URL: https://linuxfr.org/news/haiku-a-16-ans Title: Haiku a 16 ans Authors: pulkomandy BenoĂźt Sibaud, ZeroHeure, Francois Revol, Anonyme, bubarđŸŠ„, fred2541, Davy Defaud et palm123 Date: 2017ćčŽ08月09æ—„T07:51:13+02:00 License: CC By-SA Tags: haiku, openbeos, fosdem, libreoffice et rmll Score: 62 Le 18 aoĂ»t 2001, le premier message sur la liste de diffusion d’OpenBeOS Ă©tait envoyĂ© par Marcus Overhagen ([« _OK, let’s start_ »](http://www.freelists.org/post/haiku/Ok-lets-start)). Seize ans plus tard, le projet est toujours lĂ , mĂȘme si les versions se font rares. Faisons donc un point annuel sur les derniers dĂ©veloppements et ce qu’il se passe dans le projet. ---- [OK, let’s start](http://www.freelists.org/post/haiku/Ok-lets-start) [Site officiel](https://www.haiku-os.org) [TĂ©lĂ©chargement](https://download.haiku-os.org) ---- Rappels sur le projet Haiku =========== Haiku est un systĂšme d’exploitation pour les ordinateurs de bureau (on ne vise ni les serveurs, ni les tĂ©lĂ©phones et tablettes, pour le moment). Il fonctionne sur les plates‐formes x86 (32 et 64 bits) et est compatible avec [BeOS](https://fr.wikipedia.org/wiki/BeOS) (au niveau binaire pour la version 32 bits, en recompilant les applications pour la version 64 bits). L’objectif du projet est de continuer lĂ  ou BeOS s’est arrĂȘtĂ© et de fournir un systĂšme d’exploitation facile Ă  utiliser, rĂ©actif et efficace. Et, bien sĂ»r, de permettre Ă  tous les dĂ©veloppeurs intĂ©ressĂ©s de se lancer dans un projet de grande envergure et de dĂ©couvrir l’intĂ©rieur d’un systĂšme d’exploitation. Haiku est Ă©crit principalement en C++ et tous les composants (noyau, pilotes, applications, serveur graphique, etc.) sont rĂ©alisĂ©s par la mĂȘme Ă©quipe, ce qui simplifie les possibilitĂ©s d’intĂ©gration entre les diffĂ©rents composants. Il n’est pas encore complĂštement compatible [POSIX](https://fr.wikipedia.org/wiki/POSIX), mais ça avance petit Ă  petit. En route pour la bĂȘta =========== La feuille de route de Haiku ----------- Lors de la crĂ©ation du projet, l’objectif pour la version 1 de Haiku Ă©tait simple : « fournir un systĂšme 100 % compatible avec BeOS R5 (la derniĂšre version officielle publiĂ©e) et qui remplace complĂštement ce dernier ». Des jalons ont Ă©tĂ© dĂ©finis : la premiĂšre version « alpha » ne serait publiĂ©e que lorsque le systĂšme serait suffisamment avancĂ© et stable pour pouvoir se compiler lui‐mĂȘme. La premiĂšre version « bĂȘta » ne serait publiĂ©e que lorsque toutes les API de BeOS R5 seraient implĂ©mentĂ©es (mĂȘme s’il restait des bogues). AprĂšs la premiĂšre version alpha, les objectifs de la version 1 ont Ă©tĂ© rĂ©examinĂ©s. En effet, cette version n’est arrivĂ©e qu’en 2009, et dĂ©jĂ  Ă  ce moment il Ă©tait clair que BeOS Ă©tait un systĂšme vieillissant et que le reproduire Ă  l’identique ne serait pas suffisant. Une consultation parmi les dĂ©veloppeurs de Haiku ainsi que parmi les utilisateurs a donc permis d’ajouter de nombreux points Ă  la liste des fonctions nĂ©cessaires pour la version 1 (et donc pour la version bĂȘta 1, qui doit comprendre les mĂȘmes fonctionnalitĂ©s). Cette feuille de route Ă©laborĂ©e dans l’enthousiasme de la sortie de la premiĂšre version alpha Ă©tait peut‐ĂȘtre un peu trop ambitieuse. Cependant, la plupart des fonctionnalitĂ©s prĂ©vues (gestion du Wi‐Fi, par exemple) sont effectivement arrivĂ©es. L’infrastructure de publication des paquets ------------- C’est le gros point bloquant pour la prochaine publication. L’un des derniers points restant Ă©tait qu’« il doit ĂȘtre possible de mettre Ă  jour le systĂšme sans tout rĂ©installer ». AprĂšs de longues discussions entre les dĂ©veloppeurs et avec la communautĂ©, la solution retenue