URL: https://linuxfr.org/news/diskio-pi-l-aventure-continue Title: Diskio Pi : l’aventure continue Authors: DiskioPi ZeroHeure, Davy Defaud, Ysabeau đŸ§¶, Yves Bourguignon, coin, theojouedubanjo et palm123 Date: 2020ćčŽ01月23æ—„T12:13:21+01:00 License: CC By-SA Tags: raspberry_pi, odroid, tablette, terminal, chargeur, batterie et diskio_pi Score: 69 Il y a un an, je vous avais racontĂ© l’historique de mon projet Diskio Pi Ă  travers une [dĂ©pĂȘche](https://linuxfr.org/news/financement-participatif-de-la-tablette-tactile-libre-diskio-pi), suivie d’un [journal](https://linuxfr.org/news/le-terminal-libre-diskio-pi-renait-de-ses-cendres) pour expliquer ce qu’était ce produit, proposĂ© en financement participatif. Nombre d’entre vous ont Ă©tĂ© intĂ©ressĂ©s et ont aussi participĂ© (merci Ă  vous !) au financement [Ulule de 2019](https://fr.ulule.com/fabrication-diskio-pi/). La fabrication m’a pris un an, parsemĂ©e de doutes, de questions et de suggestions de la communautĂ©, de tests et de galĂšres Ă  rĂ©soudre. Les livraisons ne devraient finalement pas tarder, j’explique ici les difficultĂ©s que j’ai rencontrĂ©es jusqu’à prĂ©sent. ParallĂšlement, et parce que j’ai eu quelques demandes urgentes, [un nouveau financement est organisĂ©](https://www.diskiopi.com/shop/fr/content/16-precommandes) afin de poursuivre la production, voire de l’intensifier. Ce nouveau financement se termine le 17 fĂ©vrier 2020. _N. D. M. : un Raspberry Pi 3 A+ sera offert au centiĂšme contributeur (premier et deuxiĂšme financements confondus), si le financement actuel est un succĂšs. Au terme du financement, l'objectif Ă©tait dĂ©passĂ© (153%)._ ---- [Le site du projet](https://www.diskiopi.com/) [Le nouveau financement](https://www.diskiopi.com/shop/fr/content/16-precommandes) ---- # RĂ©sumĂ© des Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents... Cette nouvelle dĂ©pĂȘche est une mise Ă  jour, la suite de cette aventure qu’est la fabrication et la vente d’un objet _open source_, qui vit grĂące Ă  la communautĂ©. Il y a peut‐ĂȘtre d’autres mĂ©thodes pour lancer et faire vivre un tel projet, mais c’est mon expĂ©rience et ma mĂ©thode de travail : je prĂ©fĂšre crĂ©er une communautĂ© plutĂŽt qu’aller chercher de l’argent Ă  droite et Ă  gauche pour au final proposer un produit dont le but est uniquement lucratif, au bon vouloir des investisseurs, sans rĂ©elle participation des utilisateurs. Mon but est bien sĂ»r d’en vivre, mais aussi de faire Ă©voluer la machine avec et pour la communautĂ©, en proposant des options ou des fonctionnalitĂ©s qui serviront. Pour celles et ceux qui n’ont jamais entendu parler du Diskio Pi, c’est un terminal informatique tactile, dans lequel il est possible d’installer un SBC (_Small Board Computer_) du type Raspberry Pi ou Odroid. Le but Ă©tant de proposer Ă  l’utilisateur un appareil (Ă©cran) nomade, entiĂšrement modulaire et versatile, avec lequel les possibilitĂ©s d’utilisation de logiciels, de systĂšme d’exploitation et d’environnement soient les plus diverses. Voici la version 1, telle qu’elle est proposĂ©e et qui sera livrĂ©e : ![Version 1.0 de la tablette Diskio Pi](https://www.diskiopi.com/img/DSC0030632.JPG) L’écran est fourni avec un pied amovible, qui peut ĂȘtre