URL: https://linuxfr.org/news/interview-de-cedric-frayssinet-contributeur-d-openstreetmap-et-formateur Title: Interview de Cédric Frayssinet contributeur d’OpenStreetMap et formateur Authors: Ysabeau 🧶 ZeroHeure, Davy Defaud, palm123, Benoît Sibaud et Nils Ratusznik Date: 2019年05月14日T17:43:32+02:00 License: CC By-SA Tags: openstreetmap, formation, éducation_nationale, lyon, libreoffice, ubuntu et firefox Score: 31 Cédric Frayssinet est un fervent utilisateur, contributeur et défenseur d’OpenStreetMap (OSM). À son actif, outre l’enrichissement de la base de données d’OSM, notamment pour la région lyonnaise où il réside, la mise en place de sessions de formation sur la base de données cartographique au sein de l’Éducation nationale. ---- [OpenStreetMap, la cartographie collaborative !](https://dane.ac-lyon.fr/spip/OpenStreetMap-la-cartographie-511) [Intégrer une carte OpenStreetMap sur un ENT Kosmos (vidéo)](https://tube.ac-lyon.fr/videos/watch/06d3e493-9f79-49be-bbf1-f2bb07d53068) [Programme de sciences numériques et technologie de seconde générale et technologique (PDF)](https://cache.media.education.gouv.fr/file/SP1-MEN-22-1-2019/08/5/spe641_annexe_1063085.pdf) [L’instance PeerTube de l’Académie de Lyon ](https://tube.ac-lyon.fr/) ---- ***Non content d’alimenter OpenStreetMap, tu en es un promoteur et un défenseur, qu’est‐ce qui te motive et depuis quand ?*** Je suis inscrit sur OSM depuis 2011 avec très peu de contributions au départ. J’utilisais OSM pour mes déplacements à l’étranger, le fait de disposer de cartes hors‐ligne (cartes et guidage par satellite) était pour moi un atout indéniable. De plus, les _Points Of Interest_ (POI) des cartes sont super utiles pour le touriste : fontaines d’eau, lignes de bus, toilettes publiques, parkings, restaurants, attractions touristiques... Bref, une foultitude d’informations. Puis, de fil en aiguille, j’ai augmenté mes contributions. Je suis réellement plus actif depuis que j’ai intégré OSM dans quelques outils que j’utilise pour le travail. ***Puisque tu parles des « outils que tu utilises pour le travail », peux‐tu nous en dire plus ?*** C’était surtout la carte ici que j’ai faite à partir d’un fichier CSV (avant de savoir que l’on pouvait faire autrement :() sur [le rôle de la DANE](https://dane.ac-lyon.fr/spip/Role-de-la-DANE) et les cartes sur les Espaces Numériques de Travail (ENT) [exemple sur le mien](http://martiniere-diderot.elycee.rhonealpes.fr). Mais, bon, ce n’est pas exceptionnel. En fait, je ne sais pas à partir de quand j’ai vraiment plus contribué, je crois que c’est le côté addictif de la chose ! ***Peux-tu nous dire, aujourd’hui, quel est le résultat de ton action ?*** Ah ah, bonne question. :) Au niveau OpenStreetMap, je fais en sorte que de plus en plus de monde s’intéresse à cet outil en multipliant les petits pas (!) : * [article sur le site de la DANE](https://dane.ac-lyon.fr/spip/OpenStreetMap-la-cartographie-511/) (structure académique pour laquelle je suis déchargé d’un peu de cours) ; * [tutoriel vidéo pour arrêter de promouvoir Google](https://tube.ac-lyon.fr/videos/watch/06d3e493-9f79-49be-bbf1-f2bb07d53068) sur les pages portails des ENT des collèges et lycées ; * intégration de cartes OSM un peu partout... Force est de constater que cela n’a pas porté ses fruits puisqu’à peine 5 % des enseignants connaissaient OpenStreetMap avant mon information que je détaille dans la question d’après. ***Tu organises des sessions de formation à OpenStreetMap, est‐ce que ça a été facile à mettre en place ? A‐t‐il été facile de recruter des enseignants pour suivre les modules ?*** Je tiens d’abord à préciser que ces sessions de formations découlent de l’intégration d’OpenStreetMap dans le programme de seconde, dans la nouvelle matière « Sciences Numériques et Technologie » (SNT). Ainsi, les sessions de formation font partie du plan de formation académique à destination des enseignants qui vont enseigner cette nouvelle matière. Voir le [programme de SNT](https://cache.media.education.gouv.fr/file/SP1-MEN-22-1-2019/08/5/spe641_annexe_1063085.pdf) (page 14, pour la cartographie) [N. D. L. R. : PDF fait avec Word 2010...]. Ces enseignants ont donc été désignés par le chef d’établissement ou sont volontaires pour enseigner les SNT l’année prochaine. ***Quel est le contenu de ces sessions et leurs objectifs ?