fut de rĂ©aliser un gestionnaire de paquets, qui pourrait mettre le systĂšme Ă  jour. Ce dernier prĂ©sente quelques propriĂ©tĂ©s intĂ©ressantes. En particulier, les paquets ne sont pas extraits comme pour la plupart des systĂšmes existants, mais montĂ©s dans un systĂšme de fichiers virtuel. Ceci permet une installation et une dĂ©sinstallation trĂšs rapide et sans utiliser d’outils spĂ©cifiques (il suffit de copier le paquet dans le dossier `/system/packages` prĂ©vu Ă  cet effet). Cependant, le gestionnaire de paquets est inutile si personne n’est capable de publier un dĂ©pĂŽt de paquets et de le tenir Ă  jour. Le projet Haiku espĂ©rait que ce serait fait par d’autres. En particulier, HaikuWare (le site sur lequel on trouvait la plupart des logiciels pour Haiku) et HaikuPorts (l’outil permettant de compiler des logiciels Ă  partir des sources pour Haiku) auraient pu rĂ©pondre Ă  cette demande. Cependant, le responsable de HaikuWare n’a pas du tout aimĂ© le systĂšme de gestion de paquets (jugĂ© trop complexe pour les dĂ©veloppeurs) et a finalement dĂ©cidĂ© de fermer son site et de cesser tout soutien Ă  Haiku. Quant Ă  HaikuPorts, l’outil a Ă©tĂ© mis Ă  jour pour gĂ©nĂ©rer des paquets plutĂŽt que d’installer les fichiers directement sur le systĂšme. Cependant, ce travail a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par les dĂ©veloppeurs de Haiku et cette « intrusion » dans le dĂ©veloppement de l’outil a fini par causer le dĂ©part du principal mainteneur de HaikuPorts. Les dĂ©veloppeurs de Haiku se retrouvent donc seuls en charge de tout l’écosystĂšme de logiciels. En dehors de ces soucis d’infrastructure, il y a Ă©galement du travail pour les outils graphiques permettant de gĂ©rer les dĂ©pĂŽts et les logiciels installĂ©s. Dans Haiku, il y a plusieurs logiciels prĂ©vus Ă  cet effet : - HaikuDepot, qui est un magasin d’applications un peu comme ceux que l’on trouve sur les _smartphones_ ou Synaptic sur Debian. Il permet d’explorer la liste des logiciels avec captures d’écran et description, ainsi que les notes et commentaires d’autres utilisateurs. En plus du dĂ©pĂŽt de paquets, il repose sur un service Web indĂ©pendant qui se charge uniquement des mĂ©tadonnĂ©es (commentaires, notes, icĂŽnes, captures d’écran) qui ne sont pas prĂ©sentes dans le paquet logiciel lui‐mĂȘme ; - Repositories, l’application de prĂ©fĂ©rences qui permet de choisir les dĂ©pĂŽts de logiciels que l’on veut utiliser ; en plus des dĂ©pĂŽts officiels fournis par Haiku et HaikuPorts, il existe Ă  prĂ©sent plusieurs dĂ©pĂŽts complĂ©mentaires permettant la distribution de nombreux logiciels ; - enfin, SoftwareUpdater se charge de surveiller et de notifier la disponibilitĂ© de mises Ă  jour pour le systĂšme et pour les applications ; - et bien sĂ»r _pkgman_, l’outil en ligne de commande Ă©quivalent d’_apt_ ou _yum_, est toujours prĂ©sent et permet de faire tout ça sans cliquer. Prise en charge du 64 bits et passage Ă  GCC 6 ----------- La derniĂšre version alpha 4 de Haiku n’était disponible que pour les machines 32 bits. À l’époque, la prise en charge du 64 bits Ă©tait encore considĂ©rĂ©e comme expĂ©rimentale et nous avions choisi de ne pas la publier dans une version officielle tout de suite. Cela va changer avec la version bĂȘta 1, qui sera donc disponible en 32 et 64 bits. Il y a eu rĂ©cemment des changements sur l’ABI 64 bits (par exemple, _time_t_ est passĂ© de 32 Ă  64 bits pour prĂ©venir le bogue de l’an 2038). La version 32 bits de Haiku utilise GCC en versions 2.95.3 (pour la compatibilitĂ© avec BeOS) et 5.4. La version 64 bits utilise uniquement GCC 5.4. Le passage Ă  GCC 6 est en cours, mais comme souvent, cette nouvelle version de GCC apporte de nouvelles