URL: https://linuxfr.org/news/inkscape-1-2-vient-de-sortir-avec-tout-plein-de-bonnes-choses-dedans Title: Inkscape 1.2 vient de sortir avec tout plein de bonnes choses dedans Authors: Ysabeau đ§¶ gouttegd, Le Pnume, Cyprien et Pierre Jarillon Date: 2022ćčŽ05æ17æ„T10:26:33+02:00 License: CC By-SA Tags: inkscape, dessin_vectoriel, flatpak, appimage, sortie_version et broderie Score: 112 Au menu des nouvelles fonctionnalitĂ©s de ce formidable logiciel de dessin vectoriel, il y en a qu'on attendait depuis un certain temps. Outre les nouveautĂ©s, il sera question dâextensions, des performances de la version MacOS, de quelques astuces qui pourraient ĂȘtre utiles, nâhĂ©sitez pas Ă partager les vĂŽtres dans les commentaires, et du comment installer ou utiliser les versions AppImage et Flatpak. Sans plus tarder, allons Ă la dĂ©couverte.  ---- [What youâll find inside Inkscape version 1.2 (annonce de la sortie)](https://inkscape.org/news/2022/05/16/inkscape-12/) [Le site d'Inkscape](https://inkscape.org/fr/) [Le dessin scientifique dans Inkscape](https://www.ds-inkscape.net/) [La prĂ©cĂ©dente dĂ©pĂȘche sur la sortie dâInkscape 1.0](https://linuxfr.org/news/sortie-d-inkscape-1-0) [Notes de version](https://media.inkscape.org/media/doc/release_notes/1.2/Inkscape_1.2.html) [Les extensions d'Inkscape](https://inkscape.org/fr/gallery/=extension) ---- # Un Ă©cran de dĂ©marrage, mais quel Ă©cran ! Cette nouveautĂ© qui saute aux yeux, et comment faire autrement que de le voir est bien plus quâun « bĂȘte et classique » Ă©cran de dĂ©marrage. En fait câest une fonctionnalitĂ© trĂšs maligne et qui en dit long sur tout le reste. Car les changements dâinterface que lâon constate sont beaucoup plus que de la cosmĂ©tique. Donc, ce fameux, ou plutĂŽt ces fameux Ă©crans de dĂ©marrage. Il y a trois onglets qui vous forcent Ă aller dans des endroits oĂč, souvent, on ne laisse pas traĂźner la souris. Chacun de ces onglets est dĂ©corĂ© dâune illustration du [concours dâĂ©cran pour Inkscape 1.2](https://inkscape.org/gallery/%3Dabout-screen-contest/contest-for-12/). On peut, Ă©videmment, dĂ©cider de ne plus lâafficher au dĂ©marrage (mais ce serait un peu dommage). Les Ă©crans, de gauche Ă droite, le dernier Ă©tant le premier donc celui qui sâaffiche quand on ouvre Inkscape : - _Bienvenue !_, pour, pour reprendre le texte de lâillustration « sâinstaller confortablement » et configurer son Inkscape Ă sa vue, il y a, Ă©videmment, un thĂšme sombre, soit dit en passant,  - _Soutenu par vous_, un onglet trĂšs futĂ© qui nous invite Ă contribuer et Ă soutenir le logiciel en faisant, Ă©videmment, des liens vers les pages concernĂ©es,  - _Câest lâheure de dessiner_, ce dernier onglet Ă©tant, donc, celui qui sâouvre au dĂ©marrage, il propose soit de choisir entre des modĂšles (tailles) dâimages en fonction de diverses catĂ©gories (pratique pour les fonds dâĂ©cran par exemple), soit de chercher un fichier existant ou dâen crĂ©er un de novo.  # Les boites de dialogues et autres barres dâoutils et de commandes ## Les boites de dialogue Les boites de dialogue peuvent ĂȘtre flottantes, comme avant ou « amarrĂ©es », ce qui est nouveau. Un comportement qui se paramĂštre au niveau du menu `Ădition> PrĂ©fĂ©rences> Interface> FenĂȘtres`. Elles se fixent, dans ce cas Ă droite de la fenĂȘtre et se comportent comme un volet que lâon peut plier et dĂ©plier. Les diffĂ©rentes boites Ă©tant repĂ©rables comme des onglets. Dans une boite, il peut y avoir aussi des onglets comme dans lâexemple de la boite _Aligner et distribuer_ ci-dessous. On peut y voir trois onglets, qui vont de pair avec des fonctionnalitĂ©s nouvelles dans le placement des objets : Aligner, Grille et Circulaire.  On peut ainsi avoir une collection de boites de dialogue ouvertes, mais quand mĂȘme de la place pour travailler sur son Ă©cran (surtout sâil est petit). Et cette façon de structurer les boites de dialogue en onglets rend le travail plus agrĂ©able, notamment la gestion des calques, car il est plus facile de savoir sur quels calques sont les objets.  Le fin du fin, câest que lâon peut aussi faire une recherche dans la boite _PrĂ©fĂ©rences_ pour trouver la fonctionnalitĂ© que lâon cherche. Il y a des gens qui ont bien, et sans doute longtemps, pensĂ© au confort des utilisateurs et utilisatrices finaux. Il ne manque plus que les pantoufles. ## Barres dâoutils et autres On peut, dans le menu des prĂ©fĂ©rences de lâinterface dĂ©cider des icĂŽnes qui vont apparaĂźtre dans les Barres dâoutils. Les palettes se sont refait une beautĂ©, plus pratique surtout. Quand on veut changer de palette, lâaffichage de la liste donne aussi un aperçu des couleurs, ce qui peut ĂȘtre utile. La barre dâoutils elle-mĂȘme est configurable. Quasiment tout est configurable dans cette version dâInkscape dâailleurs. Ă lâusage, cela se rĂ©vĂšle vraiment agrĂ©able.  On notera aussi le fait que, quand on passe, la souris sur une couleur, cela nous donne son nom et son code hexadĂ©cimal. Et câest trĂšs pratique notamment quand on veut utiliser une fonctionnalitĂ© qui demande dâindiquer une couleur mais ne donne pas accĂšs Ă la palette. # Parmi les nouveautĂ©s Câest un choix pas forcĂ©ment objectif et surtout pas exhaustif. Les [notes de version (lien en anglais)](https://linuxfr.org/redirect/110507) sont lĂ pour ça. ## Inkscape accepte les pages multiples Câest intĂ©ressant parce que lâon peut, de ce fait, crĂ©er des documents, notamment pour lâimpression sur plus dâune page. Pour ce faire, il faut descendre tout en bas de la barre dâoutils et appuyer sur lâicĂŽne de Page, qui figure deux pages 1, dessiner la page, et en dĂ©finir la taille si on veut en choisissant, en haut, dans la barre dâoutils **contextuelle**, la taille du document 2.  On peut crĂ©er les pages vides et les remplir ensuite, ou lâinverse. Mais aussi, et câest peut-ĂȘtre ce qui risque dâintĂ©resser le plus de monde sur LinuxFr, importer un pdf avec plusieurs pages pour pouvoir ainsi le modifier. Par exemple, pour remplir un document formulairoĂŻde mais qui en fait nâest pas du tout un formulaire sur le plan technique, et le remplir, ou seulement ajouter un dessin de signature. Ou encore modifier, illustration Ă changer, faute Ă corriger, etc., un pdf existant. Ce qui est diffĂ©rent de ce que lâon peut faire avec un lecteur de pdf tel quâOkular oĂč on nâintervient pas directement sur le document. On peut aussi importer un pdf dans un autre pdf. La limite de lâoutil câest quâon nâa pas de sommaire automatique permettant de naviguer dans le pdf (on ne peut pas tout avoir).  ## Les marqueurs sont complĂštement revus et câest cool ! Si vous aussi vous vous ĂȘtes arrachĂ© les cheveux avec les flĂšches qui, invariablement, Ă©taient tournĂ©es du mauvais cĂŽtĂ©, sachez que câest fini. Cet aspect a Ă©tĂ© repensĂ©, avec des nouveaux marqueurs en prime. On choisit celui que lâon veut, plus visiblement quâavant.  Ensuite on **configure** le tout : taille, orientation, etc. et on peut voir ce que lâon fait.  Et voilĂ un beau marqueur, un nouveau introduit dans cette version, obtenu et placĂ© sans Ă©nervement (les perruquiers vont dĂ©tester Inkscape 1.2). Le corps du crayon adopte la couleur du contour, une option dĂ©sactivable dans les prĂ©fĂ©rences, cela dit. Et on pourra toujours donner les couleurs que lâon veut avec lâextension intĂ©grĂ©e `Modifier les chemins`.  ## Un magnĂ©tisme bien attractif Le magnĂ©tisme, dans Inkscape, est un outil qui facilite lâalignement des objets et des points et leur rĂ©partition. Avec cette version, cette fonctionnalitĂ© sâest beaucoup enrichie notamment avec une possibilitĂ© dâutiliser des options avancĂ©es. On active ces derniĂšres dans le menu `Ăditions> PrĂ©fĂ©rences> Interface> Barre dâoutils` et on coche la case `Options avancĂ©es` sur la ligne `Barre de contrĂŽle du mĂ©canisme`. Il ne reste plus quâĂ cliquer sur la flĂšche en haut Ă droite pour afficher les options. Sur la capture dâĂ©cran ci-dessous, elles sont toutes cochĂ©es, mais ce nâest sĂ»rement pas une bonne idĂ©e.  Ăa fait quoi ? Quand on dĂ©place des objets ou des points, des marqueurs apparaissent qui montrent notamment les distances entre les points de rĂ©fĂ©rence.  ## Plusieurs formats dâexport dâimages Inkscape 1.2 peut exporter dans dâautres formats dâimages que le png, Ă savoir : jpg, Ă©videmment, wepb, Tiff, pdf et divers formats svg. Il est possible de paramĂ©trer la boĂźte de dialogue pour quâelle soit plus bavarde et quâelle affiche les paramĂštres dâexport (soit dit en passant, elle vous fait comprendre que le jpg câest pas terrible). IndĂ©pendamment de cela, elle affiche avec prĂ©cision ce que lâon est en train dâexporter, avec les dimensions et, ce qui sâavĂšre trĂšs utile et va permettre de gagner pas mal de temps, un aperçu de lâobjet Ă exporter. On peut mĂȘme exporter en lot, ce qui gĂ©nĂšre autant de fichiers avec un nom de type « nomdufichiersvg1.png » que dâobjets. . **Ă savoir** : si vous passez par lâexport en lot pour les pdf en plusieurs pages, vous aurez autant de fichiers pdf que de pages. Pour les pdf de plusieurs pages, il faut faire un `Enregistrer sous` pour avoir un seul document. ## Import de SVG depuis le web Les versions prĂ©-1.0 dâInkscape avaient un _Open Clipart Importer_ permettant dâimporter directement une image SVG depuis lâ[Open Clip Art Library](https://openclipart.org). Cette fonctionnalitĂ© a Ă©tĂ© retirĂ©e de la version 1.0, en raison de lâindisponibilitĂ© du site Open Clip Art aprĂšs une attaque par dĂ©ni de service en 2019. Le site Open Clip Art est revenu Ă la vie lâannĂ©e suivante, et la fonctionnalitĂ© dâimport dans Inkscape est rĂ©apparue sous la forme de lâextension _Import Web Image_, qui, avec cette version 1.2 est dĂ©sormais fournie par dĂ©faut avec Inkscape. Comme som nom le laisse supposer, cette extension nâest plus limitĂ©e Ă lâimport depuis Open Clip Art : elle