retournĂ© pour une utilisation « _desktop_ » ou « tablette ». Sur la photo, la position tablette est prĂ©sentĂ©e. En 2019, aprĂšs avoir essuyĂ© quelques Ă©checs de financements (sur Kickstarter principalement), il Ă©tait temps de se passer de la volontĂ© de proposer du plastique moulĂ©. Trop cher, trop d’investissement au dĂ©part (environ 20 k€), et un nombre d’exemplaires minimum Ă  fabriquer (MOQ, _minimum order quantity_) trop important. La meilleure mĂ©thode consistait donc Ă  se tourner vers l’impression 3D, beaucoup moins onĂ©reuse en termes d’investissement (un peu plus de 1 000 € pour trois imprimantes), et qui permet une fabrication en plus petite quantitĂ©. C’est donc ce que j’ai proposĂ© pour le financement de l’annĂ©e derniĂšre : un appareil totalement imprimĂ© en 3D, en publiant les sources des modĂšles 3D. En trente‐cinq jours de campagne, 85 unitĂ©s ont Ă©tĂ© prĂ©commandĂ©es. # C’est lĂ  que tout commence Environ 19 500 € nets ont Ă©tĂ© rĂ©coltĂ©s aprĂšs le financement Ulule, dĂ©but mars 2019. Cela paraĂźt beaucoup, mais pour fabriquer 85 unitĂ©s, il faut ĂȘtre trĂšs prudent quant aux dĂ©penses, j’y reviendrai quand j’exposerai un bilan de ce financement. Le tout premier matĂ©riel dans lequel j’ai investi est, bien sĂ»r, deux imprimantes 3D, auxquelles une troisiĂšme s’est ajoutĂ©e en juin. À l’heure qu’il est, elles tournent toujours aprĂšs un changement de moteur, de ventilateurs, une vingtaine de buses... Et du temps d’apprentissage, de diagnostics et de rĂ©parations. Les modĂšles choisis ont alors Ă©tĂ© deux Anycubic Chiron pour leur grande taille de plateau (400 ×ば぀ 400 ×ば぀ 450 mm), et une Tevo Tornado pour les piĂšces les plus petites. Je ne suis pas déçu de ce matĂ©riel, mĂȘme s’il faut savoir bricoler pour les garder en Ă©tat de marche. Ma petite expĂ©rience d’impression 3D en Fablab m’a servi pour adapter les dessins 3D de la coque afin qu’elle soit imprimable ; ceci avant d’acheter les machines. Le corps est scindĂ© en deux pour Ă©viter les supports. ## La suite du prototypage AprĂšs la prĂ©sentation du prototype 0.3 initialement prĂ©vu pour ĂȘtre fabriquĂ© en plastique injectĂ©, le modĂšle 3D de la coque n’était donc pas en version finale. Il a fallu faire des adaptations aux contraintes de l’impression 3D, et des simplifications, surtout que l’impression en plastique PETG est moins prĂ©cise que celle en plastique PLA. Ainsi, chaque piĂšce ayant ses propres contraintes (mĂ©caniques, esthĂ©tiques), un rĂ©glage machine/Gcode a dĂ» ĂȘtre trouvĂ© pour chaque Ă©lĂ©ment. En parallĂšle, un Ă©lectronicien a planchĂ© sur la mise Ă  niveau de la carte fille, alors prĂ©vue pour Raspberry Pi 3. Lors de la sortie du Raspberry Pi 4, fin juin, notre calendrier a Ă©tĂ© un peu chamboulĂ© : il a fallu modifier Ă  la hĂąte le cahier des charges pour augmenter la puissance de sortie de l’alimentation. Cette premiĂšre surprise ne nous a pas dĂ©montĂ©s, mais la livraison pour aoĂ»t Ă©tait dĂ©jĂ  compromise, car il fallait refaire tous les tests... La carte chargeur a aussi dĂ» ĂȘtre Ă©tudiĂ©e, avec une jauge analogique (via une DEL RVB), et une jauge numĂ©rique en I2C. Il faudra par la suite crĂ©er un programme (vraisemblablement en Python) qui lit la charge de la batterie