optimisations et de nouvelles alertes (_warnings_), qui rĂ©vĂšlent des problĂšmes dans le code de Haiku. Il faut donc ĂȘtre prudent et prendre le temps d’investiguer chacun de ces problĂšmes avant de pouvoir officiellement mettre Ă  jour la version de GCC prise en charge. HaikuArchives ============= __ L’un des problĂšmes de Haiku est le manque de logiciels disponibles. En principe, la compatibilitĂ© avec BeOS devrait permettre de rĂ©utiliser tous les logiciels Ă©crits pour BeOS, mais ceux‐ci ne sont plus maintenus. De plus, suite Ă  la fermeture de HaikuWare et de BeBits (les deux principaux sites rĂ©pertoriant ces logiciels), il Ă©tait Ă  craindre qu’ils soient perdus pour toujours. Le projet HaikuArchives rĂ©pond Ă  ce problĂšme. Le but de ce projet est de retrouver les auteurs de logiciels pour BeOS et de les convaincre de retrouver leurs sources (c’est le plus difficile) pour les publier (en gĂ©nĂ©ral, ça ne pose pas trop de problĂšmes), de prĂ©fĂ©rence sous une licence libre. Ceci permet d’effectuer au moins une maintenance minimale sur le code, en attendant que les projets soient repris par d’autres dĂ©veloppeurs. Cela permet de suivre les petits changements dans l’API, de vĂ©rifier que les logiciels compilent toujours avec un compilateur rĂ©cent et de prĂ©parer le passage au 64 bits. DĂ©veloppements dans l’annĂ©e =========== Le navigateur Web --------------- Haiku utilise le moteur WebKit (partagĂ© avec Safari et GNOME, entre autres). Le dĂ©veloppement de ce moteur est trĂšs actif et il est difficile de suivre pour un projet qui n’a pas de dĂ©veloppeurs affectĂ©s Ă  plein temps pour cela. Aussi, Haiku utilise actuellement une version de WebKit datant de dĂ©but 2016 et commence Ă  rencontrer des problĂšmes pour cette raison sur certains sites Web. Il est donc nĂ©cessaire de mettre Ă  jour notre portage de WebKit et des efforts dans ce sens sont en cours. D’autre part, la prise en charge des protocoles HTTP, HTTPS et [[Gopher]] mĂ»rit doucement, avec encore de nombreux bogues corrigĂ©s. DĂ©boguer Ă  distance ----------- « _Debugger_ » est, comme son nom l’indique, le dĂ©bogueur fourni avec Haiku. C’est un outil indispensable pour les dĂ©veloppeurs. Cependant, il s’agit d’une application graphique et assez complexe, ce qui peut se rĂ©vĂ©ler problĂ©matique lorsqu’il s’agit d’investiguer des problĂšmes dans les composants de Haiku comme le serveur graphique _app_server_. La solution choisie est de permettre d’utiliser _Debugger_ Ă  distance, depuis une autre machine. Le code du dĂ©bogueur est donc adaptĂ© petit Ă  petit pour permettre ce fonctionnement Ă  travers le rĂ©seau. Flux mĂ©dias ----------- Haiku propose une implĂ©mentation du « Media Kit » de BeOS, qui permet entre autres choses le dĂ©codage, la lecture et l’encodage de sons et de vidĂ©os. Jusqu’à prĂ©sent, ce dĂ©codage pouvait se faire uniquement Ă  partir d’un fichier ou de donnĂ©es chargĂ©es en mĂ©moire. Mais il est maintenant possible de l’utiliser avec des flux, ce qui rend par exemple possible la lecture de webradios avec MediaPlayer. Prise en charge de l’impression ----------- Pouvoir imprimer des documents est indispensable sur un systĂšme de bureau comme Haiku. Bien que la gestion des imprimantes soit prĂ©sente, il reste encore de nombreux problĂšmes Ă  traiter avant que cela soit complĂštement fonctionnel. Les pilotes d’imprimantes utilisĂ©s sont ceux de Gutenprint, qui permet d’assurer la compatibilitĂ© avec un assez grand nombre de marques et de modĂšles. C’est maintenant la derniĂšre version de Gutenprint qui est utilisĂ©e pour cela. La version 64 bits de Haiku est capable d’imprimer aussi bien que la version 32 bits. Un gros nettoyage a Ă©tĂ© effectuĂ© sur les