URL: https://linuxfr.org/news/des-histoires-de-caracteres Title: Des histoires de caractĂšres Authors: Ysabeau đŸ§¶ BenoĂźt Sibaud, Maclag et gouttegd Date: 2022ćčŽ08月22æ—„T21:56:33+02:00 License: CC By-SA Tags: Ă©criture, unicode, fontforge et transimpressux Score: 53 Pour ce voyage dans le temps et dans l’espace, le Chemin de fer Transimpressux, vous emmĂšnera dans le monde fabuleux de la fabrication des lettres. Cette fois-ci, on partira de la Venise de la deuxiĂšme moitiĂ© du XV^e siĂšcle. On escaladera les montagnes du Tibet, on fera un tour du cĂŽtĂ© de la PhĂ©nicie, de la GrĂšce et de la Rome antique, on ira Ă  Nancy mais pas pour dĂ©guster des bergamotes, on passera par la [Terre du Milieu](https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_du_Milieu) (mais oui) pour terminer notre parcours du cĂŽtĂ© de la banquise, pas trĂšs loin de la Finlande, non sans avoir dit bonjour Ă  Jost* au passage. Le bar du Transimpressux a Ă©tĂ© rechargĂ© avec, notamment, cinquante variĂ©tĂ©s de thĂ©, de la [biĂšre artisanale](https://linuxfr.org/users/devnewton/journaux/autoheberger-sa-brasserie-avec-qbrew), des [galettes pomme-noisette](https://linuxfr.org/users/denisdordoigne/journaux/galette-pomme-noisette) et du [pain perdu au chorizo](https://linuxfr.org/users/devnewton/journaux/recette-pain-perdu-au-chorizo) (c’est tendance). ![Le Transimpressux](https://img.linuxfr.org/img/68747470733a2f2f6e756d657269636f6163682e6e65742f494d472f706e672f747261696e2d64726f6974652e706e67/train-droite.png) ---- [Design avec FontForge](http://designwithfontforge.com/fr-FR/The_Final_Output_Generating_Font_Files.html) [Unicode, Ă©criture du monde ?](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3.htm) [Le site d'Unicode](https://home.unicode.org) [Unicode version 14.0.0](https://www.unicode.org/versions/Unicode14.0.0/) [Table de caractĂšres Unicode](https://unicode-table.com/fr/) [Ysabeau un chouette caractĂšre](https://linuxfr.org/news/ysabeau-un-chouette-caractere) ---- # PrĂ©ambule Cette dĂ©pĂȘche est une suite de la [prĂ©cĂ©dente](https://linuxfr.org/news/ysabeau-un-chouette-caractere) (forcĂ©ment si c’est une suite) qui vous parlait du chouette caractĂšre d’Ysabeau, mais, surtout, situait l’écriture numĂ©rique (Ă©lectronique, informatique, etc.) dans l’histoire de l’écriture et abordait la question des licences des typographies. ProblĂšme, commencer Ă  rĂ©flĂ©chir et Ă  travailler un peu sĂ©rieusement sur ce sujet revient presque Ă  ouvrir le couvercle d’un tonneau sans fond tellement une recherche en amĂšne une autre. Ceci est donc une partie de mes dĂ©couvertes sur ce sujet passionnant qu’est l’écriture. Et, comme ça n’est qu’une partie (oui encore) de ce travail, il devrait y avoir des suites. Le chapitre sur l’Unicode par exemple n’est qu’une assez rapide prĂ©sentation qui peut laisser sur sa faim. # Comment est-on passĂ© du plomb Ă  l’électron ? Comment fabriquait-on les polices de caractĂšre avant comment les fait-on maintenant, et comment a-t-on incorporĂ© les anciens caractĂšres en plomb Ă  nos bibliothĂšques de fontes Ă©lectroniques. ## Les anciennes fonderies de caractĂšres Fabriquer un caractĂšre en plomb se faisait en trois Ă©tapes, une fois le caractĂšre dessinĂ©. On commençait par graver le fer pour en faire un poinçon qui est ensuite frappĂ© sur du cuivre. Et c’est dans cette matrice de cuivre que l’on coulera ensuite le plomb pour obtenir les caractĂšres d’imprimerie. L’un des gros intĂ©rĂȘts de cette façon de procĂ©der est que le poinçon sert peu, donc s’use peu, et qu’il peut faire plusieurs matrices qui, elles, s’useront plus vite, car il faut une grande quantitĂ© de caractĂšres pour une imprimerie. Il fallait avoir le nombre de caractĂšres suffisant pour au moins un livre puisqu’on composait, logiquement toutes les pages avant impression, ce qui permettait de tirer des Ă©preuves soumises Ă  l’auteur et qui pouvaient ĂȘtre sujettes Ă  correction. Marcel Proust par exemple Ă©tait la hantise des imprimeurs, Ă  chaque Ă©preuve [il rajoutait Ă©normĂ©ment de corrections](https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust#À_la_recherche_du_temps_perdu) sur des bouts de papier, les « paperolles ». ce qui Ă©tait susceptible d’attirer des fautes diffĂ©rentes et posait des problĂšmes pour tout faire tenir sur la page. Et, comme une imprimerie imprime