pour afficher une notification Ă  l’écran. Sur ce point, j’ai dĂ©jĂ  des contacts mais tout volontaire est le bienvenu. ;) **Note **: la jauge RVB ne sera pas utilisable « Ă  chaud ». En effet, la version 1 de la carte chargeur coupe l’alimentation du SBC pour lire la tension des batteries (la puce ne gĂšre pas les deux simultanĂ©ment), c’est pourquoi j’ai rendu le bouton le plus discret possible. C’est donc un bouton de rĂ©initialisation du nanoPC, une fonctionnalitĂ© collatĂ©rale. Pour remĂ©dier Ă  ce dĂ©faut de jeunesse, l’utilisation de l’I2C sera prĂ©fĂ©rĂ©e par de nombreux utilisateurs. ![Test de la carte chargeur](https://www.diskiopi.com/img/IMG_20190826_121141.jpg "=1000x396") ## L’aide de la communautĂ© De nombreuses questions se sont posĂ©es lors du prototypage, Ă  propos de diffĂ©rents points. J’ai donc souhaitĂ© demander Ă  la communautĂ© ce qu’elle en pensait, et j’ai obtenu de nombreux retours. Merci donc Ă  vous qui contribuez, et aux futurs contributeurs. ### Le choix de la matiĂšre : une galĂšre Le choix initial Ă©tait d’imprimer les coques en [ABS](https://fr.wikipedia.org/wiki/Acrylonitrile_butadi%C3%A8ne_styr%C3%A8ne "Acrylonitrile butadiĂšne styrĂšne"), une matiĂšre Ă  la fois rĂ©sistante mĂ©caniquement et peu sensible Ă  la chaleur. Les composants enfermĂ©s chauffent toujours plus ou moins, surtout le processeur du nano‐PC par temps d’étĂ© ensoleillĂ©. AprĂšs quelques essais d’impression de l’ABS, les piĂšces ne collaient pas du tout au plateau, les dimensions n’étaient plus bonnes ; bref, l’ABS Ă©tait trop compliquĂ© pour le dĂ©butant que j’étais. AprĂšs l’abandon de l’ABS, je me suis tournĂ© vers le [PLA](https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_polylactique "Acide polylactique") 3D870 en espĂ©rant pouvoir le [recuire](https://www.filament-abs.fr/la-recuisson-du-filament-pla-3d850-et-3d870/) en appliquant la mĂ©thode avec un four traditionnel. Malheureusement, nos fours domestiques ne sont pas assez prĂ©cis et leur tempĂ©rature varie trop, impossible de garder les 40 °C requis ou les 80 °C... Ce fut donc un Ă©chec « cuisant » ! Par la suite, aprĂšs avoir partagĂ© mes soucis avec la communautĂ©, un contributeur Ulule m’a parlĂ© du [PETG](https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyt%C3%A9r%C3%A9phtalate_d%27%C3%A9thyl%C3%A8ne "PolytĂ©rĂ©phtalate d’éthylĂšne"), une matiĂšre peu sensible Ă  la chaleur et qui s’imprime facilement. C’est donc aprĂšs l’avoir essayĂ© que j’ai adoptĂ© cette matiĂšre, qui est trĂšs proche de la matiĂšre utilisĂ©e pour fabriquer les bouteilles d’eau : rĂ©sistance aux chocs, aux produits chimiques et Ă  la chaleur. Le seul reproche que je peux lui faire est la prĂ©cision d’impression, qui est moindre par rapport au PLA, ainsi que l’effet d’« _oozing_ », le fait que l’objet imprimĂ© soit rempli de petits fils Ă  enlever ensuite. Ceci pourra ĂȘtre corrigĂ© en modifiant les machines pour un systĂšme « _direct drive_ » ou « extrusion directe », qui inclut l’extrudeuse directement sur la tĂȘte d’impression au lieu d’ĂȘtre sur le cadre. ### Le choix des couleurs, un bonus inattendu Ce choix a Ă©tĂ© totalement improvisĂ© et est venu de mon initiative. Eh oui, j’aime faire plaisir Ă  mes contributeurs ! Comme j’avais plusieurs machines, pourquoi ne pas proposer diffĂ©rentes couleurs de coque aux contributeurs, mĂȘme s’ils avaient tous choisi une version unique noire ? La communautĂ© a alors participĂ© au choix des couleurs disponibles via un questionnaire [Framaform](https://framaforms.org/content/creez-et-diffusez-vos-formulaires-facilement). Le noir, le gris et le blanc sont ressortis en majoritĂ©, suivi du bleu qui a Ă©tĂ© malheureusement Ă©liminĂ© ([voir la _news_ Ulule de mai 2019](https://fr.ulule.com/fabrication-diskio-pi/news/les-couleurs-selectionnees-et-autres-nouvelles-216452/)). Sur une imprimante 3D, le changement de couleur est simple, mais mĂȘme aprĂšs nettoyage de la buse, il y a toujours des rĂ©sidus de l’ancienne couleur, c’est pour cela qu’une machine n’imprime que du noir, et l’autre alterne avec le gris et le blanc ; le blanc Ă©tant le plus sensible Ă  ces rĂ©sidus car moins opaque. Ensuite, j’ai envoyĂ© un second questionnaire afin qu’ils choisissent la couleur qu’ils souhaitaient pour leur Diskio Pi, parmi les trois couleurs sĂ©lectionnĂ©es. RĂ©sultat, 58 % sont restĂ©s sur le noir, 32 % ont choisi le gris et 10 % ont souhaitĂ© recevoir une machine blanche. J’ai appris avec la mise en pratique de cette proposition que mĂȘme si cela paraĂźt simple sur le papier, il y a toujours des difficultĂ©s qui s’ajoutent au reste. Mais je pense que ça vaut la peine, et je proposerai plus de couleurs par la suite, sans doute le bleu. ### Les options Le choix des options est trĂšs compliquĂ©. Chacun a sa vision personnelle de l’appareil, et c’est le but recherchĂ©, mais concevoir une option prend du temps et demande des investissements. C’est pourquoi je fais rĂ©guliĂšrement des sondages (parfois sur Twitter car c’est plus simple) pour savoir quelle est la direction Ă  prendre. C’est avec ce biais que j’ai remplacĂ© la compatibilitĂ© du Raspberry Pi Zero par le Raspberry Pi 4 : les configurations des cĂąbles Ă©tant diffĂ©rentes, je ne pouvais pas me procurer les cĂąbles des deux cartes en mĂȘme temps avec le budget allouĂ©. Il a donc fallu faire un choix. Quelquefois aussi, je communique en privĂ© avec des gens qui souhaitent une configuration spĂ©ciale (appareil sans verre tactile, adaptation d’une carte nano‐PC spĂ©ciale, un Ă©cran 4K, une sortie HDMI, etc.), ce qui me pousse Ă  proposer ces options si cela n’impacte pas le prix global et selon la difficultĂ© de mise en Ɠuvre. Il arrive souvent que je doive remettre en question mes choix et revenir vers des solutions que je n’avais pas envisagĂ©es Ă  l’origine. C’est ce qui rend l’aventure intĂ©ressante. ### Les choix qui s’imposent Ensuite, le choix s’impose de lui‐mĂȘme lors de la vente, par exemple pour les batteries. Au tout dĂ©but du projet, j’avais pensĂ© proposer diffĂ©rentes tailles de batteries : deux, quatre ou six cellules. À l’occasion du Kickstarter de 2018, les options deux et quatre cellules n’étaient pas du tout sĂ©lectionnĂ©es, seule l’option six cellules a Ă©tĂ© choisie en grande majoritĂ© (prĂšs de 95 %). J’ai donc dĂ©cidĂ© de supprimer les options deux et quatre cellules, ce qui m’arrangeait car il y avait un risque de mĂ©lange de cellules ĂągĂ©es et de cellules neuves, ce qui n’est pas