URL: https://linuxfr.org/news/gnu-linux-s-ouvre-a-de-nouvelles-voix-de-synthese Title: GNU/Linux s’ouvre à de nouvelles voix de synthèse ! Authors: Texou bubar🦥, Davy Defaud, palm123, ZeroHeure, Pierre Jarillon et Nÿco Date: 2016年11月02日T02:06:40+01:00 License: CC By-SA Tags: accessibilité, synthèse, vocale, vocal, handicap, visuel et dys Score: 34 À l’occasion de la sortie par Hypra d’une nouvelle synthèse vocale, plus naturelle et plus intelligible, il m’a semblé utile de vous présenter le contexte. Car cette sortie, c’est surtout un module supplémentaire pour _speech‐dispatcher_, la plate‐forme libre de synthèses vocales sous GNU/Linux. Malheureusement, le module libre ne marche qu’avec la synthèse, qui n’est pas libre. Mais sait‐on jamais, l’université pourrait y venir avec le temps. ---- [Le projet Kali](http://www.crisco.unicaen.fr/Presentation-de-Kali.html) [Michel, synthèse vocale sans réglages](https://owncloud.hypra.fr/index.php/s/JAI1LFBiAYqgNZM/download) [Patrick, synthèse vocale sans réglages](https://owncloud.hypra.fr/index.php/s/JAI1LFBiAYqgNZM/download) [Guillemette, synthèse vocale sans réglages](https://owncloud.hypra.fr/index.php/s/LCSkHdeKXFTes0F/download) [Hypra, auteur du module speech‐dispatcher](http://hypra.fr) [Speech‐dispatcher](https://devel.freebsoft.org/speechd) ---- # L’existant # Si une application veut être accessible, les événements correspondant à ses objets graphiques (affichage, interaction par l’utilisateur, saisie, etc.) doivent être étiquetés (« labellisés ») et branchés au bus d’accessibilité. Inutile de coder une synthèse vocale pour son application, c’est compliqué et le résultat pourrait décevoir le développeur et les utilisateurs. Il suffit, sur GNU/Linux, de faire en sorte que son application envoie le nécessaire à une plate‐forme existante, laquelle se chargera de mettre ces éléments à disposition des aides techniques. Ces aides, qui peuvent assister une personne déficiente visuelle à l’usage de l’ordinateur, aider une personne dyslexique à déchiffrer un texte, soulager la fatigue d’un écran ou concerner tout autre besoin moteur, cognitif ou sensoriel, assurent un lien entre ce qui est mis à leur disposition et ce que l’utilisateur comprend. Pour transmettre ce que le logiciel leur donne sous forme vocale, elles envoient le tout à _speech‐dispatcher_. Ce logiciel, monopolistique depuis la disparition de GNOME speech en 2012, regroupe un moteur acheminant le signal d’une assistance technologique vers une sortie vocale et les modules des synthèses vocales prises en charge. C’est un peu le SAPI de Windows sous GNU/Linux. Précisons que _sapi4linux_ semble plutôt en sommeil. # Le problème posé Jusque‐là, speech‐dispatcher, dont tous les modules sont sous licence libre, prennait déjà en charge de nombreuses solutions : Espeak, Mbrola, Svox Pico, Festival, ibmtts, Flite, pour ne parler que de celles connues. Malheureusement, la qualité de ces outils restait franchement moyenne pour des utilisateurs lambdas, débutants, voire non informatisés. Le grand public, âgé ou en situation de handicap, à qui on montre GNU/Linux avec Espeak recule. Précisons que parmi ces outils, peu sont libres, puisque les meilleurs ne le sont pas totalement (mbrola, ibmtts, svox, Pico). Espeak a de réels atouts, mais reste réservé à un public résistant à la voix robotique. Or, d’autres synthèses (certes peu) offrent déjà une prise en charge sur GNU/Linux. Elles ne sont pas libres non plus, mais leur qualité est supérieure en naturel et intelligibilité. Il ne restait donc qu’à les faire prendre en charge par Speech-dispatcher pour que les gens y aient accès et découvrent un GNU/Linux sympathique dès le premier abord (eh oui, sauf à être sensibilisé, si le premier abord échoue, le grand public n’y revient pas, surtout vu l’exigence des populations pour qui l’informatique est un bien précieux au quotidien). # La nouveauté technique # Depuis aujourd'hui, un patch a été soumis pour que Speech-dispatcher intègre un nouveau module. Il s'agit de Kali. Ce module, libre, permettra : * d'accéder à 3 voix francophones supplémentaires, plus naturelles et intelligibles ; * d'accéder à deux voix supplémentaires en anglais ; * d'entendre l'ordinateur avec une voix féminine ou masculine. Certes, pour profiter de cette synthèse vocale, il en coûtera près de 85 euros. Le module Speech-dispatcher la faisant tourner sur GNU/Linux est libre, mais pas la synthèse elle-même. Il faut cependant préciser que les chercheurs qui travaillent sur ce produit depuis plus de 30 ans sont de loin plus accessibles que les grands services de R&D des entreprises faisant autorité sur le secteur. L'ouverture de ce code n'est peut-être pas si loin malgré tout. # Des usages à explorer # Je pense que cette sortie offre à ceux qui recherchent l’amélioration de la qualité vocale de nouvelles perspectives. Les personnes aveugles ou malvoyantes s’y intéresseront particulièrement. Grâce à ce module, Orca, le logiciel leur permettant de savoir ce qu’affiche leur écran, pourra leur parler avec une voix plus jolie. Et qui articule ! Une jolie publication donc, qui en anticipe d’autres, puisqu’il n’est pas exclu que les voix de Voxygen aient aussi leur module speech-dispatcher. GNU/Linux atteindrait ainsi, après plus de 15 ans de travail, le niveau de qualité vocale des autres plates‐formes. J’aime autant vous dire qu’avec des voix naturelles comme celles‐là, les usages se multiplient : * diminution de la fatigue visuelle pour une personne âgée ou à la vue en baisse ; * concentration sur le fond pour les dyslexiques ; * conversion de fichiers texte en fichiers audio lus par une voix, très utile pour un aveugle ou quelqu’un préférant écouter que lire un livre. GNU/Linux, version « bureau », entre ainsi dans le paysage de l’innovation des usages, sans pour autant s’inscrire dans le mouvement général du _design_ flashy et du tactile, mais davantage sur un aspect peu exploré jusque‐là par d’autres gens que les aveugles. Il rattrape du retard et dépasse les solutions moins flexibles.

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