plus d’un livre Ă  la fois, il fallait une collection de lettres d’autant plus importante que l’on Ă©tait susceptible de garder les pages composĂ©es en prĂ©vision d’un retirage Ă©ventuel. Cela reprĂ©sentait un budget extrĂȘmement important et les polices de caractĂšres se transmettaient de pĂšres en fils dans les premiers temps de l’imprimerie. On ajoutera que, comme c’est le cas de l’Unicode actuel, il existait des caractĂšres pour les espaces : cadratin, demi-cadratin, quart de cadratin et fine. Le cadratin faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la lettre M, la plus large des lettres de l’alphabet latin. Pour composer une page, on commençait par faire des lignes de texte dans le composteur qui Ă©taient ensuite glissĂ©es dans un plateau ou galĂ©e pour la mise en page avant de passer sur le marbre pour l’impression. ![La galĂ©e](https://dutailly.net/IMG/png/galee.png) _Un genre de galĂ©e avec le texte composĂ© prĂȘt Ă  ĂȘtre imprimĂ© et le texte imprimĂ© en regard._ Et, Ă©videmment, quand l’occasion (une commande) se prĂ©sentait, il Ă©tait nĂ©cessaire de dessiner et de fabriquer des polices de caractĂšres non latines. Ainsi, Catherine Kikuchi, dans _La Venise des livres_[^1] relĂšve que l’imprimeur vĂ©nitien Andrea Torresani avait probablement travaillĂ© avec un clerc dalmate pour une Ă©dition en caractĂšres glagolitiques[^2] (sans doute, elle n’indique pas la pĂ©riode, Ă  la fin du XV^e ou au dĂ©but du XVI^e siĂšcle). Il s’est posĂ© aussi, assez tĂŽt, la question de ce qu’on pourrait appeler l’interopĂ©rabilitĂ© : celle de la taille. En effet, et en imprimerie, la taille compte Ă©normĂ©ment, pas uniquement celle du caractĂšre imprimĂ© lui-mĂȘme mais aussi celle du caractĂšre mobile qui sert Ă  l’impression : trop haut il troue le papier, pas assez, il n’imprime pas et laisse un blanc sur la page. Ainsi en France, la taille des caractĂšres a Ă©tĂ© dĂ©finie dans une ordonnance de 1723 :> le 28 fĂ©vrier 1723, Ă  la demande de la Chambre syndicale de la librairie, le RĂ©gent signe une ordonnance rĂ©glementant les dimensions physiques des caractĂšres d’imprimerie et notamment la « hauteur en papier » :>_Veut Sa MajestĂ© que six mois aprĂšs la publication du prĂ©sent rĂšglement, tous les CaractĂšres, Vignettes, RĂ©glets et autres ornements de fonte servant Ă  l’imprimerie, depuis le Gros-Canon jusqu’à la Nompareille, soient fondus d’une mĂȘme hauteur en papier fixĂ©e Ă  dix lignes gĂ©omĂ©triques [...]_[^3] ## Le passage Ă  l’électron Quand les imprimeries ont commencĂ© Ă  s’informatiser, il a bien fallu rĂ©cupĂ©rer l’existant. Les caractĂšres imprimĂ©s sont donc numĂ©risĂ©s pour former la fonte numĂ©rique. On obtient ainsi plusieurs versions d’une mĂȘme lettre. Ensuite on choisit celles qui rendent le mieux et, de fait, nĂ©cessitent moins de re-travail. Puis, intervient l’étape, Ă  l’aide de logiciels tels que FontForge oĂč les caractĂšres sont corrigĂ©s et nettoyĂ©s et la fonte gĂ©nĂ©rĂ©e aprĂšs des tests. Dans l’image du texte sur la galĂ©e, la police est une version « brute de fonderie » ou plutĂŽt de numĂ©risation du caractĂšre romain de [Jenson](https://linuxfr.org/news/ysabeau-un-chouette-caractere#toc-limprimerie-seconde-%C3%A9volution-majeure) : [1470 Jenson](https://www.dafont.com/fr/1470jenson.font). Dans ce genre de texte il est intĂ©ressant, sinon, l’intĂ©rĂȘt est relatif et ce d’autant plus qu’il reste Ă  ajouter des glyphes manquants pour une Ă©criture contemporaine. ## La crĂ©ation d’une police de caractĂšres Une police de caractĂšres doit rĂ©pondre Ă  trois conditions : - avoir le nombre de glyphes nĂ©cessaire, - ĂȘtre lisible (ou rĂ©pondre Ă  un critĂšre de lisibilitĂ© spĂ©cifique), - ĂȘtre **interopĂ©rable**. On peut utiliser un outil comme Inkscape pour le dessin des caractĂšres si on veut, mais il est indispensable de travailler avec un logiciel plus spĂ©cifique comme FontForge pour crĂ©er une typographie complĂšte. En effet, un caractĂšre c’est un dessin, mais aussi des fonctionnalitĂ©s OpenType notamment et ça, Inkscape ne sait pas le faire. En pratique, l’idĂ©e est de commencer par dessiner une ou deux lettres qui serviront de base aux autres. Le [manuel de FontForge](http://designwithfontforge.com/fr-FR/Creating_o_and_n.html) recommande, pour l’alphabet latin, de commencer par les lettres « o » et « n » qui contiennent la