du tout recommandĂ©. Ce qui est choisi en grande majoritĂ© lors des achats est donc la direction la plus intĂ©ressante Ă  prendre. C’est la loi du marchĂ© en quelque sorte ! Cela ne veut pas dire que je ne peux pas fournir d’option spĂ©ciale, mais elles ne seront pas proposĂ©es par dĂ©faut sur le site. Il faut en discuter, et Ă©tablir un prix juste, en utilisant des choses qui existent sur le marchĂ© pour fabriquer un exemplaire unique. ## Les fournisseurs À part l’emballage et le filament pour l’impression 3D, toutes les piĂšces qui composent le terminal sont fabriquĂ©es en Chine, de l’écran aux batteries, de l’assemblage Ă©lectronique au verre tactile. Ceci impose quelques contraintes quand il faut payer une facture de 3 500 € Ă  l’autre bout du monde : avoir confiance, et pour cela bien discuter avec l’interlocuteur, et ensuite savoir que tout est possible si on en paye le prix, et ceci Ă  l’avance. GrĂące aux plates‐formes telles qu’Alibaba ou GlobalSources, trouver un fournisseur n’est pas trĂšs difficile. Le plus compliquĂ© est d’en trouver un qui accepte un MOQ (_minimum of quantity_) bas, voire trĂšs bas. Pour certains, c’est une unitĂ©, pour d’autres, cent unitĂ©s, selon le type d’objet achetĂ© ou produit. Il peut aussi y avoir des diffĂ©rences entre l’échantillon commandĂ© quelques mois Ă  l’avance et ce qu’ils nous fournissent en quantitĂ©. Si on ne demande pas, certains ne prĂ©viennent pas et cela peut ĂȘtre problĂ©matique. Recevoir prĂ©alablement des photos du produit qu’ils envoient peut Ă©conomiser quelques dizaines d’euros d’échange... Heureusement, quand j’ai demandĂ© l’ancienne version du PCB des boutons OSD de l’écran, je n’ai pas eu de souci Ă  ce que le fabricant rĂ©alise une fabrication spĂ©ciale de cent exemplaires. Pour les Ă©crans, c’est la foire. Selon les grossistes, telle rĂ©fĂ©rence peut remplacer celle que je demande sans problĂšme, d’autres me proposent de la qualitĂ© B− (non !), et s’il y a du stock Ă  l’instant _t_, ce n’est pas forcĂ©ment vrai Ă  _t_ + 1, avec des prix totalement variables d’un jour sur l’autre. Bref, dans mon cas tout s’est bien passĂ©, mais rester vigilant sur ce que l’on achĂšte en rĂ©alitĂ© est indispensable. Et par courriel aussi, le rapport humain est important selon moi. # La production ## L’électronique, les cĂąbles Toutes les piĂšces dĂ©tachĂ©es sont arrivĂ©es, il faut s’occuper maintenant des piĂšces sur mesure. Ici, il y a les cĂąbles, les ventilateurs (avec le bon connecteur, la sonde Ă©tant fabriquĂ©e par un autre fournisseur), et les cartes Ă©lectroniques. Cela demande d’établir un cahier des charges prĂ©cis pour chaque Ă©lĂ©ment. Pour les cĂąbles, une longueur minimale est requise (8 cm environ) afin que les connecteurs puissent ĂȘtre moulĂ©s. C’est pour cette raison que certains cĂąbles semblent ĂȘtre un peu longs. Ici aussi, tous les prix sont pratiquĂ©s, du simple au double. Pour l’assemblage des cartes, un petit assembleur pas connu mais avec de bonnes rĂ©fĂ©rences sera plus efficace et moins cher qu’un gĂ©ant comme AllPCB ou JLBPCB. Voici la seule et unique photo que j’ai de l’assemblage final de la carte (prototype) : ![La carte fille en cours d’assemblage](https://www.diskiopi.com/img/shop-crowdfunding/assembly-4.jpg) Il