permet lâimport depuis une variĂ©tĂ© de banques dâimages vectorielles en ligne. Aujourdâhui, les banques disponibles sont Open Clip Art bien sĂ»r, mais aussi [Inkscape Community](https://inkscape.org/gallery/) (une galerie pour les utilisateurs et utilisatrices dâInkscape), [Wikimedia Commons](https://commons.wikimedia.org/), [Reactome](https://reactome.org/icon-lib) (avant tout une base de donnĂ©es de rĂ©actions biochimiques, mais qui fournit aussi une banque dâimage sur le thĂšme de la biologie), et [BioIcons](https://bioicons.com/) (une autre banque dâimages sur le thĂšme de la biologie). Pourquoi ce favoritisme apparent dâInkscape pour la biologie ? Le principal dĂ©veloppeur de lâextension _Import Web Image_, Martin Owens, a travaillĂ© de prĂšs avec des biologistes sur plusieurs projets impliquant Inkscape. Il a donc vraisemblablement ~~Ă©tĂ© contaminĂ©~~ Ă©tĂ© sensibilisĂ© aux problĂšmes des biologistes, comme leur incapacitĂ© notoire Ă dessiner une molĂ©cule dâADN correctement â dâoĂč lâintĂ©rĂȘt de pouvoir en importer une toute faite... Lorsquâune image est importĂ©e via _Import Web Image_, Inkscape affiche un court message indiquant les termes sous lesquelles lâimage importĂ©e est disponible (par exemple domaine public, CC0, CC-BY, CC-BY-SA, etc.), permettant de sâassurer que lâutilisation prĂ©vue de lâimage est compatible avec ces termes. Quelques extensions d'Inkscape que vous pourriez aimer, nouvelles ou non =========== Que serait un logiciel libre sans extensions ? Quelques extensions, nouvelles ou pas, intĂ©grĂ©es ou pas, scientifiques ou pas, qui nous ont tapĂ©es dans lâĆil. Un choix trĂšs restreint, il y a des extensions pour des usages et des domaines trĂšs variĂ©s[^1]. Cette nouvelle version du logiciel voit apparaĂźtre une gestion des extensions que lâon retrouve, logiquement, dans le menu `Extensions`. Ce menu ouvre la porte Ă leur gestion, comme de juste, mais aussi Ă la crĂ©ation de nouvelles extensions dans le troisiĂšme volet qui mĂšne vers la page dĂ©diĂ©e du site dâInkscape.  ## Scientific Inkscape [Scientific Inkscape](https://inkscape.org/~burghoff/%E2%98%85scientific-inkscape), Ă©crite par David Burghoff de lâUniversitĂ© de Notre-Dame-du-Lac (Indiana), est une extension initialement conçue pour les chercheurs et chercheuses souhaitant utiliser Inkscape pour prĂ©parer des figures scientifiques avant publication. Elle fournit des outils particuliĂšrement utiles quand on a besoin dâassembler une figure complexe, comprenant notamment des bouts de SVG gĂ©nĂ©rĂ©s ailleurs que dans Inkscape. Par exemple, si vous avez dĂ©jĂ essayĂ© dâimporter dans Inkscape un graphe gĂ©nĂ©rĂ© depuis un script Python/Matplotlib ou R, vous avez probablement remarquĂ© que le code SVG gĂ©nĂ©rĂ© par ces programmes est souvent inutilement complexe et difficilement manipulable dans Inkscape. Scientific Inkscape fournit un outil appelĂ© _Flattener_ qui simplifie la structure du graphe importĂ©, rendant plus facile dâapporter de petites retouches finales au graphe dans la figure finale. Dans la mĂȘme veine, lâoutil _Scale plots_ permet de redimensionner un graphe importĂ© sans affecter lâĂ©paisseur des traits et la taille des textes associĂ©s (lĂ©gende, valeurs numĂ©riques sur les axes, etc.). Lâoutil _Homogenizer_, lui, permet de