substance de toutes les autres lettres. Une fois cela fait, il est possible d’en prendre des morceaux pour le dessin des autres lettres. Le logiciel peut aider Ă  rendre le processus plus rapide, de mĂȘme qu’il va « aller chercher » les diacritiques pour les poser sur les caractĂšres, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a aucun re-travail Ă  faire pour rendre le rĂ©sultat visuellement meilleur. Concevoir une police de caractĂšres complĂšte reste un travail de longue haleine. La deuxiĂšme Ă©tape consiste Ă  vĂ©rifier qu’il n’y a pas de problĂšmes en passant par la fonctionnalitĂ© `Recherche de problĂšmes` de FontForge qui va indiquer ce qui cloche au niveau du dessin : hauteurs, problĂšmes de coordonnĂ©es (des points), position des points de contrĂŽles, etc. et Ă  la valider. Il faut la tester et la faire tester par d’autres. La crĂ©ation d’une police de caractĂšres par une personne chevronnĂ©e prend plus d’une annĂ©e (quelque chose comme quatorze Ă  seize mois). Enfin, la troisiĂšme Ă©tape, celle qui vous permettra de lancer votre police dans le monde, la gĂ©nĂ©ration de fichiers de polices installables. # Un code unique pour les gouverner tous>_Everyone in the world should be able to use their own language on phones and computers._ « Tout le monde devrait pouvoir utiliser sa propre langue sur les tĂ©lĂ©phones et les ordinateurs ». Telle est la devise de l’Unicode. ## CrĂ©ation du consortium Unicode En 1991, un groupe d’entreprises amĂ©ricaines, dont Adobe, IBM et Microsoft, fondent le Consortium Unicode avec l’objectif de faire un peu le mĂ©nage dans les codifications des polices de caractĂšres. À cette Ă©poque, l’informatique sort de ce que j’appellerais sa phase d’adolescence. Le systĂšme d’exploitation, hormis pour Apple, n’est plus liĂ© au matĂ©riel et, les ordinateurs commençant Ă  se rĂ©pandre partout, il Ă©tait nĂ©cessaire d’amĂ©liorer la communication entre eux. En effet, Ă  cette Ă©poque, il y avait foultitude de codages des caractĂšres **et** foultitude de façon de les coder ce qui posait des problĂšmes inĂ©vitablement. Par exemple, le standard de caractĂšres d’Apple (_Standard Roman Character Set_) ne suivait pas exactement la norme ISO Latin-1[^4]. L’objectif du consortium a donc Ă©tĂ© de prĂ©senter un standard de codage de caractĂšres, l’Unicode, susceptible de coder tous les caractĂšres de toutes les langues et de tous les systĂšmes d’écriture ce qui Ă©vite d’avoir Ă  composer avec quarante-douze mille normes diffĂ©rentes et facilite les Ă©changes et le travail en plusieurs langues. Évidemment, il fallait que cela soit interopĂ©rable et indĂ©pendant des systĂšmes d’exploitation. Unicode sort sa premiĂšre version en 1991. À l’époque, il avait « [65536 code points disponibles et utilisait 16 bits par caractĂšre (UCS). »](https://jolicode.com/blog/l-histoire-d-unicode-et-son-adoption-sur-le-web). En 1996, changement du fusil d’épaule, le codage UCS s’avĂ©rant trĂšs nettement insuffisant, Unicode sort sa version 2.0 et passe Ă  l’UTF (Universal character set Transformation Format). La derniĂšre version est parue en septembre 2021 et porte le numĂ©ro 14.0, un rythme d’un peu moins d’une version tous les deux ans. ## Les principes d’Unicode : Unicode repose sur plusieurs principes notamment : - l’Unicode dĂ©finit des caractĂšres [« qui forment les plus petites unitĂ©s distinctives et significatives d’une langue Ă©crite »](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3-page-51.htm)[^5], abstraits, et non des glyphes qui en sont la reprĂ©sentation visuelle, on peut avoir des caractĂšres sans glyphes (commandes) ou des glyphes composĂ©s de plus d’un caractĂšre, exemples « Ɠ, ĂŠ, Ă , Ăč » pour la langue française, - la convertibilitĂ© entre son rĂ©pertoire et les autres normes de codages de caractĂšres, - l’universalitĂ©. ## Des blocs, des scripts et des caractĂšres invisibles Les caractĂšres sont rĂ©partis non pas par blocs de langue comme cela peut ĂȘtre Ă©crit improprement ici ou lĂ , ce qui n’aurait pas de sens mais par blocs de systĂšmes d’écriture, ce qui est trĂšs diffĂ©rent. En effet, si on se penche sur le bloc Latin Ă©tendu A par exemple, on voit bien que la plupart des caractĂšres, si pas tous, ne sont pas utilisĂ©s dans la langue latine. Les caractĂšres peuvent aussi ne pas avoir de glyphes associĂ©s, outre les espaces, il