ---- Pour comprendre l’histoire d’Eudora, il faut d’abord comprendre le contexte de l’époque. Pour lire ses courriels, il fallait se connecter d’une façon ou d’une autre à un serveur (avec _rlogin_, l’ancêtre de _ssh_) et, ensuite, lancer diverses commandes pour récupérer ou composer les messages. Avec l’arrivée du Macintosh et des interfaces graphiques sur des machines à un prix accessible, il était grand temps de rendre le courriel facile et accessible à tous. Développé par Steve Dorner, alors employé de l’université d’Illinois, il était publié en graticiel (_freeware_ : gratuit, mais sans les sources). En 1991, le développeur a été embauché par Qualcomm pour poursuivre à plein temps le développement d’Eudora. En effet, Qualcomm voulait déployer l’informatique pour tous ses employés, et il avait pour cela besoin d’un client de courriel approprié, convivial et facile à prendre en main. Cependant, Qualcomm voulait utiliser Eudora également sur des ordinateurs fonctionnant sous MS-DOS, puis sous Windows. Une deuxième version d’Eudora a donc été écrite pour ces systèmes (il ne s’agit pas d’un partage du code source de la version Macintosh, mais bien d’un logiciel entièrement différent, écrit en C++). Comme le logiciel marchait bien dans cette utilisation interne, Qualcomm a décidé de continuer à le diffuser, d’abord sous forme d’un _postcard ware_ (les utilisateurs étaient invités à envoyer une carte postale s’ils appréciaient le logiciel). Plusieurs milliers de cartes postales plus tard, et devant le nombre d’utilisateurs intéressés, Eudora est devenu un partagiciel (_shareware_) : une version gratuite mais avec un bandeau publicitaire et une version payante, au départ une vingtaine de dollars, mais plus tard le prix augmentera jusqu’à 75 dollars, avec une équipe de cinquante personnes travaillant sur le développement du logiciel. Mais en 2006, Eudora avait de plus en plus de mal à trouver sa place. Deux raisons expliquent probablement cela. D’une part, l’adoption grandissante de Microsoft Outlook comme client de courriel dans les entreprises. Et, d’autre part, la version Macintosh d’Eudora n’a jamais été adaptée pour Mac OS X et ne fonctionnait que sous Mac OS 9 ou via l’émulateur « _classic_ » fourni avec les versions suivantes. Malgré des utilisateurs fidèles et heureux de l’utiliser, il ne représentait pas de grands bénéfices pour Qualcomm, qui a finalement choisi de se recentrer sur ses activités principales (les circuits intégrés). Une tentative de faire [une version d’Eudora basée sur Thunderbird](https://linuxfr.org/news/eudora-soffre-une-cure-de-jouvence-et-passe-%C3%A0-lopensource) a été lancée, sans grand succès. Le logiciel est ensuite tombé dans l’oubli. Mais c’était sans compter sur le [Computer History Museum](http://www.computerhistory.org) qui, depuis cinq ans, est en discussion avec Qualcomm pour pouvoir archiver les sources d’Eudora. Ils n’en sont pas à leur premier essai, puisque le musée propose aujourd’hui de télécharger (sous licence non libre) le code de MS-DOS, de son ancêtre CP/M, ou encore des premières versions de Microsoft Word ou d’Adobe Photoshop. Cependant, Qualcomm a fait un choix différent. Plutôt que de publier les sources avec une licence restrictive, il a choisi de transférer le copyright au Computer History Museum et d’appliquer la licence BSD. Comme souvent dans ce genre de cas, les sources publiées ne sont pas directement utilisables, car les parties de bibliothèques propriétaires utilisées ont été retirées. Il faudra donc remplacer les morceaux manquants. La version pour Windows comporte presque 9 000 fichiers C++ pour un total de 458 Mio. La version Macintosh, elle, est écrite en C et comporte environ 1 500 fichiers, pour un total de 70 Mio.

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