changer dâun coup tous les textes et tous les traits contenus dans une sĂ©lection pour quâils utilisent tous la mĂȘme police, Ă la mĂȘme taille et avec la mĂȘme Ă©paisseur de trait â trĂšs utile sur une figure composĂ©e Ă partir de sources trĂšs diverses, pour sâassurer que la figure finale est cohĂ©rente sans avoir Ă modifier chaque sous-figure une par une. On lira le [README](https://github.com/burghoff/Scientific-Inkscape) de lâextension pour plus de dĂ©tails sur ce quâelle permet. Pour lâessayer, on utilisera le gestionnaire dâextension dâInkscape,`Extensions> Manage extensions`, et on cherchera _Scientific Inkscape_ dans lâonglet _Install packages_. ## Figure Créée conjointement par Martin Owens dâInkscape et JĂ©rĂŽme Mutterer de lâ[Institut de biologie molĂ©culaire des plantes](http://www.ibmp.cnrs.fr/) du CNRS, lâextension _Figure_ permet dâautomatiser la production de figures scientifiques en faisant appel Ă des programmes externes, auxquels on fait exĂ©cuter du code stockĂ© au sein des propriĂ©tĂ©s dâobjets SVG. Pour lâinstant, trois programmes externes sont supportĂ©s : [ImageJ](https://imagej.net/), un logiciel dâanalyse dâimages, quâon utilisera par exemple pour appliquer un traitement sur une image de microscopie ; [R](https://www.r-project.org/), un langage de calcul, quâon utilisera par exemple pour crĂ©er des graphiques ; et [Processing](https://processing.org/), un langage de dessin gĂ©nĂ©rique, quâon utilisera par exemple pour produire automatiquement des schĂ©mas. Une [prĂ©sentation rapide de lâextension](https://f1000research.com/slides/10-278#) est disponible pour vous faire une idĂ©e de ses possibilitĂ©s. Si vous voulez lâessayer, elle nâest pour lâinstant pas accessible depuis le gestionnaire dâextensions ; il vous faudra la [tĂ©lĂ©charger manuellement](https://inkscape.org/~mutterer/%E2%98%85ij-macro-panel-and-other-figure-extensions) depuis le site dâInkscape, puis utiliser le gestionnaire dâextensions pour lâinstaller au bon endroit. Bien sĂ»r, il vous appartiendra aussi dâinstaller les programmes externes (ImageJ, R, ou Processing) que vous souhaitez utiliser via cette extension. ## Ink/stitch [Ink/stitch](https://inkscape.org/fr/~wwderw/%E2%98%85inkstitch-embroidery-extension) est une extension externe Ă Inkscape, qui a fait lâobjet dâune [dĂ©pĂȘche](https://linuxfr.org/news/extensions-inkscape-brodeuse-et-palettes) et mĂȘme dâun [lien](https://linuxfr.org/users/lolop/liens/broderie-avec-inkscape-ink-stitch). Comme son nom le suggĂšre, câest une extension dont lâobjet est de faire des dessins pour les machines brodeuses, on peut appeler cela de la broderie numĂ©rique si on veut. Cela dit, on peut tout Ă fait utiliser Inkscape pour faire des motifs pour broderie digitale, mais lĂ , on nâa pas besoin dâextension particuliĂšre. ## Texte Une extension intĂ©grĂ©e qui peut permettre de gagner pas mal de temps et avec laquelle on peut rĂ©aliser un certain nombre dâeffets sur le texte comme : - rajouter du faux texte, ce qui est utile quand on travaille sur une maquette, - remplacer la police, ce qui sâavĂšre pratique quand, par exemple, on a une sĂ©rie dâicĂŽnes et de logos avec du texte et quâon veut changer la police de lâensemble dans un mĂȘme fichier, câest simple mais efficace, - transformer du texte en Braille quâil suffira ensuite dâimprimer sur une imprimante dĂ©diĂ©e, ce qui est indispensable notamment pour la signalĂ©tique.  