s’agit des caractĂšres de commande qui permettent d’influencer l’ordre d’affichage de façon Ă  avoir un rendu lisible du texte. Si vous n’utilisez que des langues qui utilisent l’alphabet latin et des logiciels tels que la Table des caractĂšres de Gnome (Gucharmap) ou LibreOffice, vous n’aurez donc besoin que des blocs : Latin (commande, latin Ă©tendu, etc.), Ponctuation gĂ©nĂ©rale (apostrophe, ’ U+2019, puce, ‱ U+2022), Symboles de type lettre (°C U+2013), Formes numĂ©rales (fraction, chiffres romain), FlĂšches, OpĂ©rateurs mathĂ©matiques, Signes techniques divers, AlphanumĂ©riques cerclĂ©s (1 U+2460 et suivants, A U+24b6 et suivants) ainsi Ă©ventuellement que les divers symboles mathĂ©matiques, le bloc Casseau pour la dĂ©coration (❶ U+2776 et suivants). Cela, sous rĂ©serve que la police que vous utilisez les possĂšde. Les scripts sont des collections de caractĂšres utilisĂ©s pour reprĂ©senter une information textuelle dans un ou plus de systĂšmes d’écriture. Certains ne fonctionnent que pour une langue, d’autres, comme le « Latin », fonctionnent pour plusieurs langues. Ainsi, on retrouvera les ligatures fi, U+fb01, ffi, U+fb03 dans le script « Latin » et dans le bloc « Formes de reprĂ©sentation alphabĂ©tique ». **Note** : le site de [table des caractĂšres d’Unicode](https://unicode-table.com/fr/) propose aussi une autre façon de chercher un caractĂšre qui peut ĂȘtre plus efficace, une recherche [WikipĂ©dia](https://fr.wikipedia.org/wiki/CatĂ©gorie:CaractĂšre_Unicode), dans certains cas, sera la solution pour trouver rapidement le signe cherchĂ©. ## Unicode acclamĂ©, Unicode utilisĂ©, utilisateurs et utilisatrices libĂ©rĂ©s ? Ce n’est pas si simple ou Ă©vident. Unicode a rencontrĂ©, et rencontre encore, des critiques. Un article du numĂ©ro spĂ©cial de la revue Document numĂ©rique[^6] consacrĂ© Ă  l’Unicode, [Yannis Haralambous (lien en anglais)](https://www.tug.org/interviews/haralambous.html), spĂ©cialiste des polices non latines qui a participĂ© au dĂ©veloppement d’une [extension pour Tex (lien en anglais)](https://en.wikipedia.org/wiki/Omega_(TeX)), reprochait Ă  Unicode de maltraiter la typographie notamment en raison de descriptions des caractĂšres trĂšs amĂ©ricano-centrĂ©es (ce qui n’est pas faux). TrĂšs clairement, il a manquĂ© aux dĂ©buts de l’Unicode de diversitĂ© de populations, origines, cultures et langues. NĂ©anmoins, Unicode a rĂ©ussi Ă  s’implanter, mais pas partout. Par exemple, en informatique, l’Unicode ne semble pas trop avoir la cote au niveau de POSIX ce qui pose de rĂ©els problĂšmes aux personnes qui n’ont pas commencĂ© Ă  apprendre Ă  lire avec l’alphabet latin. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on a un peu l’impression qu’une certaine partie de la sphĂšre informatique rechigne Ă  utiliser l’Unicode au motif que : 1. ça les ennuie de faire avec autre chose que l’ASCII, 2. la plupart des gens s’en fichent, ce qui, Ă  l’évidence, est parfaitement faux. Une solution pourrait ĂȘtre d’accepter l’Unicode dans les noms de fichiers notamment et d’utiliser des polices qui, par exemple pour le Mandarin, [affichent le Hanzi et le pinyin par-dessus](https://github.com/parlr/Hanzi-Pinyin-Font) ou des outils qui « transcrivent » les pinyins Ă  la volĂ©e pour les scripts, etc. Des solutions qui pourraient Ă©viter que chacun dĂ©veloppe son outil dans son coin, outil compatible avec rien, naturellement. De son cĂŽtĂ©, pour Unicode, il reste encore du travail Ă  faire Ă  la fois dans le codage de caractĂšres et dans le dĂ©veloppement des claviers et des autres outils de saisie ainsi que des polices de caractĂšre, des donnĂ©es linguistiques comme les formats de date et des traductions de ces derniĂšres. « [Cela doit ĂȘtre fait pour des centaines de langues et ce travail est loin d’ĂȘtre achevĂ©](https://home.unicode.org/basic-info/faq/). » Alors ? Unicode acclamĂ©, peut-ĂȘtre pas, mais rĂ©clamĂ© sĂ»rement. Unicode utilisĂ©, oui mais pas encore partout et surtout pas forcĂ©ment bien partout (par exemple dans les liens WikipĂ©dia ou LinuxFr.org). Utilisateurs et utilisatrices libĂ©rĂ©s ? Sans aucun doute, cela Ă©vite tellement de problĂšmes. # Des enjeux de caractĂšres S’intĂ©resser aux typographies c’est aussi dĂ©couvrir des enjeux et des usages diffĂ©rents des caractĂšres. Cette petite liste n’est qu’un exemple de ce qui peut exister. On