diverses fenĂȘtres de configuration de l’imprimante et de mise en page (gestion des marges, etc.), pour les simplifier et les uniformiser entre diffĂ©rentes applications. La prochaine Ă©tape est de rĂ©gler tous les problĂšmes de rendu lors de l’impression d’un document : texte mal positionnĂ©, dĂ©gradĂ©s de couleurs qui disparaissent, par exemple. Le « launch daemon » -------------------- _launch_daemon_ est un serveur qui se charge de sĂ©quencer le dĂ©marrage et l’extinction de la machine (des opĂ©rations courantes sur une machine de bureau — surtout que Haiku ne sait pas encore se mettre en veille). Il remplace la procĂ©dure d’inititalisation qui Ă©tait auparavant implĂ©mentĂ©e sous forme d’un simple script _shell_. _Launch daemon_ peut lancer plusieurs services en parallĂšle, en rĂ©agissant Ă  des Ă©vĂšnements (par exemple, « tous les disques sont montĂ©s »). Il permet Ă©galement de redĂ©marrer un service automatiquement en cas de plantage et mĂȘme de mettre en attente les messages envoyĂ©s Ă  un service qui n’est pas dĂ©marrĂ©. Ceci permet par exemple de ne dĂ©marrer le serveur d’impression que lorsqu’on imprime un document pour la premiĂšre fois, limitant ainsi le temps de dĂ©marrage du systĂšme et l’utilisation de la mĂ©moire vive. SystĂšmes de fichiers -------------------- Plusieurs corrections ont Ă©tĂ© effectuĂ©es dans la gestion des systĂšmes de fichiers. BFS, le systĂšme de fichiers principal de Haiku, avait encore quelques diffĂ©rences avec celui de BeOS, qui sont maintenant corrigĂ©es afin d’assurer une complĂšte interopĂ©rabilitĂ© entre les deux systĂšmes. Divers petits problĂšmes ont Ă©tĂ© Ă©galement corrigĂ©s dans le VFS (le code commun Ă  tous les systĂšmes de fichiers), ainsi que dans _rootfs_ (qui gĂšre le systĂšme de fichiers racine montĂ© en `/`), _devfs_ (qui gĂšre `/dev` et les fichiers reprĂ©sentants les pĂ©riphĂ©riques) et _packagefs_ (qui gĂšre le montage des paquets logiciels dans un systĂšme de fichiers virtuel). Ces corrections permettent d’avoir un meilleur comportement dans des cas inhabituels, par exemple lors d’une tentative d’ouverture en Ă©criture d’un dossier. Enfin, du cĂŽtĂ© des systĂšmes de fichiers rĂ©seau, Haiku peut maintenant se connecter Ă  des partages SMB (en plus du NFS qui Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent), permettant d’échanger facilement des fichiers avec d’autres machines prĂ©sentes sur le rĂ©seau. Il est Ă©galement possible d’utiliser un disque en mĂ©moire vive (_RAM disk_) pour y stocker des donnĂ©es non persistantes qui n’ont pas besoin d’ĂȘtre sur un disque dur. Des pilotes ----------- La prise en charge matĂ©rielle est Ă©videmment un problĂšme pour un projet comme Haiku qui a fait le choix de ne pas utiliser un systĂšme existant. Cette annĂ©e, les efforts ont portĂ© principalement sur : - la prise en charge de xHCI (USB 3), qui devient indispensable sur les machines rĂ©centes oĂč l’USB2 est en voie de disparition ; - la mise Ă  jour du pilote _intel_extreme_, qui pilote toutes les cartes graphiques Intel Ă  partir de la GMA 950 ; - la prise en charge de l’UEFI, pour dĂ©marrer sur les machines qui n’ont pas de BIOS ; ainsi que la prise en charge complĂšte des tables de partitionnement GPT qui y sont souvent associĂ©es ; - la prise en charge des cartes rĂ©seau virtuelles _virtio_, permettant de lancer Haiku dans certaines machines virtuelles (Hyper-V, par exemple) ; - le pilote _atheros813x_ est Ă  jour avec la version de FreeBSD 11. Tous les autres pilotes rĂ©seau importĂ©s de FreeBSD sont pour l’instant Ă  jour avec la version 9 uniquement. Prise en charge de l’internationalisation ----------------------------------------- Depuis le dĂ©but du projet, Haiku utilisait