Performances de la version MacOS ================================ Les versions prĂ©cĂ©dentes dâInkscape ont beaucoup souffert dâun problĂšme majeur sous MacOS : des performances lamentables, au point de rendre le programme difficilement utilisable. Le systĂšme Ă la pomme Ă©tant, pour des raisons qui Ă©chappent Ă lâauteur de ces lignes, trĂšs populaire parmi les graphistes, ces mauvaises performances ont eu un impact non-nĂ©gligeable sur la rĂ©putation du logiciel, quelles que soient les excellentes performances dont il pouvait se prĂ©valoir sur nos distributions GNU/Linux prĂ©fĂ©rĂ©es. Il nây a pas une cause unique aux mauvaises performances sous MacOS, si ce nâest peut-ĂȘtre que le projet a longtemps manquĂ© de dĂ©veloppeurs et dĂ©veloppeuses familiarisĂ©s avec ce systĂšme, comme en tĂ©moigne [lâappel lancĂ© lâannĂ©e derniĂšre](https://inkscape.org/news/2021/06/22/seeking-macos-dev-contributor-inkscape-project/). Plus gĂ©nĂ©ralement, câest en fait toute la pile graphique Cairo/GTK qui a souffert dâun dĂ©ficit dâattention sous MacOS, et Inkscape nâa pas Ă©tĂ© le seul logiciel libre Ă en faire les frais (Gimp aussi, par exemple, a Ă©tĂ© affectĂ©). Il y a quelques mois, une des principales causes de ces mauvaises performances [a finalement Ă©tĂ© identifiĂ©e](https://gitlab.com/inkscape/inkscape/-/issues/1614#note_813160432) : une conversion de couleurs inopportune au moment de lâaffichage. La cause profonde en est un changement de comportement de lâAPI Quartz (la bibliothĂšque graphique de MacOS) introduit avec MacOS 10.8, conduisant les applications basĂ©es sur Cairo Ă utiliser sans le savoir un profil de couleur diffĂ©rent de celui du moniteur, et obligeant _in fine_ le systĂšme dâexploitation Ă convertir chaque image, pixel par pixel, avant de lâenvoyer au moniteur â une opĂ©ration particuliĂšrement coĂ»teuse. Le problĂšme avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© remarquĂ© chez Cairo [il y a cinq ans](https://gitlab.freedesktop.org/cairo/cairo/-/issues/330) mais, faute dâintĂ©rĂȘt et par manque de bras, il nâavait jamais Ă©tĂ© corrigĂ©... [jusquâĂ prĂ©sent](https://gitlab.freedesktop.org/cairo/cairo/-/merge_requests/290) ! Aujourdâhui, avec cette version 1.2 compilĂ©e avec une version corrigĂ©e de Cairo, Inkscape affiche des performances tout-Ă -fait respectables sous MacOS. Deux - trois astuces sur Inkscape ================================= Quelques astuces qui pourraient vous servir, surtout, mais pas que, si vous dĂ©couvrez le logiciel. Mais dâabord, un rappel sur ce quâest le [dessin vectoriel](https://fr.wikipedia.org/wiki/Image_vectorielle). Une image vectorielle est, grosso modo, une succession de points dont les coordonnĂ©es sont enregistrĂ©es avec leurs attributs (couleurs, relations, etc). LĂ oĂč un format matriciel comme le jpg ou le png liste tous les pixels individuels qui composent lâimage, le format vectoriel dĂ©crit les opĂ©rations de dessin qui aboutissent Ă lâimage finale (par exemple « tracer une ligne entre deux points », « tracer un arc de cercle de 30o »). Cela permet dâavoir des images faciles Ă modifier et que lâon peut agrandir ou rĂ©trĂ©cir sans