*** Ces formations sont plutôt des informations, car la cartographie numérique est juste une des sept thématiques que les élèves devront aborder. On pourrait y passer l’année, on n’y passera que cinq ou six semaines. Dernièrement, j’ai donc eu trois groupes de vingt‐deux enseignants durant 1 h 30 uniquement (à terme, ce seront trois cent enseignants qui auront cette information). L’objectif majeur est de leur apporter des connaissances sur la cartographie numérique : * qu’est‐ce qu’une carte ? * produire une carte avec des données statistiques ; * présenter OSM et sa particularité, éventuellement comparer avec d’autres solutions ; * travailler avec les élèves sur une carte OSM ; * contribuer à OSM avec les élèves, les outils disponibles, notamment les smartphones, les points d’attention ; * créer une carte numérique avec des photos géolocalisées (uMap) ; * créer une carte avec le langage Python (module folium) ; * sensibiliser ces enseignants, et donc les élèves, aux enjeux de la géolocalisation. J’ai donc utilisé le film _[Nothing to Hide](https://fr.wikipedia.org/wiki/Nothing_to_Hide)_ pour monter une [séquence courte des problématiques](https://tube.ac-lyon.fr/videos/watch/7f90f01e-2b9c-49de-a5d0-5c364b481023/) (lien en anglais) liées aux méta‐données. Ce sont des éléments de langage qui sont au programme de SNT. ***Sur le plan professionnel, avec quel système d’exploitation travailles‐tu et avec quels logiciels libres ?*** J’utilise exclusivement Ubuntu, dans sa version 18.04 sur le portable du boulot (initialement livré avec Windows par le rectorat). Au lycée, j’ai installé du Ubuntu 16.04 dans les salles Informatiques (double _boot_ avec Windows 7), du Ubuntu 14.04 dans les salles de SSI et STI2D (double _boot_ avec Windows 7) et du Xubuntu 14.04 au CDI en simple _boot_. Tu noteras que j’ai du pain sur la planche pour migrer tout cela. Mes élèves travaillent donc, avec moi, à 80 % sur du GNU/Linux. ***Quelle est ta distribution GNU/Linux préférée et pourquoi, quels sont tes logiciels libres préférés ?*** Ma distribution GNU/Linux préférée est sans conteste Ubuntu, même si je n’ai pas été très fan de l’interface Unity. J’apprécie beaucoup la simplicité d’installation, la très bonne compatibilité avec le matériel, le nombre de logiciels disponibles et le suivi de ces logiciels dans des versions récentes... De plus, la documentation est excellente ! J’aime de nombreux logiciels libres, à titre professionnel, j’utilise beaucoup : * **LibreOffice**, pour une partie de mes cours ; * **Scenari**, pour une partie de mes cours et nos supports de formations à la DANE ; * **AMC** qui permet de générer et corriger automatiquement des QCM (et Gummi, pour voir le code LaTeX) ; * **Geany** et **Python**, mais aussi **Shutter** et **VokoScreen** pour les captures ; sinon, **Firefox**, **Thunderbird**, **Cozy**, **VLC**, **Diodon**, **The GIMP**, **WireShark**... ***Quelle question aurais‐tu adoré qu’on te pose ? (évidemment, tu peux y répondre).*** La question aurait pu être : « De quel projet êtes‐vous le plus fier en lien avec le logiciel libre ? ». Et ma réponse aurait été : « réussir à faire installer [une instance du logiciel libre PeerTube au rectorat de Lyon](https://tube.ac-lyon.fr/). » Suite à cette installation, j’ai été énormément sollicité par divers services informatiques du Ministère, ce qui a été une heureuse surprise. De nombreux services au Rectorat utilisent à présent cette solution car le logiciel est abouti, très fonctionnel, simple d’usage et se pose en véritable alternative aux solutions grand public dont personne n’est réellement satisfait, surtout dans le milieu professionnel : publicités, vidéos suggérées, données personnelles... À ce jour, il manque l’intégration d’outils liés à l’annuaire (LDAP, CAS...) et pour le moment, je suis déçu qu’aucune autre académie n’ait franchi le pas. J’attends avec impatience une autre instance académique afin qu’on puisse se fédérer. **Quelle question aurais‐tu détesté qu’on te pose ? (en espérant que je ne l’ai pas posée).** Euh... _Est‐ce que les logiciels libres ont un avenir dans le numérique éducatif ?_ Réponse : « Joker ! » ***Merci beaucoup Cédric.***