la police de caractĂšres DejaVu Sans pour son interface graphique. Cependant, celle‐ci ne permettait pas la gestion de toutes les langues. DĂ©sormais, c’est la police de caractĂšres Noto qui est installĂ©e par dĂ©faut, ce qui permet la prise en charge, entre autres, du japonais et du corĂ©en, en plus des langues latines et cyrilliques. D’autre part, la mĂ©thode de saisie Canna, qui permet de taper du texte en japonais, est maintenant complĂštement fonctionnelle ; et KeymapSwitcher, qui permet de changer de disposition de clavier par une combinaison de touche, est disponible dans les dĂ©pĂŽts de logiciels et sera probablement inclus directement dans la version bĂȘta 1. Terminal -------- On pourrait penser que ce n’est pas l’application la plus importante, mais les dĂ©veloppeurs passent beaucoup de temps en face d’un _shell_ Bash. Le terminal de Haiku peut enfin avoir plus de six onglets ouverts dans une mĂȘme fenĂȘtre. Plusieurs problĂšmes apparus avec ncurses 5.9 ont Ă©tĂ© rĂ©solus par l’implĂ©mentation de sĂ©quences d’échappement manquantes. En particulier, il est possible d’utiliser Nano avec le curseur affichĂ© au bon endroit et tous les caractĂšres visibles. Des projets autour du systĂšme d’exploitation ============================================ Avoir un systĂšme, c’est bien. Mais avoir des applications, c’est mieux. Portage de Qt 5 ----------- GrĂące aux efforts mis en place pour la gestion des paquets, il est devenu possible de capitaliser les efforts de portage de logiciels et de maintenir en Ă©tat de marche un grand nombre de bibliothĂšques portĂ©es. Cela a rendu possible la reprise du dĂ©veloppement de Qt 4, puis de Qt 5 pour Haiku, ce qui permet de bĂ©nĂ©ficier de nombreuses applications. Bien que l’objectif final de Haiku soit de dĂ©velopper son propre Ă©cosystĂšme d’applications, bien intĂ©grĂ©es avec le reste du systĂšme, les applications Qt permettent d’avoir dĂšs maintenant un systĂšme de bureau opĂ©rationnel avec des applications fonctionnelles. Le portage de Qt se complĂšte petit Ă  petit, avec par exemple la gestion du glisser‐dĂ©poser et une apparence qui se rapproche autant que possible de celle des applications natives. L’une des applications Qt souvent utilisĂ©es est Qupzilla, un navigateur Web qui permet de visiter certains sites qui ne fonctionnent pas bien avec le navigateur natif. LibreOffice ----------- Un gros manque sur Haiku est l’absence d’une suite bureautique digne de ce nom. Il existe quelques vieilles applications pour BeOS, en particulier la suite GoBe productive et le tableur Sum-It, mais ils sont loin d’ĂȘtre suffisants et les sources de GoBe productive ne sont pas disponibles pour la maintenir Ă  jour. En consĂ©quence, la solution retenue est d’essayer de porter LibreOffice. C’est un gros travail, mais les premiĂšres captures d’écran semblent prometteuses. PrĂ©sence dans les manifestations autour du logiciel libre ========================================================= Le projet Haiku reste assez peu connu. La prĂ©sence dans diffĂ©rentes manifestations autour du logiciel libre nous permet de nous faire connaĂźtre et d’essayer d’attirer de nouveaux dĂ©veloppeurs. C’est aussi l’occasion d’aider certains projets Ă  porter leurs applications sur Haiku lorsque cela est possible et pertinent. FOSDEM ------ Cette annĂ©e nous avons partagĂ© un stand avec ReactOS, un projet aux objectifs similaires puisqu’il s’agit d’un systĂšme d’exploitation libre compatible avec Windows. __ _mmu_man_ a donnĂ© une confĂ©rence sur les idĂ©es que les autres bureaux devraient emprunter Ă  Haiku. RMLL ---- Haiku Ă©tait Ă©galement prĂ©sent aux _Rendez‐vous mondiaux du logiciel libre_, avec un stand et une confĂ©rence faisant