verra que la crĂ©ation de fontes peut rĂ©pondre Ă  des prĂ©occupations trĂšs diffĂ©rentes. ## Polices pour les inscriptions monĂ©taires Le projet [Police pour les Inscriptions MonĂ©taires](https://actions-recherche.bnf.fr/BnF/anirw3.nsf/IX01/A2012003760_polices-de-caracteres-pour-les-inscriptions-monetaires) (PIM) a Ă©tĂ© lancĂ© en 2013 par la BibliothĂšque nationale de France (BnF) son objectif est de crĂ©er :> une police de caractĂšres pour transcrire, publier et analyser de façon satisfaisante et uniformisĂ©e les inscriptions monĂ©taires. Un projet nĂ©cessitĂ© aussi par la numĂ©risation et la mise en ligne des collections de la Bnf. Sans fontes spĂ©cifiques, le texte des inscriptions des monnaies est transmis sous forme d’image. En donner une transcription « version originale » en texte facilitera la recherche en sciences humaines. Le projet a dĂ©butĂ© par le dĂ©veloppement d’une police, Meroweg, pour la transcription des inscriptions mĂ©rovingiennes, projet confiĂ© Ă  l’[’Atelier National de Recherche Typographique](https://anrt-nancy.fr/fr/projets/pim-police-pour-les-inscriptions-monetaires/). Le projet a Ă©tĂ© ensuite Ă©tendu Ă  partir de 2019 aux collections de monnaies anciennes Ă©crites en phĂ©nicien, chypriote, grec archaĂŻque, Ă©trusque, ombrien, osque, palĂ©ohispanique, lycien, palĂ©o-hĂ©breu, kharoshthi et nabatĂ©en. Sur le choix de l’encodage, les inscriptions prĂ©sentant des variantes, les polices utilisent les fonctionnalitĂ©s cv01-cv99 qui permettent jusqu’à 99 variantes par glyphe. Les polices seront offertes en tĂ©lĂ©chargement sous licence SIL OFL. L’article [Polices pour les inscriptions monĂ©taires : Transcription typographique des monnaies antiques](https://antiquitebnf.hypotheses.org/13908) de Morgane Pierson retrace l’histoire et les dĂ©fis posĂ©s par la crĂ©ation de ce type de police avec, notamment, le choix des sources servant de rĂ©fĂ©rences au dessin des glyphes. ## Polices mĂ©diĂ©vales L’Atelier National de Recherche Typographique (ANRT) de Nancy a rĂ©alisĂ© des [collections de polices](http://gotico-antiqua.anrt-nancy.fr/) inspirĂ©es de celles du XV^e siĂšcle, entre 1452 et 1482. Donc des dĂ©buts de l’imprimerie et juste avant l’arrivĂ©e et l’essor des polices de type « romain » (appelĂ©es aussi Normal ou Regular). Ces polices sont sous licence SIL OFL et [tĂ©lĂ©chargeables sur le site de l’ANRT](https://anrt-nancy.fr/anrt-22/fr/fonts). Il y en a plusieurs, dont « Soufflet vert » qui est celle du texte du rotulus et du volumen qui illustre la dĂ©pĂȘche [Ysabeau, un chouette caractĂšre](https://linuxfr.org/redirect/110949). Elles ne sont pas « complĂštes » en ce sens qu’elles n’ont pas tous les glyphes dont on pourrait avoir besoin pour du texte en français contemporain. Mais elles peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour du texte ornemental et, bien sĂ»r, pour des transcriptions de textes mĂ©diĂ©vaux. ## Tolkien Avec le [projet de polices](https://glaemscrafu.jrrvf.com/french/about-transcriptions.html) inspirĂ©es du monde de [Tolkien](https://fr.wikipedia.org/wiki/J._R._R._Tolkien), l’auteur de la mythique saga du _Seigneur des anneaux_ et d’un monde oĂč l’écriture tient une bonne place, on se retrouve face Ă  une autre problĂ©matique et d’autres objectifs. DerriĂšre l’écriture, il y avait l’idĂ©e de rendre les langues du _Seigneur des anneaux_ et pas uniquement une police avec laquelle on pourrait Ă©crire du texte dans notre langue Ă  nous pour le rendre en quelque sorte « elfique ». Le projet [GlÇœmscribe](https://glaemscrafu.jrrvf.com/french/about-transcriptions.html) a donc abouti Ă  la fois Ă  des [typographies](https://github.com/BenTalagan/glaemscribe/tree/master/fonts) et un [transcripteur en ligne](https://glaemscrafu.jrrvf.com/french/glaemscribe.html). ![Bifur](https://dutailly.net/IMG/png/bifur.png) _Bifur et la police Bifur de Cassandre_ Juste pour l’anecdote, dans le livre _Bilbo le Hobbit_ (1937) qui prĂ©cĂšde (et prĂ©pare) les trois volumes du _Seigneur des anneaux_, le hĂ©ros, [Bilbo](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilbon_Sacquet), est accompagnĂ© d’une compagnie de nains, dont le trio [Bifur](https://fr.wikipedia.org/wiki/Thorin_et_Cie#Bifur), Bofur et Bombur. En 1929, le graphiste et typographe [Cassandre](https://fr.wikipedia.org/wiki/Cassandre_(graphiste)) avait