aura fallu deux prototypes pour obtenir une carte stable, sans compter la carte fabriquĂ©e par l’assembleur (en photo) pour essais et validation. Je la recevrai dans quelques jours (voir en fin d’article). ## L’impression 3D : les rĂ©sultats finals GrĂące Ă  la communautĂ©, il a donc Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’imprimer les Ă©lĂ©ments en [PETG](https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyt%C3%A9r%C3%A9phtalate_d%27%C3%A9thyl%C3%A8ne "PolytĂ©rĂ©phtalate d’éthylĂšne"), qui est moins sensible aux fortes chaleurs que le [PLA](https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_polylactique "Acide polylactique") (attention tout de mĂȘme aux canicules l’étĂ©, ça ne rĂ©siste pas en plein soleil). Imprimer une unitĂ© complĂšte prend environ deux jours et demi avec les trois imprimantes, quand tout se passe bien. S’il y a des opĂ©rations de maintenance Ă  effectuer, et il y en a souvent les premiers mois, cela retarde la production, donc le fait d’arrondir Ă  trois jours est plus proche de la rĂ©alitĂ©. Les machines sont fiables mais bruyantes, il faut donc les modifier au minimum pour pouvoir espĂ©rer dormir la nuit. Au fil du temps, certaines piĂšces s’usent, il faut donc savoir diagnostiquer la machine quand une impression a des dĂ©fauts. Ce n’est pas toujours simple, j’ai parfois mis des jours Ă  trouver la cause de certaines pannes (moteur qui tourne mais qui manque de puissance, par exemple) ! Le rĂ©sultat est malgrĂ© tout relativement satisfaisant, mais un gros travail de finition des piĂšces doit ĂȘtre ajoutĂ© : suppression des supports, nettoyage de fils de plastique « cheveux d’ange » (le PETG est horrible pour ça)... Et une partie importante de contrĂŽle de la piĂšce terminĂ©e. Ensuite, prĂ©-assemblage des piĂšces qui ont passĂ© le premier test visuel, vissage si besoin, nettoyage et stockage. ![L’impression 3D](https://www.diskiopi.com/img/shop-crowdfunding/IMG_20200114_1007002.jpg) À l’emballage, un second test visuel des impressions 3D permettra d’éliminer les piĂšces qui ne sont pas prĂ©sentables, ou qui auraient pu passer Ă  travers le premier test (piĂšces dĂ©fectueuses). Pour l’utilisateur, la coque sera utilisable telle quelle et ressemblera Ă  ceci : ![DĂ©tail de la coque](http://www.diskiopi.com/img/IMG_20200129_165021.jpg) ## L’emballage Quand j’ai eu l’idĂ©e de proposer un kit Ă  la vente, l’emballage n’était pas ma prĂ©occupation premiĂšre. Il fallait d’abord Ă©tudier l’appareil, puis le kit lui‐mĂȘme. Mais il arrive un moment oĂč il faut y penser, en gardant Ă  l’esprit que pour livrer un produit fragile comme celui‐ci, ce n’est pas un poste Ă  nĂ©gliger. Avec quelques recherches et devis effectuĂ©s, l’idĂ©e d’acheter des emballages sur mesure et entiĂšrement manufacturĂ©s est vite tombĂ© aux oubliettes. Il fallait trouver un autre moyen de produire cent emballages propres, solides, et Ă  moindre coĂ»t. Ma seconde idĂ©e fut alors d’utiliser une machine CNC laser pour dĂ©couper des compartiments dans de la mousse. Mais je n’avais pas essayĂ© de dĂ©couper des plaques de mousse blanche, achetĂ©es par lot de 500... Car si j’avais vu des vidĂ©os de dĂ©coupe de mousse noire, loin de moi de penser