un point sur les progrĂšs vers la prochaine version bĂȘta de Haiku : - __ ; - __. Ce fut Ă©galement l’occasion de porter QElectrotech vers Haiku et d’essayer de mettre Ă  jour le portage de Pytouhou pour une version un peu plus rĂ©cente. Capitole du Libre ----------------- Haiku Ă©tait aussi prĂ©sent au _Capitole du Libre_, avec un stand, et deux confĂ©rences : - __ ; - __. La fin de BeGeistert -------------------- __ BeGeistert Ă©tait depuis 1998 une confĂ©rence autour de BeOS, puis de Haiku. OrganisĂ©e habituellement Ă  DĂŒsseldorf, elle permettait Ă  la communautĂ© de Haiku de se retrouver une fois par an, avec quelques prĂ©sentations et un _coding sprint_ consistant Ă  enfermer plusieurs dĂ©veloppeurs dans une piĂšce, Ă  secouer, et Ă  voir ce qui en ressort. Avec un nombre de participants de plus en plus faible et des coĂ»ts de plus en plus Ă©levĂ©s pour la location de la salle utilisĂ©e, l’association HSA (_Haiku Support Association_) organisatrice de l’évĂšnement a dĂ©cidĂ© qu’il n’était plus pertinent de maintenir BeGeistert dans ce format. Il n’y aura donc pas de BeGeistert en 2017, mais il y aura tout de mĂȘme un _coding sprint_, organisĂ© Ă  Toulouse juste aprĂšs le _Capitole du Libre_. __ Participation au Google Code‐in =============================== __ Le _Google Code-In_ est un programme du bureau de l’_open source_ de Google. Il s’adresse au 13 Ă  17 ans. Le but Ă©tant de leur faire dĂ©couvrir le logiciel libre et l’informatique en gĂ©nĂ©ral. Cela se prĂ©sente sous la forme d’un concours oĂč les participants doivent rĂ©aliser des contributions Ă  l’un des projets de logiciels libres participants. Les tĂąches Ă  rĂ©aliser peuvent ĂȘtre par exemple la rĂ©alisation d’une icĂŽne, d’un prospectus, d’un fond d’écran, l’écriture de documentation, faire une prĂ©sentation du projet ou, bien sĂ»r, Ă©crire un peu de code pour corriger un bogue. Haiku est l’un des trois projets qui ont participĂ© tous les ans depuis le lancement du Code‐in en 2010 (les deux autres Ă©tant KDE et Apertium). En effet, la participation Ă  ce programme demande un gros investissement de la communautĂ© pour accueillir efficacement des participants qui n’ont pas forcĂ©ment l’habitude du fonctionnement des logiciels libres. Haiku a pu gagner quelques nouveaux contributeurs grĂące Ă  ce concours, mais les rĂ©sultats sont surtout Ă  long terme d’encourager la contribution aux logiciels libres en gĂ©nĂ©ral. De retour dans le Google Summer of Code ======================================= __ Haiku participe Ă©galement rĂ©guliĂšrement au _Google Summer of Code_. Celui‐ci se prĂ©sente sous la forme d’un stage oĂč des Ă©tudiants sont rĂ©munĂ©rĂ©s par Google mais encadrĂ© par les contributeurs de diffĂ©rents projets de logiciels libres. Le rĂ©sultat en termes de contribution aux logiciels participants Ă©tant en principe beaucoup plus important que pour le _Google Code-in_, il y a beaucoup plus de projets intĂ©ressĂ©s pour participer, aussi il n’est pas possible pour tous les projets de participer tous les ans (il faut laisser de la place aux autres). Haiku n’avait donc pas participĂ© aux Ă©ditions 2015 et 2016, mais est de retour en 2017 avec sept Ă©tudiants contribuant entre autres Ă  l’amĂ©lioration de la pile TCP, le prise en charge de l’écriture sur le systĂšme de fichiers Btrfs, ou encore l’écriture d’une application agenda et un travail sur l’interface graphique des prĂ©fĂ©rences du systĂšme. Le _Google Summer of Code_ se termine Ă  la fin du mois d’aoĂ»t, donc les contributions des Ă©tudiants participants sont intĂ©grĂ©es petit Ă  petit d’ici lĂ  et seront probablement prĂ©sentes dans la version bĂȘta de Haiku.

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