dessinĂ© un caractĂšre de titraille trĂšs Art Nouveau pour la fonderie Deberny Peignot, le [Bifur](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bifur_(police_d%27%C3%A9criture)) qui n’a rien Ă  voir avec une quelconque police tolkienienne. On peut tĂ©lĂ©charger d’autres polices d’inspiration tolkieniennes sur le site [Tolkiendil](https://www.tolkiendil.com/telechargements/polices). ## Tibet La transcription des Ă©critures tibĂ©taines en caractĂšres d’imprimerie est une longue histoire qui a commencĂ© au XVIII^e siĂšcle. L’écriture tibĂ©taine est un [alphabet syllabique](https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphasyllabaire) qui s’est normalisĂ© au VII^e siĂšcle. Il se lit de gauche Ă  droite et les syllabes peuvent ĂȘtre composĂ©es de consonnes empilĂ©es. Les mots ont une, deux, voire, rarement, quatre syllabes sĂ©parĂ©es par le signe « tsheg », un genre de point. Une premiĂšre version de caractĂšres d’imprimerie en tibĂ©tain a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en 1738 par le graveur Antonio Fantautius. Ils ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour la premiĂšre fois dans l’[_Alphabetum Tibetanum_ (lien en anglais)](https://tricycle.org/magazine/alphabetum-tibetanum-beginnings-tibetology-western-world/), un genre d’encyclopĂ©die en latin sur la culture, la religion et la langue tibĂ©taines. Les caractĂšres tibĂ©tains sont une interprĂ©tation _« naĂŻve, simplifiĂ©e et peu respectueuse des proportions. Certains caractĂšres sont trĂšs grands et massifs. Dans un groupe de consonnes, le caractĂšre infĂ©rieur est beaucoup plus petit qu’il ne devrait l’ĂȘtre quand il est combinĂ© avec un signe voyelle, qui est lui-mĂȘme surdimensionnĂ©. »[^7]_. Ils devaient ĂȘtre utilisĂ©s durant les soixante-quinze annĂ©es suivantes. D’autres fonderies rĂ©aliseront des polices d’écriture tibĂ©taine par la suite : au XIX^e siĂšcle en Italie, en Russie puis en France. Vers 1881, le fondeur allemand [Ferdinand Theinhardt](https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Theinhardt) rĂ©alise une fonte de caractĂšres tibĂ©tains qui sera achetĂ©e par l’Oxford University Press (OUP). Las, les caractĂšres ne sont pas compatibles avec les presses de l’OUP (pas assez longs), ils seront refondus pour pouvoir ĂȘtre utilisĂ©s. Et aujourd’hui ? Dans [L’évolution des caractĂšres d’imprimerie du tibĂ©tain : anatomie et dĂ©veloppement historique des polices d’écriture tibĂ©taines](http://www.inalco.fr/itineraires/11/evolution-caracteres-imprimerie-tibetain-anatomie-developpement-historique-polices), le crĂ©ateur de caractĂšres [Jo De Baerdemaeker](https://www.typotheque.com/authors/jo_de_baerdemaeker) se propose « _d’étudier la fonctionnalitĂ© des polices de caractĂšres tibĂ©taines contemporaines et de proposer une mĂ©thodologie propre pour l’usage des caractĂ©ristiques des polices OpenType, afin de surmonter les dĂ©fis posĂ©s par la composition en tibĂ©tain_ ». ## Fonte des glaces Un quotidien finlandais qui utilise une police de caractĂšres qui suit le rĂ©chauffement climatique, ça n’existe pas ! Ben si, le plus grand quotidien finlandais, [Helsingin Sanomat (site en finnois)](https://www.hs.fi/) et l’agence TBWA\Helsinski ont commandĂ© aux crĂ©ateurs de caractĂšres, le Finlandais Einon Korkala et le Sud-Africain Daniel Coull, une fonte, [Future (lien en anglais)](https://www.thestable.com.au/tbwahelsinki-helsingin-sanomat-creates-a-font-that-varies-in-accordance-with-climate-change/) qui montre visuellement l’impact du rĂ©chauffement climatique, de 1979 Ă  2050. La fonte (le nom est vraiment appropriĂ©) Future, utilise des fonctionnalitĂ©s Open Type pour montrer la disparition de la banquise arctique du fait du rĂ©chauffement climatique. Plus on va vers 2050, plus les caractĂšres fondent, et moins ils sont lisibles, forcĂ©ment. Elle est sous licence SIL OFL et [tĂ©lĂ©chargeable](https://kampanjat.hs.fi/climatefont/index.html), malheureusement sur le site de partage de fichiers de Google qui nĂ©cessite un compte. Mais on peut tout de mĂȘme voir le rendu, il faut faire dĂ©filer la page et on arrive sur un module de dĂ©monstration en ligne avec lequel on peut jouer. ![La fonte Future](https://dutailly.net/IMG/png/fonte_des_glaces.png) _DĂ©monstration de la fonte Future de 1979 Ă  2050, c’est glaçant !