Ă  ce que ça ne fonctionnerait pas sur du blanc : le laser, peu puissant, est dĂ©viĂ© par les bulles blanches, et le point de fusion s’en trouve diffus. Il a donc fallu que je trouve une parade, et par chance j’ai trouvĂ© l’outil qu’il me fallait. Un simple fil chauffant, qui, installĂ© en remplacement du laser, a tout Ă  fait fonctionnĂ©, en adaptant un chemin de la tĂȘte adĂ©quat pour les dĂ©coupes (pas de rĂ©traction du fil possible). Pour le design du carton, la gravure au laser a bien fonctionnĂ©. À voir si pour les prochains exemplaires, je ne changerai pas de technique (pochoir imprimĂ© ou peinture). L’avantage de la gravure Ă©tant d’obtenir un rĂ©sultat prĂ©cis, tout en Ă©tant un processus automatisĂ© sans utiliser de produit nocif. ![DĂ©coupe et gravure de l’emballage](https://www.diskiopi.com/img/IMG_20191121_170209.jpg) Le rĂ©sultat est certes artisanal, mais tout Ă  fait dans l’esprit que je souhaitais. Le paquet de quatre kilogrammes est Ă©quilibrĂ© et prĂȘt pour l’envoi, sans risque majeur de dĂ©tĂ©rioration du matĂ©riel. Un second carton Ă  double cannelure protĂ©gera l’ensemble pour des livraisons classiques. ![L’emballage v1 du Diskio Pi](https://www.diskiopi.com/img/IMG_20191204_1114062.jpg) ## Le guide de montage Je souhaitais m’inspirer des guides LegoÂź pour Ă©viter de rĂ©diger de longs textes, et aussi pour que ça soit comprĂ©hensible par tout le monde, sans barriĂšre de langue. Cela m’a pris plusieurs jours Ă  rĂ©diger la version 1, avec l’aide du logiciel 3D et de logiciels comme Inkscape. Le guide est tĂ©lĂ©chargeable ici : . Ce guide sera livrĂ© dans chaque boĂźte, imprimĂ© au format A5. Pour les options comme le ventilateur, un feuillet Ă  part sera ajoutĂ©. # Ce qu’il reste Ă  faire L’assembleur Ă©lectronique Ă  Shenzhen (Chine) est fermĂ© jusqu’au 10 fĂ©vrier. L’assemblage de la carte d’essai devrait alors reprendre, en espĂ©rant que le souci de rupture de stock du connecteur soit rĂ©solu. DĂšs rĂ©ception des cartes Ă©chantillons, je testerai toutes les fonctions pour valider la fabrication des cent exemplaires. Il faudra alors quelques semaines de plus pour la fabrication. Il reste aussi environ la moitiĂ© des cadres Ă  imprimer. À l’heure qu’il est, quarante cadres sont imprimĂ©s, il reste donc environ un mois d’impression pour que tout soit terminĂ©. Je passerai ensuite Ă  l’impression de la seconde tranche, si le financement est rĂ©ussi ! D’autres travaux sont aussi Ă  effectuer, comme le perçage des radiateurs et le collage de la sonde, la prĂ©paration des sachets de vis, etc. Les guides d’impressions ne sont pas encore imprimĂ©s, je dois tester les Ă©tapes une Ă  une avant d’envoyer le fichier Ă  l’imprimeur. Pour l’achat des cartes filles seules, je dois prĂ©parer la documentation et publier les fichiers [Gerber](https://fr.wikipedia.org/wiki/Gerber_(format_de_fichier)) des cartes. Pour les envois, je procĂ©derai par ordre d’arrivĂ©e des commandes. Les contributeurs Ulule recevront leur colis chez eux via Colissimo. Dans le courant de l’étĂ©, je m’occuperai du logiciel de gestion de batterie, pour afficher la notification du tĂ©moin de charge sur Debian. Un Ă©tudiant en informatique Ă  Caen est dĂ©jĂ  intĂ©ressĂ© pour me fournir une premiĂšre