distorsion, puisque seules coordonnĂ©es changent, alors que, dans le cadre des images matricielles, câest la taille du pixel qui est modifiĂ©e. Câest le format idĂ©al de conception des icĂŽnes et autres logos. Mais il nâest pas vraiment adaptĂ© pour un rendu photo car lâimage ainsi gĂ©nĂ©rĂ©e devient trĂšs lourde ([mĂȘme si câest possible](https://inkscape.org/gallery/)). Le format svg est un [langage de balisage XML](https://fr.wikipedia.org/wiki/Extensible_Markup_Language), donc, fondamentalement, du texte. **ConcrĂštement** : le dessin du manchot qui sert de support Ă la sĂ©rie dâastuces, pĂšse 7,7 kio, quelle que soit sa taille au format svg. En version jpg Ă 72 ppp, 14,4 kio (avec un rendu affreux), 23,6 en version png avec la mĂȘme dĂ©finition. Dans les deux derniers cas de figure, le poids va changer en fonction de la taille (dimensions + rĂ©solution). Et la photo du manchot dĂ©tourĂ©e, enregistrĂ©e au format png 170 kio contre 297 pour le format svg (et lĂ , la photo nâa pas Ă©tĂ© vectorisĂ©e). ## Importer ou copier-coller des images proprement Le rendu des images matricielles importĂ©es dans Inkscape peut ĂȘtre assez mauvais. Par dĂ©faut, lâoption de `Mise Ă lâĂ©chelle` est `Aucun`. Et ce nâest pas forcĂ©ment le plus adaptĂ©. Cela se rĂšgle dans les prĂ©fĂ©rences du logiciel, au niveau de lâimportation dâimages ou dans la boite de dialogue dâimportation. Il faut indiquer « Lisse (optimisĂ© pour la qualitĂ©) ». ## Utiliser Inkscape pour les tutoriels de logiciels MĂȘme si les logiciels de capture dâĂ©cran permettent souvent dâajouter des flĂšches ou du texte, ce nâest pas terrible, on nâa pas forcĂ©ment un grand choix de couleurs, et, en prime, quand on sâest trompĂ© pour placer lâĂ©lĂ©ment, il faut tout refaire. LâidĂ©e est donc dâavoir une « bibliothĂšque » de flĂšches et pictogrammes utiles sur un seul fichier svg, qui pourra resservir pour tous les documents quâon sera amenĂ© Ă crĂ©er. On peut les dessiner soi-mĂȘme ou les rĂ©cupĂ©rer dâinternet. Ensuite, ce qui est pratique câest rĂ©unir toutes les captures dâĂ©cran dâun mĂȘme chapitre par exemple, sur un seul fichier svg, et de copier-coller les pictogrammes dessus. Comme ça dâune part on a tout sous la main, dâautre part on gagne du temps et on peut placer trĂšs finement les objets. Et, Ă©videmment, ces Ă©lĂ©ments auront les couleurs quâon aura choisies, en accord avec une charte graphique par exemple. **Bonus** : avec cette version-ci, ce qui a Ă©tĂ© fait pour cette dĂ©pĂȘche dâailleurs, on peut utiliser les pages multiples pour rĂ©partir les captures dâĂ©cran. Une page pour les pictogrammes, et une par partie. Câest plutĂŽt efficace. ## Dessiner quand on ne sait pas dessiner Inskcape a lâĂ©lĂ©gance de vous faire croire que vous savez dessiner quand câest trĂšs loin dâĂȘtre le cas. Il faut, pour cela, utiliser les courbes de BĂ©zier (ça sâapprend assez vite quand on a compris le principe). On glisse le modĂšle sur la page, on ajoute un calque et on dessine par-dessus avec la souris. Ne pas hĂ©siter Ă multiplier les points 1. Ensuite, une fois les contours dessinĂ©s, on pourra toujours en supprimer, et, Ă©videmment les dĂ©placer, les rendre doux, etc., toutes choses qui permettent de corriger le trait 2.  