_ # Jost* le futur de Futura ? En 1927, [Paul Renner](https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Renner) lançait sa police [Futura](https://www.centrepompidou.fr/fr/magazine/article/la-typo-futura-a-lassaut-du-monde). Une Ă©lĂ©gante police bĂąton qui sera choisie par la Nasa pour la plaque laissĂ©e par les astronautes sur la Lune en 1969. Quatre-vingt-dix ans aprĂšs, [indestructibletype*](https://indestructibletype.com/Jost.html) lance Jost* inspirĂ©e de la Futura et nommĂ©e ainsi en mĂ©moire d’[Heinrich Jost](https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Jost) qui, selon son crĂ©ateur, [Owen Earl](https://ewonrael.github.io/), a jouĂ© un rĂŽle dĂ©terminant dans la rĂ©alisation des idĂ©es de Paul Renner. La police [Jost*](https://indestructibletype.com/Jost.html) contient neuf fontes de graisses diffĂ©rentes et peut ĂȘtre utilisĂ©e avec cinquante langues diffĂ©rentes incluant le russe. ![Jost* et Futura](https://numericoach.net/IMG/png/futura-jost.png) La chasse de Jost* est plus Ă©troite que celle de Futura, son « a » est trĂšs diffĂ©rent aussi par exemple. Elle rend **formidablement** bien sur Ă©cran, mĂȘme en petit. Je l’ai adoptĂ© comme police pour Xfce. # Vous prendrez bien un petit tutoriel sur Inkscape ? Puisqu’il s’agit de jouer avec les caractĂšres. Jouons avec Inkscape. On commence donc par les transformer en chemin, Ă©tant donnĂ© que l’idĂ©e n’est pas vraiment de changer la taille ou de modifier les proportions. ## Transformer des lettres On sĂ©lectionne le texte et on va sur le menu `Chemin` et donc logiquement sur `Objet en chemin`. Ça transforme **tout** le texte en autant d’objets diffĂ©rents qu’il y a de lettres. ![Objet en chemin](https://dutailly.net/IMG/png/objet_en_chemin-2.png) Une fois ceci fait 1, on peut supprimer des points, conseillĂ© quand il y en a beaucoup 2 et les modifier 3 jusqu’à ce qu’on soit content du travail ou qu’on en ait assez, au choix. ![Trois V](https://dutailly.net/IMG/png/trois_v.png) On peut voir ci-dessus la V de la police 1470jenson que j’ai beaucoup revu pour le lisser, et ensuite l’ornementer pour faire la premiĂšre illustration de cette dĂ©pĂȘche. ## IntĂ©grer des lettres Ă  un dessin De la mĂȘme façon, on les transforme en chemin, si ce n’est dĂ©jĂ  fait, si c’est un logo, ça doit ĂȘtre le cas. Ici, pour ce fond d’écran en prĂ©vision de la future Mageia 9 qui va bientĂŽt sortir de son chaudron, l’idĂ©e a consistĂ© Ă  donner un fond blanc au « m » et au « a » et, avec les courbes de BĂ©zier, Ă  dessiner une petite forme bleu sur le bout du « a » qui dĂ©passe et une courbe spiromĂ©trique blanche (contour) sur la partie du « g » qui est sur le fond bleu. ![A et g](https://dutailly.net/IMG/png/modif_a_et_g.png) Et voilĂ  le travail. ![Inspiration cubiste](https://dutailly.net/IMG/png/inkscape_fond_ecran_mageia.png) _Inspiration cubiste et bleus Mageia_ C’est l’idĂ©e gĂ©nĂ©rale : en jouant avec les plans, premier, arriĂšre, intermĂ©diaire, et ajoutant au besoin des petites touches (formes, courbes) on peut ainsi intĂ©grer un texte Ă  un dessin et, par exemple, faire de superbes logos pour l’application qu’on dĂ©veloppe (ou n’importe quoi d’autre en fait). # Dans la fabrique de la dĂ©pĂȘche On se doute que, pour rĂ©diger cette dĂ©pĂȘche, je ne me suis pas contentĂ©e de fouiller le trĂ©fonds de ma mĂ©moire pour l’alimenter. Parmi mes lectures (bonus : si vous vous posiez la question de mes lectures estivales, vous avez la rĂ©ponse) : - [Design avec FontForge](http://designwithfontforge.com/fr-FR/The_Final_Output_Generating_Font_Files.html), que l’on peut lire en ligne ou rĂ©cupĂ©rer aux formats pdf, epub et mobi est, avec le Floss manuel [fontes libres](https://linuxfr.org/redirect/110878), un livre essentiel si on s’intĂ©resse Ă  la question ; il est bien Ă©crit et ne se limite pas aux caractĂšres latins, - [Unicode, Ă©criture du monde ?](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3.htm), revue Document numĂ©rique 2002/3-4 (Vol. 6), Lavoisier, ce numĂ©ro est entiĂšrement consacrĂ© Ă  l’arrivĂ©e de l’Unicode, il est extrĂȘmement intĂ©ressant et les articles, Ă©crits par des spĂ©cialistes, couvrent Ă  peu prĂšs l’ensemble des questions concernant la norme et pas si dĂ©passĂ©s, - [OpenType Cook Book (en anglais)](http://opentypecookbook.com), est un site trĂšs accessible sur OpenType, il est prĂ©fĂ©rable d’avoir des