version. # Et ensuite ? Dans ce genre de projet, il faut constamment innover, c’est tout l’intĂ©rĂȘt pour les utilisateurs. Ce n’est pas facile dans un contexte oĂč la productivitĂ© est trĂšs faible, et oĂč les investissements viennent uniquement des ventes. Mais j’aimerais pouvoir proposer des options comme l’alimentation via Ethernet ([PoE](https://fr.wikipedia.org/wiki/Alimentation_%C3%A9lectrique_par_c%C3%A2ble_Ethernet "Power over Ethernet")), la prise en charge du SATA, la sortie HDMI... Il y en a beaucoup, et j’ai beaucoup de demandes diffĂ©rentes. Pour le SATA, je pense avoir trouvĂ© comment y arriver. Un connecteur USB 3.0 est dĂ©jĂ  en place sur le Raspberry Pi 4, et je dois trouver le temps d’y souder la carte SATA d’un adaptateur trouvĂ© dans le commerce. C’est un premier pas, il faudra ensuite trouver un fournisseur capable d’en produire en nombre, si la demande est rĂ©elle. ![CĂąble USB 3.0 sur Raspberry Pi 4](http://www.diskiopi.com/img/IMG_20200205_174847.jpg) Pour arriver Ă  dĂ©velopper les prototypes plus coĂ»teux, il faudra bien que je me rapproche d’organismes tels que la [BPI](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bpifrance) ou la rĂ©gion, afin d’obtenir des financements. Et, comme c’est plus facile quand on est plusieurs, avis aux _business developers_ sensibilisĂ©s par l’utilisation du matĂ©riel libre, normands de prĂ©fĂ©rence ! ;) Oui, ça ne court pas les rues, mais on ne sait jamais. En attendant, la seconde tranche de prĂ©vente est dĂ©jĂ  en cours, afin de remettre en route l’imprimante inutilisĂ©e. J’aimerais la rĂ©ussir, histoire d’avoir de la continuitĂ© dans la production ! Pour plus de renseignements, Ă©crivez‐moi Ă  l’adresse info[at]diskiopi[point]com ou [www.diskiopi.com](https://www.diskiopi.com) pour accĂ©der aux prĂ©commandes, grĂące Ă  un financement participatif hĂ©bergĂ© sur mon propre site. Merci Ă  toutes les personnes qui m’ont dĂ©jĂ  fait confiance, je commence la seconde production dĂšs le 18 fĂ©vrier, si tout va bien ! Guillaume # Questions‐rĂ©ponses ## Q : Pourquoi proposer un nouveau financement participatif maintenant alors que le premier n’est pas livrĂ© ? **R :** La date de ce financement a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e en novembre 2019, et je pensais que les cartes filles seraient livrĂ©es. Comme j’avais dĂ©jĂ  reportĂ© ce financement d’octobre Ă  janvier, je me suis dit qu’il fallait absolument que je le lance. ## Q : Pourquoi le financement minimum est de 7 300 € alors qu’il Ă©tait de 4 000 € en 2019 ? **R :** En 2019, j’avais la possibilitĂ© de contracter un prĂȘt bancaire personnel, alors qu’aujourd’hui, il ne m’est plus possible d’en demander un autre. J’ai donc besoin de plus de fonds pour pallier les quantitĂ©s minimales demandĂ©es par les fournisseurs. ## Q : L’épidĂ©mie du coronavirus en Chine impacte‐t‐elle la production ? **R :** L’assembleur devait reprendre ses activitĂ©s le 3 fĂ©vrier, mais je n’ai pour le moment pas eu de rĂ©ponse Ă  mon message. Les actualitĂ©s semblent dire que le gouvernement a accordĂ© une semaine supplĂ©mentaire de congĂ©s, je devrais donc avoir des nouvelles Ă  partir du lundi 10 fĂ©vrier.

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