Par rapport aux fonctionnalitĂ©s de vectorisation dâune image matricielle, on peut ne prendre quâune partie, et, en outre, cela est susceptible de demander moins de travail dans certains cas, sans parler des couleurs.  ## DĂ©tourer ou couper une image Dans certains cas, Inkscape vous permettra de faire un meilleur travail (plus facilement, en tout cas) quâun logiciel de traitement dâimages matricielles. Le principe est simple, on importe lâimage Ă dĂ©couper 1, on prend un des outils de dessin du logiciel, forme, courbe de BĂ©zier dessus 2. La, ou les formes doivent ĂȘtre au premier plan (on peut les combiner).  On sĂ©lectionne les deux, on va sur `Objet> DĂ©coupe> DĂ©finir une dĂ©coupe`. Et le tour est jouĂ© 3. Ce qui est dĂ©coupĂ© et qui part Ă la poubelle : câest ce qui est autour de la forme. ## Changer des paramĂštres dâun lot de fichiers svg dâun bloc Comme câest du xml, on peut facilement changer les couleurs ou la police de tout un ensemble de fichiers avec un Ă©diteur de texte avec un simple « Rechercher-Remplacer ». Il faut veiller Ă ce que tous les fichiers concernĂ©s soient dans le mĂȘme rĂ©pertoire. #Pour en profiter tout de suite Si vous ne lâavez pas ou pas encore dans votre distribution prĂ©fĂ©rĂ©e (cette dĂ©pĂȘche a Ă©tĂ© commencĂ©e alors que cette version Ă©tait Ă peine sĂšche) : il existe une version [AppImage Ă tĂ©lĂ©charger](https://media.inkscape.org/dl/resources/file/Inkscape-dc2aeda-x86_64.AppImage) sur le site du logiciel (mais elle nâest quâen anglais) et une [version Flatpak](https://flathub.org/apps/details/org.inkscape.Inkscape) maintenue par la communautĂ©. ## Utilisation de la version AppImage La version AppImage est directement utilisable en exĂ©cutant le fichier tĂ©lĂ©chargĂ©. Si votre distribution fournit le dĂ©mon _appimaged_, lâapplication devrait de plus automatiquement ĂȘtre ajoutĂ©e aux menus de votre bureau. Si ce nâest pas le cas, vous devriez pouvoir modifier les permissions Ă partir de lâexplorateur de fichier (clic droit dessus avec Thunar, dans lâonglet Permissions, cocher la case _Autoriser ce fichier Ă ĂȘtre exĂ©cutĂ© comme un programme_) ou en ligne de commande. Ensuite, pour dĂ©marrer lâapplication : un clic droit dessus puis appuyer sur `ExĂ©cuter` (notamment sous XFCE). ## Installation de Flatpak Installer la version Flatpak avec la commande : ```sh flatpak install flathub org.inkscape.Inkscape ``` qui devrait lĂ aussi intĂ©grer lâapplication Ă votre bureau. #Remerciements et conclusion Cette dĂ©pĂȘche a Ă©tĂ© Ă©crite Ă deux claviers. [Gouttegd](https://linuxfr.org/users/gouttegd), que je remercie pour son implication, en a Ă©crit les paragraphes sur lâimport de SVG depuis le web, les extensions Scientific Inkscape et Figure, ainsi que la partie sur les performances de la version MacOS. Il a Ă©galement prĂ©cisĂ© comment installer-utiliser les versions AppImage et Flatpak. Sinon je remercie aussi [Cyprien](https://linuxfr.org/users/cyprien1) pour mâavoir, en quelque sorte forcĂ©e la main, et surtout, fait dĂ©couvrir le magnĂ©tisme dans Inkscape par sa suggestion. **Et enfin, un trĂšs grand merci Ă toutes celles et ceux qui font dâInkscape un logiciel aussi prĂ©venant avec les personnes qui lâutilisent.** [^1]: Certaines extensions, comme [Sozi](https://sozi.baierouge.fr/) ou JessyInk, ne sont plus compatibles avec cette version.