connaissances de base en matiĂšres de typographie (construction d’une lettre, vocabulaire spĂ©cifique) pour en tirer un meilleur parti. Il me semble un complĂ©ment Ă  _Design avec Fontforge_ et au manuel _Fontes libres_, - le wikibook [À la dĂ©couverte de l’Unicode](https://fr.wikibooks.org/wiki/%C3%80_la_d%C3%A9couverte_d%27Unicode), il n’est pas vraiment fini et Ă  quelques faiblesses qu’une relecture pourrait corriger, mais c’est une bonne source. Outre ces rĂ©fĂ©rences : - en anglais [An Introduction to OpenType Substitution Features](https://ilovetypography.com/OpenType/opentype-features.html), - [Les formats de polices typographiques pour le Web](http://www.typographisme.net/post/Les-formats-de-polices-typographiques-pour-le-Web), - [La typographie](https://www.bm-lyon.fr/expositions-en-ligne/impressions-premieres/exposition/du-modele-manuscrit-au-modele-imprime/article/la-typographie), - [OpenType, Unicode et Internationalisation](http://linard.name/presentation.html), de Thomas Linard, - [CaractĂšres suisses](https://www.letemps.ch/lifestyle/caracteres-suisses), sur la typographie suisse, - [De l’Aleph Ă  l’@](http://aleph2at.fr/index.php#), un site consacrĂ© Ă  l’histoire de l’écriture. Je vous fais grĂące du reste cette fois-ci. Et Ă©videmment, j’ai rĂ©digĂ© aussi un [tutoriel](https://dutailly.net/jouer-avec-les-caracteres-dans-inkscape), surtout pour avoir les images en ligne, et hum, mettre en tĂ©lĂ©chargement mes fonds d’écran pour Mageia 9. Si c’est plutĂŽt le dessin du gnome qui vous intĂ©resse, c’est sur [OpenClipart](https://openclipart.org/), mais vous pouvez aussi le [tricoter](https://aiguilles-magiques.com/Le-gnome-de-l-ordinateur), c’est un modĂšle que j’ai conçu en 2019. Oh et merci [Maclag](https://linuxfr.org/users/maclag) pour le passage sur l’utilisation de l’Unicode dans les noms de fichiers en me permettant de lui voler l’idĂ©e et d’avoir eu la gentillesse d’amĂ©liorer ma rĂ©daction du paragraphe. # Postambule Ce voyage dans le temps et dans l’espace a ouvert (et je le crains, va continuer Ă  ouvrir) de multiples horizons. Si vous le voulez bien (si non, non, parce que ça prend du temps, beaucoup), le Chemin de fer Transimpressux organisera d’autres excursions qui porteront sur le code : l’écriture comme code et la codification de l’écriture, pas le code informatique per se, raison pour laquelle je ne suis pas rentrĂ©e trop dans les dĂ©tails concernant l’Unicode. Mais aussi, la conservation du texte oĂč il sera question aussi de formats (ouverts ou pas), et peut-ĂȘtre un volet sur ce qu’est l’écriture numĂ©rique en suivant grosso modo le schĂ©ma adoptĂ© pour ces deux dĂ©pĂȘches. Il faudrait aussi que je consacre des chapitres ou une dĂ©pĂȘche aux fonctionnalitĂ©s OpenType et Ă  celles des polices graphite. Qu’en pensez-vous ? À bientĂŽt sur les lignes du Transimpressux ? [^1]: page 78, [La Venise de livres, 1469-1530](http://www.champ-vallon.com/catherine-kikuchi-la-venise-des-livres), Catherine Kikuchi, Champvallon 2018, ISBN 979-10-267-0702-8. [^2]: L’[alphabet glagolitique](https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_glagolitique) est le plus ancien alphabet slave connu. [^3]: [CaractĂšres, codage et normalization : de Chappe Ă  Unicode](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3-page-13.htm), Jacques AndrĂ©, revue Document numĂ©rique, 2002/3 Vol. 6, pages 13 Ă  49, ISSN 1279-5127. Le texte en italique, relĂšve l’auteur est « citĂ© par A. Frey, Nouveau manuel complet de typographie, Manuels Roret, Paris 1857 ; Ă©dition fac-similĂ©, LĂ©once Laget, 1979 ». [^4]: CaractĂšres, codage et normalization, page 13. [^5]: [Introduction Ă  Unicode et Ă  l’ISO 10646](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3-page-51.htm), Patrick Andries, revue Document numĂ©rique, 2002/3 Vol. 6, pages 51 Ă  88. [^6]: [Unicode et typographie : un amour impossible](https://www.cairn.info/revue-document-numerique-2002-3-page-105.htm), Yannis Haralambous, revue Document numĂ©rique, 2002/3 Vol. 6, pages 105 Ă  137. [^7]: [L’évolution des caractĂšres d’imprimerie du tibĂ©tain : anatomie et dĂ©veloppement historique des polices d’écriture tibĂ©taines](http://www.inalco.fr/itineraires/11/evolution-caracteres-imprimerie-tibetain-anatomie-developpement-historique-polices).

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